Jojo Rabbit - Image une fiche film

Fiche film : Jojo Rabbit

Jojo Rabbit est adapté du roman Le Ciel en cage de Christine Leunens publié en 2004. C’est par sa mère, une Néo-Zélandaise dont la famille juive russe a émigré au début des années 1900, que Taika Waititi a découvert le livre.

Le réalisateur a injecté dans cette histoire grave et sérieuse la tonalité comique de son univers. « Dans les films de Taika, le rire n’est jamais gratuit. Il y a des conséquences. Même si vous ne les voyez pas tout de suite, vous les sentirez. Il titille votre conscience », explique Christine Leunens.

Jojo Rabbit (2019)

Réalisateur(s) : Taika Waititi
Avec : Roman Griffin Davis, Thomasin McKenzie, Scarlett Johansson, Taika Waiti, Sam Rockwell, Rebel Wilson
Durée : 1h48
Distributeur : Twentieth Century Fox France
Sortie en salles : 29 janvier 2020

Résumé : Jojo est un petit allemand solitaire. Sa vision du monde est mise à l’épreuve quand il découvre que sa mère cache une jeune fille juive dans leur grenier. Avec la seule aide de son ami aussi grotesque qu’imaginaire, Adolf Hitler, Jojo va devoir faire face à son nationalisme aveugle.

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  • Avis express : Si le nom de Taika Waititi ne vous fait pas tilt, on va dire que c’est normal et pas normal. C’est que voici un réal dont vous avez forcément vu ou au moins entendu parler d’un de ses films. À commencer par Vampires en toute intimité. Mais si, c’est le film qui a officiellement lancé le service de e-Cinéma en France en 2014 poussé par nos amis (on vous rassure ce n’est qu’une formule) de chez Wild Bunch qui ne voyaient pas trop comment distribuer ce truc en salle. Et quid de Thor : Ragnarok ? Vous n’êtes certainement pas passé à côté de la tentative la plus azimutée au sein de la franchise marvellienne. On vous rassure, par azimuté on entend avec un minimum de prise de risque. Ce qui chez Marvel est une denrée ultra rare. Et puis si vous avez eu du mal à attendre l’arrivée en France de la plateforme Disney+, vous avez donc vu, petits morfalous que vous êtes, le dernier épisode (pas le plus mémorable) de The Mandalorian qu’il a réalisé. Ces trois exemples (car le bougre à d’autres longs et séries à son actif) devraient donc vous situer le personnage d’autant que son blaze a été un temps attaché au remake en live d’Akira (pas totalement abandonné ceci dit) et qu’il prépare plus certainement un Thor: Love and Thunder prévu pour 2021.
    Bref, à l’aune de ces petites précisions qui donneront certainement à quelques uns l’envie de commencer à se familiariser avec la prononciation de ce nom et prénom ilien en provenance des mers chaudes du Pacifique (en fait la Nouvelle-Zélande), on peut affirmer que ce Jojo Rabbit s’inscrit parfaitement dans cette filmo en apparence foutraque mais qui fait sens. Soit la volonté de raconter des histoires fortes au sein d’univers chargés, pops ou en total décalage quand ils ne sont pas anachroniques. Ce que la première partie du film illustre à l’image près. On y navigue en effet comme un poisson dans l’eau dans l’esprit d’un petit allemand en pleine seconde guerre mondiale dont l’ami imaginaire n’est autre qu’Adolf Hitler (joué façon Monty Python par Waititi himself). Le traitement de l’enfance et la mise en scène rappellent alors un certain Wes Anderson dans Moonrise Kingdom. C’est gentiment à la marge avec des moments drôlatiques qui permettent d’alléger un contexte forcément pesant. D’autant que se rajoute au tableau une Scarlett Johansson en maman étonnamment moderne et lucide qui élève seule son fils et surtout un Sam Rockwell en capitaine de la Wehrmacht pour le coup totalement azimuté. C’est bien simple, à chacune de ses apparitions on se demande s’il faut rire ou pleurer.
    Et d’ailleurs Jojo Rabbit c’est aussi un peu cela, un film sur la corde raide que sa deuxième partie finit par verser dans le ravin de l’Histoire. C’est que Taika Waititi lorgne alors du côté du Tambour de Volker Schlöndorff. Le film devient plus âpre, frontal tout en perdant son second degré si savoureux. Le passage dans la réalité adulte est pour le moins douloureux et à la différence de Schlöndorff, son petit héros ne le refuse pas au risque de tout perdre jusqu’à la raison. La césure est pour le spectateur aussi violente. Elle l’est certainement à dessein mais on peut être en droit de le regretter. Non qu’elle nous sorte de notre zone de confort mais plutôt qu’elle nous semble moins efficace par rapport au message initial que veut véhiculer le film. On perd en humour noir ce que l’on gagne en réalité kafkaïenne. Et Taika Waititi ne se refuse rien. Sa représentation de la guerre est sans concession et amorale.  Son souffle est putride avec des instants en apesanteur que l’on doit encore et toujours à Sam Rockwell. On en ressort quelque peu ébranlé, peut-être même un peu déçu mais avec le sentiment d’avoir visionné quelque chose qui va sans aucun doute prendre de la bouteille. On en reparle à la fin de cette décennie. SG 3/5
  • Box office : Le film est distribué sur 165 copies. A la séance 14h parisienne il a engrangé 1 021 entrées sur 24 copies juste derrière Cuban Network d’Olivier Assayas. Il s’agit d’un épiphénomène très parisien puisque la grosse comédie qui tâche avec Dany Boon (plus de 700 copies quand même) devrait mettre tout le monde d’accord dès que les chiffres premier jour seront connus.
  • La chronique Blu-ray / Blu-ray 4K : Le marché US a déjà acté pour le 18 février un Blu-ray et un Blu-ray 4K. La France devrait faire de même pour mai ou juin.

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