Nous, les chiens - Image une fiche film

Fiche film : Nous, les chiens…

Oh Sung-Yoon et Lee Choon-Baek, les réalisateurs de Lili à la découverte du monde sauvage (2012), reviennent huit ans après avec leur nouveau film d’animation Nous, les chiens…

L’histoire a germé dans la tête de Oh Sung-yoon suite à un reportage à la télévision sur les violences à l’encontre des animaux. Deux ans de plus furent nécessaires à l’élaboration du scénario, puis quatre autres pour achever le film. Nous, les chiens… emprunte son style visuel à la peinture coréenne traditionnelle.

C’est Odolttogi, l’un des studios d’animation les plus influents en Corée, qui a produit et distribué Nous, les chiens…

Nous, les chiens (The Underdog – 2019)

Réalisateur(s) : Oh Sung-yoon, Lee Choon-Baek
Avec les voix originales de : Doh Kyung-soo, Park So-dam, Park Chul-min, Lee Joon-hyuk
Durée : 1h42
Distributeur :  Les Bookmakers / The Jokers
Sortie en salles : 22 juin 2020

Résumé : Le chien est le meilleur ami de l’homme. Affectueux, fidèle… mais lorsqu’il vieillit ou se comporte mal, il est parfois abandonné comme un mouchoir souillé. Et lorsqu’il se retrouve seul face à la nature, l’instinct animal et l’esprit de meute reprennent le dessus. Solidaire, déterminée, notre petite bande de chiens errants va peu à peu réapprendre à se débrouiller seule. Et découvrir la liberté, au cours d’un extraordinaire voyage.

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  • Avis express : On connait finalement assez peu le cinéma d’animation coréen. Pris en étaux entre celui venu du Japon et celui produit en Occident, les Etats-Unis en tête, il n’est certainement pas facile pour lui d’émerger ne serait-ce qu’auprès de ses concitoyens. Ne parlons pas alors de l’international. De ce fait, voir débarquer en nos contrées Nous, les chiens… du binôme Oh Sung-yoon et Lee Choon-Baek de surcroît au cinéma tient bien de la gageure doublée d’une profession de foi salutaire. D’autant que la sortie initiale était programmée le 8 avril. Une date qui a volé en éclat avec la crise sanitaire et la fermeture des salles obscures. Qu’à cela ne tienne pour son distributeur The Jokers qui s’était bien trop investi pour renoncer comme d’autres dans la profession en succombant par exemple aux sirènes de la SVOD ou de la VOD.
    Il faut dire qu’après avoir découvert Nous, les chiens… on comprend encore mieux cet entêtement tant nous avons affaire là à quelque chose qui sort définitivement des sentiers battus qu’il faut pouvoir apprécier sur grand écran. À commencer par ce travail sur le dessin qui mélange d’une manière saisissante décors crayonnés et peints en 2D et personnages travaillés en 3D numériques. C’est tout bonnement saisissant à mi-chemin entre l’Art naïf et peinture figurative. Un procédé qui permet au récit, plutôt linéaire, de gagner alors très vite en profondeur puis en radicalité frontale. Un angle d’attaque qui nous est peu familier même quand on parle de films d’animation pour adulte. À Hollywood on préfèrera en effet plus faire passer le ou les messages par le biais de l’humour ou tout autre alibi narratif qui permettra d’alléger le propos. En Europe et chez nous on aime bien privilégier la poésie saupoudrée d’un peu de philosophie humaniste (La Tortue rouge au hasard) et au Japon la fable sociétale est à la mode depuis pas mal de décennies.
    On pense toutefois un peu à Wes Anderson avec L’Île aux chiens. Ne serait-ce que par son sujet puisqu’il est question aussi ici de chiens maltraités par les hommes. Mais comme on le disait, on est dans quelque chose de moins sophistiqué que chez Anderson puisque la petite bande de chiens coréens n’aspire qu’à fuir la compagnie des hommes pour trouver refuge dans un ailleurs jusqu’ici utopique. Il s’agit donc bien d’une forme de road movie immédiatement accessible aux enfants mais qui va permettre, comme c’est souvent le cas, d’appréhender les motivations de chacun tout en permettant une caractérisation assez bien vue qui parlera beaucoup plus aux adultes. Rien de révolutionnaire toutefois mais le constat très rapide d’une très grande maîtrise des enjeux multiples de l’histoire lui donnant au final une richesse peu évidente à envisager au début. C’est que très vite aussi, les deux réalisateurs ne prennent que peu de pincettes avec leur spectateur les plus jeunes. La mort rôde et frappe sans pitié pour ne citer que cela sans parler de cette description de l’humanité plus qu’à charge. Nous, les chiens… ne tombe pas dans du Oliver Twist canin mais il faut bien reconnaître que beaucoup de leurs congénères auraient baissé les pattes devant tant de vicissitudes et d’infamies.
    Pour autant, Nous, les chiens… reste un joli conte naturaliste et anthropomorphique qui prône à sa façon un désir de paix entre les peuples au sein d’un pays qui reste traumatisé par sa partition en deux entités que tout opposent. C’est aussi cela la force de ce film d’animation. Sa propension à prendre le pouls d’une société présentée comme perméable aux dérives les plus ignobles mais sauvée in-extremis par la noblesse de cœur et d’intentions de certains chiens qui s’en sont de toute façon détournés. Le discours est fort et universel car il fait écho aux soubresauts sociétaux du moment dont il prolonge la réflexion avec beaucoup d’intelligence et d’acuité. SG 3,5/5
  • Box office : Pas de chiffres, même pas le nombre de copies, au moment où nous écrivons ces lignes. Stay Tuned.
  • La chronique Blu-ray : On espère le Blu-ray qui saura à n’en pas douter retranscrire fidèlement cette animation si particulière mais si convaincante.

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