Une vie cachée - Image une fiche film

Fiche film : Une vie cachée

Une vie cachée relate le destin de Franz Jägerstätter, fermier autrichien qui refusa de prêter allégeance à Hitler. En août 1943, il a été exécuté dans un garage à la prison Brandenburg de Berlin. Le film s’appuie sur sa correspondance avec sa femme Franziska recueillie par Erna Putz et publiée en anglais par Orbis Books. C’est grâce aux recherches du pacifiste américain Gordon Zahn, qui visita le village où vivait Jägerstätter dans les années 1970, que cette histoire est sortie de l’oubli.

Le tournage a duré huit semaines entre juillet et août 2016. La production a passé 24 jours dans le Sud-Tyrol, une province d’Italie, puis s’est rendue en Autriche où elle a tourné pendant quelques jours à St Radegund même, le village où vivaient les Jägerstätter. Pour les scènes de prison, la production a passé les 14 derniers jours entre Zittau et Berlin.

Pour reconstituer les décors et les lieux fréquentés par Franz Jägerstätter de son vivant, le chef-décorateur Sebastian Krawinkel a parcouru les lettres et les archives disponibles. Certains sites ont été repérés avec un an d’avance pour pouvoir les filmer à la bonne saison. La production a investi des églises, des cathédrales, d’authentiques fermes d’élevage, de véritables prisons, dont Hoheneck, l’établissement pénitentiaire de la Stasi, et le Kammergericht, palais de justice où de nombreux opposants au régime nazi furent condamnés à mort. Elle a même pu tourner dans des intérieurs de la maison des Jägerstätter, devenue un lieu de pèlerinage au fil des années.

Une vie cachée (A Hidden Life – 2019)

Réalisateur(s) : Terrence Malick
Avec :  August Diehl, Valerie Pachner, Maria Simon, Bruno Ganz, Matthias Schoenaerts
Durée : 2h53
Distributeur : Orange Studio Cinéma / UGC Distribution
Sortie en salles : 11 décembre 2019

Résumé : Franz Jägerstätter, paysan autrichien, refuse de se battre aux côtés des nazis. Reconnu coupable de trahison par le régime hitlérien, il est passible de la peine capitale. Mais porté par sa foi inébranlable et son amour pour sa femme, Fani, et ses enfants, Franz reste un homme libre. Une vie cachée raconte l’histoire de ces héros méconnus.

Articles / Liens :

  • Avis express : Depuis The Three of Life et sa Palme d’or, on avoue benoîtement avoir tourné le dos au cinéma de Terrence Malick et ainsi d’avoir sciemment évité À la merveille, Knight of Cups, Voyage of Time et Song To Song. Quatre films en huit ans quand il aura fallu au cinéaste près de quatre décennies pour accoucher d’œuvres aussi séminales que Badlands, Days of Heaven, The Thin Red Line et The New World. On aurait donc pu s’enthousiasmer devant une production aussi prolifique mais c’était au-dessus de nos forces. Et puis on a revu The Three of Life dans sa version longue proposée par l’éditeur Criterion et présentée en 2018 au festival de Venise. 188 minutes de souffrance ou de bonheur extatique c’est comme on veut. Cela nous a surtout permis de réévaluer un film que l’on avait de toute façon découvert de la pire des façons. À Cannes, avec deux heures de sommeil au compteur tous les deux jours (oui c’est possible). Il n’en reste pas moins que l’on a toujours autant de mal avec cette mise en scène hyperbolique et hypertrophiée dont Malick use et abuse au point de finir par saouler même les plus convertis à son cinéma.
    Des travers (que nous considérons comme tels en tout cas) dont Une vie cachée ne cherche pas à se débarrasser. Loin s’en faut. C’est que voici un sillon exploré et creusé depuis toujours par Terrence Malick. La réussite des Moissons du ciel est en effet d’abord formelle, celle de La Ligne rouge ne peut absolument pas se décorréler de ces mouvements de caméra totalement en apesanteurs que l’on a immédiatement en tête dès que l’on parle du film. Une quête formelle et esthétique qui pouvait alors s’appuyer sur une histoire et non sur une simple béquille scénaristique qui chez Malick ne pouvait donner lieu qu’à un enfonçage de portes plus qu’entrouvertes. Une vie cachée semble justement vouloir revenir à cet équilibre miraculeux. Et même si Malick repart bien (trop) souvent dans les tours au détour de séquences que l’on pourra qualifier sobrement d’élégiaques, Un vie cachée permet de redécouvrir son formidable talent de conteur.
    Celui qui vous emmène en des contrées peu explorées que ses acteurs visitent en notre compagnie avec une foi chevillée au corps le tout sur la musique omniprésente et liturgique signée James Newton Howard. Un arc narratif qui rappelle au demeurant celui de La Ballade sauvage pour le côté destin maudit/tragique de ce couple n’aspirant qu’au bonheur de vivre ensemble. Malick fait d’ailleurs de cette histoire inspirée de faits réels (depuis la correspondance épistolaire du couple) une ardente déclaration d’amour à la gente humaine tout en renouvelant sa profession de foi envers son Art qu’il érige au rang de divinité païenne. Bien entendu, Dieu, dans son acceptation la plus intrusive et immersive, accompagne chacun des mouvements de la caméra. Il motive les décisions de chacun et embarque le film vers des eaux où la profession de foi rime de plus en plus avec le baptême purificateur.
    Certains pourront trouver cela lassant sinon agaçant. On vous rassure, ça l’est. Mais la force des images continuellement habitées par un souffle littéralement épique et le destin hors norme de cet homme qui ne voulait pas prêter allégeance au nazisme font de Une vie cachée une expérience cognitive absolue. De celle qui peut essorer oui mais avec le sentiment chevillé aux rétines d’avoir sans aucun doute assisté à quelque chose de rare. SG 3/5
  • Box office : 1 372 entrées à la séance de 14h à Paris sur 24 copies, soit très loin devant toutes les autres sorties de ce mercredi. Un très joli score compte tenu des problèmes de transport dans la capitale du moment et de la durée conséquente de près de 3h du film qui n’ont donc pas effrayés ces primo spectateurs parisiens. Edit 12/12 : 9 473 entrées en 24h sur 135 copies France. C’est le meilleur démarrage en France pour Malick depuis The Three of Life et ses 52 956 entrées sur 303 copies. Le premier week-end devrait déterminer si Une vie cachée peut espérer atteindre la barre des 100 000 spectateurs au cumul.
  • La chronique Blu-ray / Blu-ray 4K : Compte tenu de la beauté des images et du soin apporté dans tous les compartiments techniques du film sans parler de la musique élégiaque de James Newton Howard, une édition UHD en plus du « simple » Blu-ray ne serait pas volée. Et ce quel que soit le nombre de spectateurs qui se déplaceront dans les salles.

  Lâchez-vous !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *