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Fiche film : Echo

Le réalisateur islandais Rúnar Rúnarsson décrit Echo comme un film « où la réalité serait retranscrite et mise en scène ». À ses yeux, il n’est pas important de savoir quelles sont les scènes qui relèvent du documentaire et quelles autres relèvent de la fiction. « Les histoires qu’on montre offrent la sensation qu’elles sont bien réelles. Que ce soit mis en scène, voulu ou pris sur le vif, peu importe. Ce qui compte, c’est ce sens du réel qu’on cherche à rendre ».

La plupart des acteurs d’Echo sont des amateurs. Le réalisateur ne voulait pas qu’il y ait des visages connus afin d’éviter que le spectateur s’attarde sur eux au détriment du film.

Echo (2019)

Réalisateur(s) : Rúnar Rúnarsson
Avec : Bjarki Thor, Ragnar Jónsson, Sigurmar Albertsson
Durée : 1h19
Distributeur : Jour2fête
Sortie en salles : 1er janvier 2020

Résumé : En Islande, alors que tout le monde se prépare pour les fêtes de Noël, une ambiance particulière s’empare du pays. Entre exaltation et inquiétude, Echo dresse un portrait mordant et tendre de notre société moderne.

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  • Avis express : Passé totalement inaperçu lors de sa sortie en début d’année, Echo de l’islandais Rúnar Rúnarsson aurait certainement mérité un peu plus d’attention de notre part. Car pour être honnête, nous avions eu la chance de le découvrir en projection de presse avec déjà à l’époque ce sentiment d’avoir assisté à une expérience de cinéma tout à fait unique. Pourquoi ne pas en avoir parlé alors ? Manque de temps, manque d’envie, manque d’inspiration… Les raisons sont légions et sont forcément ineptes ou peu convaincantes. Encore plus aujourd’hui tant Echo semble justement trouver une résonance particulière avec ce qu’une grande partie de l’humanité a vécu ou subie encore au moment de coucher ces quelques lignes. Ah ? On vous sent un poil intéressé du coup non ?
    Ben ça parle de quoi alors Echo ? Et bien du quotidien d’un pays (l’Islande donc) à quelques jours de noël. Mouais. Mais encore ? Pour la faire courte, le film de Rúnar Rúnarsson nous présente une série de vignettes sur moins de 80 minutes mettant en scène des épisodes de la vie quotidienne sans qu’il n’y ait aucun lien entre eux. Echo s’ouvre ainsi sur un plan fixe montrant une voiture à l’arrêt traverser le cadre de droite à gauche. Elle est filmée à travers les vitres d’une station de lavage. Rúnarsson alterne dès lors scènes à la limite de la simple exposition avec d’autres présentant un embryon d’enjeux narratifs. Le plus souvent en des plans fixes façon caméra de surveillance. De ce kaléidoscope en forme de patchwork d’instants de vie, se dégage dès lors plusieurs choses. La première, et la plus évidente, est que nous sommes à quelques jours de noël. Chacun de ces moments nous en décrivent à leur manière quelques facettes figuratives. Là un jeune sportif américain dans une cabine à UV en conversation téléphonique avec sa maman dont on perçoit sa souffrance d’en être si éloignée. Ici une femme nettoyant une vitrine de l’intérieur et qui reçoit un coup de fil dont on ne saura rien mais qui semble l’affecter. Là un responsable de chantier abandonné par ses ouvriers partis faire la grève. Ici une demeure majestueuse qui crame dans la lande sauvage ponctuée par un dialogue entre le propriétaire et un voisin. Ou plus prosaïquement un traditionnel spectacle de fin d’année orchestré par une école comme il y en a des millions de par le monde. La deuxième est une temporalité que l’on n’aurait pas cru aussi évidente mais qui l’est par des effets de montage très judicieux qui finissent par créer une sorte de méta histoire. Et la troisième découle de ce constat qui donne in fine le sentiment d’avoir assisté à un instantané de nos sociétés occidentales dites d’avant.
    Oui car c’est donc là tout l’intérêt de Echo aujourd’hui. Cette impression de visionner un document d’archive où l’humain n’avait pas forcément un avenir radieux mais où il pouvait encore se permettre dans son quotidien d’avoir des préoccupations, des attentions, des rancœurs, des perversions, des envies… qui nous paraissent appartenir dorénavant à l’histoire. Echo serait comme le chant du cygne d’une civilisation appelée à se transformer radicalement si elle ne veut pas disparaître. Un peu comme si Rúnarsson avait par ailleurs tourné le film d’un passé dorénavant révolu pour ne pas oublier. L’étape suivante sera de pouvoir diffuser ces images dans les EPHAD à l’attention de nos seniors au moment de leurs derniers souffles ce qui au passage serait le meilleur des hommages à rendre au plus que jamais visionnaire Soleil Vert de Richard Fleischer dont l’action se situe pour rappel en 2022. Un écho cinématographique parmi le plus évident mais pas le moins rassurant. 3,5/5 SG
  • Box office : 3 965 entrées sur 15 copies en 4 semaines d’exploitation. Une misère d’autant que Sparrow, le premier long en 2016 du réal à être distribué en France avait réalisé 16 124 entrées sur 23 copies. Un delta qui indique en creux la perte de spectateurs en seulement quelques années pour ce type de film.
  • La chronique Blu-ray / Blu-ray 4K : Un DVD est annoncé pour le 31 mai 2020 (reporté au 16 juin) chez la branche vidéo de Jour2fête. Ne pas s’attendre à plus sauf peut-être à fureter du côté du marché vidéo islandais. Bon courage.

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