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Fiche film : Factory

Factory traite de la division de notre société entre les puissants qui représentent une minorité et la majorité de faibles. Selon le réalisateur, l’organisation actuelle de la société repose sur un schéma quasi féodal de relation « seigneur-serf ». Les conséquences d’un tel fonctionnement pourrait mener à la révolte, voire la révolution.

Factory a été financé sans subventions publiques car le gouvernement russe ne soutient plus les films qui le critiquent. S’il se déclare pro-russe, le réalisateur Yuri Bykov ne soutient pas le gouvernement en place, mais le peuple, l’État et l’opposition n’ont que faire de lui.

Factory (Zavod – 2018)

Réalisateur(s) : Yuri Bykov
Acteurs : Denis Shvedov, Vladislav Abashin, Andrey Smolyakov
Durée : 1h49
Distributeur : Kinovista / Bac Films
Sortie en salles : 24 juillet 2019

Résumé : Réagissant à la vente frauduleuse de leur usine, plusieurs ouvriers décident d’enlever l’oligarque propriétaire des lieux. Ils sont menés par « Le Gris », un ancien des forces armées. L’enlèvement tourne à la prise d’otage, et, rapidement, la garde personnelle du patron encercle les lieux.

Articles / Liens :

  • Avis express : On avait eu la chance de découvrir le premier long à sortir au cinéma en France du Russe Yuri Bykov lors du festival de Cannes 2013 section Semaine de la Critique. Il faut préciser ou rappeler ici que voir un film à Cannes se jauge d’abord à sa propension à outrepasser la fatigue générale qui accable immanquablement le festivalier assidu ou non. Et le moins que l’on puisse dire c’est que The Major avait pleinement rempli cette tâche avec depuis le souvenir d’un film sans concession sur une Russie du 21ème siècle pourrie jusqu’à l’os.
    À tel point d’ailleurs que dès les premiers plans de Factory on a retrouvé d’emblée cette sensation un peu minérale et pesante qui nous avait étreint à l’époque : une route de campagne au petit matin totalement défoncée menant à l’une des rares usines du coin encore en activité. La silhouette d’un homme seul marchand d’un pas lourd et mécanique sur le bas-côté s’y rend pour aller bosser. Le ciel est bas et gris. C’est l’hiver et franchement on a tout sauf envie de faire du tourisme dans la région. Et comme pour The Major, cette routine apparente va très vite laisser place à quelque chose de moins délétère sinon plus radicale. Soit une énième variation à la Die Hard mais où la prise d’otage ne concerne que le boss d’une « factory » qu’il avait rachetée pour une bouchée de pain au moment de l’effondrement du communisme pour la fermer aujourd’hui avec la centaine d’ouvriers qui vont se retrouver sur le carreau sans autres perspectives que de le rester.
    L’homme décrit plus haut est celui qui va prendre la tête du petit groupe bien déterminé à faire cracher le pognon à cet oligarque forcément corrompu qui s’est enrichi sur leur dos. De flic cherchant désespérément la rédemption dans The Major, l’acteur Denis Shvedov joue ici un ancien militaire patibulaire mais presque dont les motivations au début limpides vont très vite se diluer au sein d’un film qui va prendre un malin plaisir à brouiller les pistes. Le cinéaste / scénariste dressant dès lors le portrait en creux d’un bestiaire en phase avec une réalité au goût saumâtre et sans avenir. Il appuie sa démonstration par une mise en scène au cordeau dont le climax est sans conteste cette fusillade puis chasse à l’homme orchestrée au sein de l’usine par la milice privée de l’oligarque afin de supprimer les empêcheurs de continuer à s’enrichir en rond.
    Si la fin est un peu attendue et peu en phase avec une caractérisation et un développement jusque-là très fouillés, Factory n’en demeure pas moins un joli morceau de bravoure qui démontre une nouvelle fois qu’il est tout à fait possible d’aborder des sujets ancrés dans une réalité sociale et politique des plus déprimantes en les traitant comme ici à la façon d’un thriller militant ultra noir. Si seulement notre cinéma hexagonal pouvait s’en inspirer. SG 3,5/5
  • Box office : Les deux précédents films distribués en France de Yuri Bykov n’ont jamais dépassé la barre des 10 000 entrées. Là, on se dit que Bac Films en espère un peu plus d’autant que Factory est distribué sur une cinquantaine de copies dont 9 sur Paris, soit une exposition multipliée par 5 si l’on se réfère au nombre de copies dont avait bénéficié The Major et L’Idiot. Edit 1er août : 7 274 entrées sur 45 copies en 1ère semaine. Soit un cumul envisageable aux alentours des 20 000 spectateurs et un film parti sur de bonnes bases. Edit 30/10 : Bon ben le cumul c’est 10 639 entrées en 5 semaines d’exploitation. Autant dire que les bonnes bases entrevues en première semaine n’ont jamais eu de lendemain.
  • La chronique Blu-ray / Blu-ray 4K : L’association Kinovista / Bac Films n’a donné jusqu’ici qu’un autre film en salle. Leto, le biopic sur Viktor Tsoï, le rockeur de la scène underground russe des années 80, est en effet sorti en DVD et en Blu-ray chez Condor mais avait bénéficié d’une énorme couverture médiatique cannoise et post-festival tout en engrangeant plus de 170 000 entrées. Et quand Bac Films est seul aux commandes, le film part souvent sous forme d’appel d’offre chez différents éditeurs vidéo avec des destins très dissemblables bien souvent liés à leurs parcours dans les salles. Et avec Bac, sur les 6 derniers mois, on dépasse rarement les 20 000 entrées. Pour autant, des films comme Funan (19 921 entrées) ou Un grand voyage vers la nuit (20 684 entrées) ont eu droit à un Blu-ray respectivement chez ESC et Bac Films (mais distribué par ESC qui doit donc absorber une grande partie des coûts) quand Terra Willy et ses 120 000 entrées ne sort qu’en DVD chez M6 Vidéo. Tout ça pour dire que sauf une surprise à plus de 100 000 entrées, Factory n’aura droit au mieux qu’à une édition DVD. Edit 30/10 : Un DVD est donc bien prévu pour le 3 décembre et il est édité chez Condor Films. Éditeur qui a aussi eu la bonne idée de proposer une édition DVD spéciale Fnac qui proposera aussi L’Idiot, son précédent long sorti en salle chez nous le 15 novembre 2015.

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