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Fiche film : Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary

Le long-métrage revient sur la jeunesse de Calamity Jane (alias Martha Jane), une période dont il reste peu de traces historiques. Le sous-titre du film permet de souligner qu’il s’agit d’une invention de la première aventure constituante de la future Calamity Jane, son passage de l’enfance à l’âge adulte. Il ne s’agissait pas d’être fidèle à la réalité car Calamity Jane n’a cessé de mentir sur sa vie, mais « d’imaginer comment cet esprit libre s’est peu à peu construit, à force d’aventures et de rencontres », affirme Rémi Chayé, le réalisateur. Il décrit son héroïne comme « une personnalité ambiguë, différente, en avance sur son temps, qui a fait voler en éclat les codes masculins / féminins ».

Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary (2020)

Réalisateur(s) : Rémi Chayé
Avec les voix de : Salomé Boulven, Alexandra Lamy, Alexis Tomassian, Jochen Haegele
Durée : 1h22
Distributeur : Gebeka Films
Sortie en salles : 14 octobre 2020

Résumé : 1863, États-Unis d’Amérique. Dans un convoi qui progresse vers l’Ouest avec l’espoir d’une vie meilleure, le père de Martha Jane se blesse. C’est elle qui doit conduire le chariot familial et soigner les chevaux. L’apprentissage est rude et pourtant Martha Jane ne s’est jamais sentie aussi libre. Et comme c’est plus pratique pour faire du cheval, elle n’hésite pas à passer un pantalon. C’est l’audace de trop pour Abraham, le chef du convoi. Accusée de vol, Martha est obligée de fuir. Habillée en garçon, à la recherche des preuves de son innocence, elle découvre un monde en construction où sa personnalité unique va s’affirmer. Une aventure pleine de dangers et riche en rencontres qui, étape par étape, révélera la mythique Calamity Jane.

Articles / Liens :

  • Avis express : La dernière fois que l’on a eu affaire à Calamity Jane ailleurs que dans un bouquin ou une BD c’était lors de la diffusion de Deadwood, série devenue instantanément mythique créée par le non moins incontournable David Milch (New York Police Blues, True Detective…). Personnage non central du show, elle nous collait pourtant la rétine à chacune de ses apparitions bien aidée par les dialogues poético-orduriers qu’on lui avait attribués et Robin Weigert, son interprète que l’on croise souvent en second couteau dans les productions ricaines cathodiques. Mais avant la Calamity Jane bourrée du matin au soir à la limite de l’épave humaine, il y a eu Martha Jane, gamine d’à peine onze ans qui migre vers la Californie avec son veuf de père et sa fratrie dont elle a la responsabilité depuis la disparition de sa mère.
    C’est ce moment précis que Rémi Chayé a choisi pour nous raconter ce qui s’avère être la genèse de ce personnage devenu une des icônes de l’Ouest américain. Et à l’instar de Sacha, la jeune fille de l’aristocratie russe de Tout en haut du monde partie à la recherche de son grand-père disparu dans les mers glacées du Grand Nord, le voici à nouveau embarqué dans une aventure propre à révéler un caractère en devenir par le prisme du passage accéléré dans l’âge adulte. Pour ce faire il n’a cure d’une quelconque vraisemblance historique étant entendu que l’on sait aujourd’hui que bien des « faits d’armes » qu’elle s’est elle-même attribuée ne sont pas des plus avérés. Qu’à cela ne tienne puisque comme le disait un reporter dans L’Homme qui tua Liberty Valance de John Ford, « Quand la légende dépasse la réalité, on publie la légende ».
    D’autant plus que la graine de légende bénéficie ici d’une mise en image dans la continuité du travail à la limite de l’expérimentation visuelle initiée sur Tout en haut du monde. À commencer par cette sensation d’immersion totale des personnages au sein des décors favorisée par la disparition de leurs contours. Un style graphique qui, mal dégrossit, pouvait donner une bouillie sans relief alors qu’ici les différents aplats associés à une palette de couleurs luxuriantes rendent plutôt compte avec une saisissante justesse de la réalité du Grand Ouest sauvage. Rémi Chayé et son équipe ont de fait trouvé le parfait écrin formel pour raconter l’histoire d’une quête doublée d’une prise de conscience. Celle de la Frontière et du Nouveau monde où la jeune Martha va se libérer du carcan familial et social que la voix d’Alexandra Lamy va soutenir avec brio.
    Il est évident que le message du film fait échos aux aspirations légitimes des femmes au même traitement que les hommes. Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary n’est pas un film militant pour autant. Une ode à la prise de conscience plus certainement doublée d’une approche propre à sensibiliser la jeunesse d’aujourd’hui à ces questions via une aventure parfaitement orchestrée qui saura conquérir aussi bien les filles que les garçons. Le premier western universel en quelque sorte. 3,5/5
  • Box office : 60 051 entrées sur 250 copies après une semaine d’exploitation. Par temps de couvre feu pandémique c’est plus qu’honorable surtout si on jette un oeil à Tout en haut du monde qui avait réuni 41 340 spectateurs sur 144 copies au même temps de passage. Si la dynamique reste la même, les 512 207 entrées que le premier long d’animation de Rémi Chayé avaient enregistrées au cumul devraient être dépassées. D’autant qu’avec un budget annoncé à 7,9M d’euros (1M de plus que Tout en haut du monde), il faut être ambitieux et donc faire beaucoup mieux.
  • La chronique Blu-ray : C’était Diaphana qui avait sorti Tout en haut du monde en Blu-ray. Compte tenu, une nouvelle fois, de la beauté formelle de Calamity…, on se dit que ce serait criminel de ne pas réitérer l’expérience même si entre-temps c’est Gebeka Films qui est dorénavant aux manettes. 

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