Koko-di Koko-da - Image une fiche film

Fiche film : Koko-di Koko-da

Koko-di Koko-da a mis plus de 10 ans à voir le jour. Johannes Nyholm en a commencé l’écriture avant de réaliser son premier film, The Giant. Le tournage a commencé en 2011 avec une équipe restreinte : « Je voulais financer Koko-Di Koko-Da moi-même via ma boîte de production mais il m’a été difficile de convaincre des partenaires financiers et je ne pouvais pas assumer seul de produire une fiction. Donc il m’a fallu faire preuve d’imagination pour pouvoir mettre le projet sur pied  ».

Koko-di Koko-da (2019)

Réalisateur(s) : Johannes Nyholm
Avec : Leif Edlund, Ylva Gallon, Katarina Jacobson, Peter Belli
Durée : 1h26
Distributeur :  Stray Dogs Distribution
Sortie en salles : 13 novembre 2019

Résumé : Pour surmonter les problèmes que traverse leur couple, Elin et Tobias partent camper au cœur de la forêt suédoise. Mais des fantômes de leur passé resurgissent et, plus que jamais, les mettent à l’épreuve.

Articles / Liens :

  • Avis express : Johannes Nyholm est pour tout dire un parfait inconnu de par chez nous. Et si Koko-Di Koko-Da, son premier long distribué au cinoche en France, va certainement briser cet anonymat, pas certain quand même que son blaze vous attire bien plus qu’une attention polie entre la poire et le fromage. Déjà il va vous falloir faire un petit effort pour retenir ce titre. Pour se faciliter la tâche, pensez au chant d’un coq. Mais en suédois. Ensuite se dire que ce titre vient d’une comptine française (ne demandez pas laquelle, on n’a pas cherché) traduite ainsi chez nos amis adeptes des petits pains Krisprolls. Bon ok mais après ?
    Ben après avoir vu le film, vous aurez forcément la petite mélodie dans la tête tant celle-ci hante bien des plans de ce film aussi délicieusement barré (dans le fond) que malicieusement imaginatif (dans la forme). Pour autant, l’histoire qui se met en place sous nos yeux ne sort pas forcément des sentiers battus même si elle s’épanouit très rapidement en pleine forêt. On s’explique : un couple qui vient de subir une tragédie dont normalement on ne peut se relever, affronte un quotidien que l’on ne souhaiterait pas à son pire ennemi. Histoire de se donner de l’air et peut-être de reprendre goût à la vie, les voici partis camper (c’est bien suédois tiens). Mais une menace rôde surgissant du fin fond de la forêt et qui prend la forme de trois individus fredonnant «Koko-Di Koko-Da ».  Et là le réalisateur de nous asséner un montage façon Un jour sans fin qui démultiplie les angoisses du couple sans parler du spectateur qui à chaque nouvelle minute s’enfonce un peu plus dans son fauteuil.
    Mais le procédé nous aurait certainement vite lassé car pouvant tourner très rapidement à vide si Johannes Nyholm n’y avait pas introduit une césure en forme de respiration. Une sorte de  film dans le film qui s’apparente à l’écran à un épisode onirique où le cinéaste suit la femme de dos jusque dans une maison perdue au milieu de nulle part. Là, elle assiste à la représentation d’un petit théâtre où s’y joue une histoire faite de marionnettes en ombre chinoise. Une façon de représenter le passage de la noirceur à la lumière en quelque sorte et une merveilleuse séquence qui reprend le travail effectué par le cinéaste lors d’un court-métrage visible en partie ici.
    C’est peu de dire qu’à ce stade on est littéralement sous le charme d’un film qui alterne le répugnant et le fantasmagorique d’un coup d’un seul jusqu’au sein d’un même plan. L’enjeu est alors évident. Comment survivre à l’impossible ? Est-il même possible de se reconstruire ? Seul ? Ou à deux ? La fin ouverte donne quelques prémices de réponse mais permet surtout à Koko-Di Koko-Da de boucler un périple que l’on croyait d’abord physique mais qui s’avère surtout psychologique. Encore que les deux vont souvent de paires. Ce que le film de Johannes Nyholm (retenez son nom bordel) démontre avec cette maestria des gens du nord qui glace le sang mais réchauffe l’âme. SG 3,5/5
  • Box office : 2 030 entrées sur 20 copies après une semaine d’exploitation. C’est pas le Pérou et puis ce n’est pas certain que les spectateurs ont retenu le nom du réal mais ils pourront dire « j’y étais », quand Johannes Nyholm réalisera la prochaine trilogie SW…
  • La chronique Blu-ray / Blu-ray 4K : C’est même pas dit qu’on ait la chance de voir débarquer une édition DVD…

  Lâchez-vous !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *