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Fiche film : Quelle joie de vivre

En prenant part au long métrage Quelle joie de vivre, Alain Delon retrouvait le metteur en scène René Clément pour la seconde fois, un an après leur première rencontre sur le tournage de Plein soleil. Par la suite, les deux hommes réitéreront l’expérience à deux reprises, avec Les Félins (1964) et Paris brûle-t-il ? (1965).

L’actrice Barbara Lass, à l’époque mariée à Roman Polanski, aurait réussi à convaincre René Clément d’accepter que son mari assiste au tournage de Quelle joie de vivre. Le cinéaste polonais, qui s’apprêtait alors à tourner son premier long métrage (Le Couteau dans l’eau), se serait imprégné avec attention du travail de René Clément.

Quelle joie de vivre était présenté en 1961 au Festival de Cannes pour concourir à la Palme d’or. Celle-ci fut finalement attribuée ex-aequo à Une aussi longue absence, de Henri Colpi, et à Viridiana, de Luis Buñuel.

Quelle joie de vivre (Que gioia vivere – 1961)

Réalisateur(s) : René Clément
Avec : Alain Delon, Barbara Lass, Gino Cervi, Rina Morelli, Carlo Pisacane, Ugo Tognazzi
Durée : 1h58
Distributeur : Les Films du Camelia (Rep. 2020)
Sortie en salles : 8 novembre 1961
Reprise : 5 août 2020

Résumé : Rome 1921. Ulysse et son ami Turidu, libérés du service militaire, s’installent dans la capitale pour trouver un travail. Sans emploi ils rallient les Chemises noires de Mussolini pour lesquelles ils doivent localiser une imprimerie de tracts antifascistes. Là, Ulysse y rencontre Franca, la fille de l’imprimeur. Pour la séduire, il se fait passer pour un légendaire terroriste anarchiste et se laisse prendre au jeu…

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  • Avis express : Quelle joie de vivre fait figure d’incongruité dans la filmo de René Clément. Certains pourraient même avancer le qualificatif de mineur. Les deux sont recevables surtout au regard de ce qui précède et ce qui suit. Plein soleil en 1960 d’abord avec déjà Alain Delon qui reste encore aujourd’hui une admirable sinon la meilleure adaptation du Monsieur Ripley de Patricia Highsmith et Les Félins en 1964, merveille de film noir à la française qui réunissait Henri Decaë à  la photo, Lalo Schifrin à la musique sans oublier Alain Delon (encore lui oui) et Jane Fonda devant la caméra. Quelle joie de vivre est aussi sa seule comédie même si le propos sous-jacent finit par lui donner une  toute autre couleur vers la fin.
    Quelle joie de vivre raconte en effet l’Italie du début des années 20 juste avant l’arrivée de Mussolini. Le personnage joué par Alain Delon est un jeune pupille de la nation tout juste libéré de ses obligations militaires à la recherche d’un emploi dans une ville de Rome économiquement sinistrée. Avec son ami d’enfance, ils finissent par s’enrôler chez les Chemises noires de Mussolini en contrepartie de quelques lires et d’un premier job qui consiste à localiser incognito une imprimerie de tracts antifascistes. Les deux compères se partagent la tâche et Delon de finir par tomber sur celle tenue par un anarchiste qui prend les traits de Gino Cervi dont la notoriété n’était plus à faire en France étant entendu que son personnage de maire communiste du petit village de Brescello dans la série des Don Camillo touchait quasiment à sa fin en 1961. Tombant sous le charme de sa fille jouée par Barbara Lass alors épouse à la ville de Roman Polanski, il se fait passer pour un anarchiste et finit par oublier ce pourquoi il avait été missionné.
    Il va sans dire que les quiproquos et situations propres à provoquer sourires entendus sont légions. Delon y navigue comme un poisson dans l’eau et on regrette que René Clément ne mette pas plus en avant Gino Cervi. Barbara Lass est limite un faire-valoir mais un faire-valoir à la frimousse ensorcelante. Pour le reste, la dernière partie s’étire en péripéties plutôt quelconques donnant au film son métrage proche des 2h ce qui est franchement bien trop long compte tenu du trop peu d’enjeux de l’ensemble. Mais il y a ces 5 dernières minutes qui insufflent in extremis une dimension bien plus en rapport avec ce que l’on est en droit d’attendre du réalisateur de La Bataille du rail (1946). Quelle joie de vivre devenant de facto un pamphlet hautement politique à l’humour grinçant et noir. Il était temps mais rien que pour cela le film passe de petite sucrerie vite oubliée à bonbon acidulé qui colle longuement aux dents. 3/5 SG
  • Box office : 1 091 442 entrées auxquelles il faut rajouter 3 599 spectateurs quand le film avait déjà bénéficié d’une ressortie en 2012 sous la bannière Les Acaccias. Les Films du Camelia qui en assure la distribution en 2020 ont réussi à convaincre 4 cinémas (2 parisiens et 2 en province) qui ont totalisés 44 entrées lors du 1er jour d’exploitation dont 24 à Paris sur 2 copies. Edit 13 août : 410 entrées en une semaine.
  • La chronique Blu-ray : Faut pas rêver, voilà un film qui risque de continuer à ne rester (difficilement) dispo qu’en DVD depuis sa parution au sein du coffret Delon paru en 2007 chez feu Opening qui associait Quelle joie de vivre avec Dancing Machine (1990) de Gilles Béhat. Plus grand écart facial entre ces deux films, c’est pas possible.

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