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Fiche film : Police (2020)

Police est l’adaptation du roman au titre éponyme écrit par Hugo Boris et paru en août 2016 chez Grasset. C’est le producteur Jean-Louis Livi qui a fait découvrir ce livre à Anne Fontaine, laquelle a tout de suite été happée par la trajectoire de ces policiers lambda confrontés à leur propre vérité, au cours d’une mission pour laquelle ils n’ont pas été formés.

Police a été tourné en grande partie dans une voiture et en studio. Tourner en extérieur aurait pris des mois et Anne Fontaine n’aurait jamais pu réussir à filmer les visages de si près. « Je n’aurais pas eu des cadres aussi stylisés, ni pu me permettre certains travellings. Le commissariat a, lui aussi, été entièrement recréé », précise-t-elle.

Police (2020)

Réalisateur(s) : Anne Fontaine
Avec : Omar Sy, Virginie Efira, Grégory Gadebois, Payman Maadi
Durée : 1h39
Distributeur : StudioCanal
Sortie en salles : 2 septembre 2020

Résumé : Virginie, Erik et Aristide, trois flics parisiens, se voient obligés d’accepter une mission inhabituelle : reconduire un étranger à la frontière. Sur le chemin de l’aéroport, Virginie comprend que leur prisonnier risque la mort s’il rentre dans son pays. Face à cet insoutenable cas de conscience, elle cherche à convaincre ses collègues de le laisser s’échapper.

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  • Avis express : On ressort de Police comme si l’on avait subi une sorte de rêve éveillé, la bouche pâteuse, les jambes en coton et cette impression chevillée au corps que cela ne servirait pas à grand chose d’essayer de s’en souvenir (un peu comme ces critiques qui prennent frénétiquement des notes lors d’une projection de presse). C’est que voilà un film dont on peine encore à en comprendre les intentions et les finalités. Un trio de policiers dont on nous assène en filigrane le pedigree via un montage alterné de plus de 30 minutes, se retrouve à reconduire un sans papier à Roissy afin qu’il soit renvoyé dans son pays. Sur le chemin, le doute sur le bien fondé de cette mission étreint d’abord la fliquette jouée avec la même conviction qu’un poulet tout juste guillotiné (on court comme un dératé et forcément on se cogne aux murs) par une Virginie Efira à l’évidence un peu perdue dans son costume. À la différence d’Omar Sy qui s’il n’a pas grand chose à  « vendre » le fait avec un aplomb et un à-propos toujours aussi jouissif (et communicatif). On aimerait en dire autant du troisième compère joué par un Grégory Gadebois qui s’il se démène dans la peau de ce flic bourru au grand cœur malmené par bobonne à la maison tombe malheureusement vite dans la caricature. La faute à une trajectoire et à des dialogues aussi inattendus qu’une victoire du PSG en Ligue 1.
    Que dire ensuite de la réalisation d’Anne Fontaine sinon que cela sent quand même pas mal le renfermé. Pas uniquement niveau décors (une bagnole en fond vert) mais surtout du côté des cadres d’une platitude sans nom et d’une photo pourtant signée Yves Angelo que l’on peut qualifier de hideuse. Pas le hideux qui siérait à l’histoire mais le hideux tout court. Celui où il faut par exemple absolument détremper le tarmac de Roissy pour que certains codes inhérents à la captation de la lumière de nuit soient respectées. L’œil n’accroche pourtant sur rien sinon des ombres mal dessinées ou des figures blafardes se confondant avec les arrière-plans. De quoi oublier la sensation même de profondeur de champs. Encore une fois pourquoi pas mais la redondance est telle avec l’histoire qui se paupérise au fur et à mesure que le film avance que tout cela finit en un gloubi-boulga informe et indigeste. Jusque dans le contre-champs incarné par l’acteur iranien Payman Maadi découvert dans Une Séparation de Asghar Farhadi que le champ des gestuelles possibles proches du pantin désarticulé que lui accordent Anne Fontaine en matière de jeu sont juste incompréhensibles.
    Un qualificatif que l’on ne peut s’enlever du crâne surtout au regard du tout dernier plan de fin qui nous fait dire : Tout ça pour ça ? Si critique il y a, envers qui ou quoi s’adresse-t’elle ? Si chronique d’une humanité au sein d’un environnement peu montré ou décrié en ce moment, on cherche encore. Si volonté d’habiller tout cela par une atmosphère à tendance nyctalope, et bien c’est raté. Pour le reste, on vous conseillera plutôt le Police de Pialat, film autrement plus couillu que cet ersatz de cinéma. 1,5/5
  • Box office : En 16 films depuis 1993 (hors Police), Anne Fontaine n’a atteint et dépassé qu’une fois le million d’entrées. C’était pour Coco avant Channel en 2009. Une performance qu’il faut ramener aux presque 20M d’euros qu’auront coûté le film. Et d’ailleurs Anne Fontaine est une réalisatrice qui a besoin de s’adosser à des producteurs aux reins solides n’ayant pas peur de ne plus revoir leurs investissements. Les derniers exemples en date en font foi : Blanche comme neige (2019 – 7,5M d’euros pour 60 023 entrées) / Marvin ou la belle éducation (2016 – 7M d’euros pour 115 179 entrées) / Gemma Bovary (2013 – 9,7M d’euros pour 590 390 entrées). Surnage quand même lors de la décennie passée Les Innocentes réalisé en 2015 qui attirera 702 040 spectateurs alors que le film ne dépassait pas les 6,25M d’euros. C’est que Anne Fontaine aime bien s’entourer d’un casting 4 étoiles (ce qui n’était pas le cas sur Les Innocentes) qu’il faut forcément rémunérer à hauteur de leur notoriété et de leur capacité à ramener du spectateur dans les salles. Et Police avec ses plus de 10M au compteur ne déroge pas à la règle. Le film devrait être distribué sur 372 copies ce qui n’était plus arrivé pour une réalisation signée Anne Fontaine depuis Mon pire cauchemar en 2011 et ses 420 copies. Le Covid est bien entendu passé par là (les cinémas ont faim de nouveautés surtout quand ils s’appellent Omar Sy et Virginie Efira) et on ne peut que souhaiter à Police de faire au moins aussi bien que les 788 183 spectateurs qu’avaient alors su attirer le couple Isabelle Huppert et Benoit Poelvoorde au sein d’une production émargeant alors à 11M d’euros.
  • La chronique Blu-ray : Depuis 2009 et Coco avant Channel, tous les films d’Anne Fontaine ont bénéficié d’une édition Blu-ray. StudioCanal continuant de porter le support avec force, Police ne devrait donc pas déroger à cette bien belle règle.

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