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Fiche film : Mon cousin

Avec Mon cousin, Jan Kounen réalise une comédie, un genre auquel il n’est pas habitué. C’est le producteur Richard Grandpierre, avec qui il travaillait sur un scénario de film fantastique, qui lui a proposé la mise en scène de ce feel-good movie avec Vincent Lindon et François Damiens.

Avant cela, c’est Vincent Lindon qui, après dix ans de films sociétaux et de rôles graves, avait envie d’un personnage exubérant dans une comédie. Il est allé voir Richard Grandpierre et, avec le scénariste Fabrice Roger-Lacan, a réfléchi à un scénario.

Mon cousin (2019)

Réalisateur(s) : Jan Kounen
Avec :  Vincent Lindon, François Damiens, Pascale Arbillot, Alix Poisson
Durée : 1h44
Distributeur : Pathé
Sortie en salles : 30 septembre 2020

Résumé : Pierre est le PDG accompli d’un grand groupe familial. Sur le point de signer l’affaire du siècle, il doit régler une dernière formalité : la signature de son cousin Adrien qui détient 50% de sa société. Ce doux rêveur idéaliste qui enchaine gaffes et maladresses est tellement heureux de retrouver Pierre, qu’il veut passer du temps avec lui et retarder la signature. Pierre n’a donc pas le choix que d’embarquer son cousin avec lui dans un voyage d’affaire plus que mouvementé où sa patience sera mise à rude épreuve.

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  • Avis : Ne surtout pas s’arrêter à l’affiche ou même à la bande annonce. Mon cousin vaut en effet bien plus qu’une simple et énième comédie écrite en surfant sur les recettes éprouvées du moment. Déjà il y a la volonté d’un homme ou plutôt d’un acteur qui a pris une ampleur définitive sur la dernière décennie. Vincent Lindon est en effet devenu une figure majeure de notre cinéma. Mais pas n’importe lequel. Celui qui a du sens avec des films qui résonnent avec notre époque. Les plus emblématiques sont bien entendu ceux qui l’associent avec Stéphane Brizé dont La Loi du marché en 2015 est bien entendu la tête de gondole. À cette trajectoire lourde de significations et empreinte de messages sociétaux qui ne laissent que peu de place à la fantaisie, il faut croire que l’homme ET l’acteur avaient besoin de faire une pause pour s’octroyer un moment de comédie. Un peu comme une respiration nécessaire avant de peut-être repartir au charbon (qui sait ?). Pour autant, si Mon cousin donne donc de prime abord l’impression d’une production formatée pour passer à 21h sur TF1, elle recèle aussi en son sein une profondeur visuelle et narrative dont il faut sans aucun doute en chercher la paternité du côté de Jan Kounen qui s’est jeté à corps perdu dans cette production a priori ultra bordée pour en faire un film de cinéma réjouissant parachevant certainement là le contre emploi originel recherché par Vincent Lindon.
    Forcément, pour qui connaît et suit Kounen depuis Gisèle Kerozène, il était impossible d’envisager le bonhomme aux manettes de Mon cousin. Ou alors c’est qu’au-delà de factures urgentes à payer, son amour propre était aussi passé au tout à l’égout. C’est donc peu de dire qu’on y allait à reculons, convaincu de se retrouver face à un nouveau Budapest de sinistre mémoire. Mais ce serait oublier que le talent de Kounen est à des années lumières de celui de Xavier Gens. Lui qui avait déjà su nous cueillir avec, au hasard, Coco Chanel & Igor Stravinsky, autre film très éloigné de sa « zone de confort » et une très belle réussite pour ce cinéaste qui s’était toujours accommodé jusque là avec le borderline. Si Mon cousin n’a pas cette évidence immédiate c’est que sa première partie enfile les perles des codes du genre. Le cousin du titre crèche dans un asile. Il possède 50% des parts d’une entreprise familiale prospère. Sa signature est nécessaire tous les 5 ans pour en pérenniser l’organigramme actuel avec à sa tête son cousin Pierre. La mise en place, quelque peu classique, recèle toutefois en son sein le vers d’un avenir bien plus déviant et passionnant. Il suffit de jeter un œil aux cadres qui font preuve d’une belle recherche plastique sans que pour autant jamais l’histoire en pâtisse. Jamais en effet la mise en scène ne prend le pas sur la caractérisation des personnages principaux comme des seconds couteaux (une attention suffisamment rare pour être soulignée aux regards des us et coutumes du cinéma français actuel) et sur la montée en charge des enjeux dramatiques.
    Mais une fois que les deux zigotos sont lâchés sur les routes du bordelais, alors là Kounen et son directeur de la photo, Guillaume Schiffman pour ne pas le nommer, se mettent au diapason pour s’en donner quelque peu à cœur joie. Les cadres deviennent définitivement azimutés, l’étalonnage verse dans une température de couleur encore plus riche et chargée jusqu’à la validation au sein du récit des épisodes oniriques à tendance chamanique, marque de fabrique kounenienne, qui n’étaient jusque là qu’un petit gadget de monteur inspiré. Vincent Lindon et François Damiens épaississent dès lors les contours de leur personnage dans le sens inverse des aiguilles d’une montre et quant à nous, si l’on sourit, ce n’est pas tant  que c’est drôle mais bien parce que Mon cousin prend une dimension foisonnante et inattendue. Dans le sens où Kounen ne cherche plus à se cacher derrière une mise en scène clinquante. Dans le sens où Kounen filme enfin les sentiments jusqu’au bout, sans fausse pudeur, provoquant, et c’est une première dans son cinéma, des picotements de plaisir immédiat à la racine de l’épiderme.
    Mon cousin rend ainsi hommage au meilleur de la comédie française à mi-chemin entre Tandem de Leconte et La Chèvre de Veber. Où il est question de cinéma et de lâcher (un peu) prise avec un quotidien qui s’il est vu ici par le prisme d’une fiction façon feel good movie, n’en demeure pas moins proche d’une réalité propre à entrer en résonance avec les autres préoccupations de Lindon. Où comment tordre le cou sans tomber d’inanition, à cette société consumériste qui engendre chez qui s’en abreuve de trop, sauvagerie, veulerie et folie égotique. La boucle est donc pour le moins bouclée. Et bien bouclée. 3/5
  • Box office : Mon cousin est annoncé aux alentours de 12 M d’euros de budget. Jan Kounen nous a confirmé que pour que le film commence à gagner de l’argent, il lui faut dépasser les 1,2M d’entrées. En temps normal on aurait dit why not. Avec la tendance du repli sur soi actuel du fait de la crise sanitaire, dépasser le million d’entrées serait une sacré perf. Il y a ceci dit du lourd en coulisse entre Pathé, le producteur des Tuche et près de 700 copies en première semaine sans parler du couple Lindon / Damiens qui a littéralement mouillé la chemise pour promouvoir cette sortie.
  • La chronique Blu-ray : Il y aura un Blu-ray. C’est même Kounen qui nous l’a affirmé en interview (cf ci-dessous).
  • Jan Kounen nous parle de Mon cousin : Comme on pense à vos petits yeux qui en ont marre de nous lire, on vous donne la possibilité de cliquer ici pour retrouver en vidéo notre rencontre avec le réal de Gisèle Kerozène, Vibroboy et Doberman. Entretien qui peut bien entendu s’apprécier les yeux fermés.

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