NBA 2K16 & NBA Live 16

NBA Live 16 vs NBA 2K16 : David et Goliath s’affrontent sur le parquet

Tous les ans, deux sports assistent à des joutes virtuelles dans les bacs de jeux vidéo, serrées d’un côté et violentes de l’autre. La première tendance concerne celle du foot avec FIFA et Pro Evolution Soccer (PES pour les intimes) tandis que la seconde correspond à celle du basket avec le gargantuesque NBA 2K du studio Visual Concepts face à l’ancien cador des consoles 16 et 32 bits, NBA Live d’Electronic Arts. Depuis 2005, la vision de la NBA de Visual Concepts fait de l’ombre à celle d’EA et l’a même éclipsé de 2008 à 2012, faute de sorties de jeux dans le domaine par le studio de Redwood. Ce n’est donc qu’en novembre 2013 que la série des NBA Live tente de renaître de ses cendres sur les consoles next gen’ du moment à savoir la PS4 et la Xbox One.

NBA Live 16 : Wake-Up Call

Si NBA Live 14 n’avait pas franchement convaincu avec son intelligence artificielle aux abonnés absents, ses graphismes limites à la rue comparés à la concurrence et ses mécaniques de jeu archaïques, son successeur NBA Live 15 a bien tenté de rectifier le tir. Modélisations plus réalistes, animations plus fluides, un sympathique mode Ultimate Team mais une vision arcade du jeu de basket qui en fait résolument un jeu pour le casual player qui veut se faire deux ou trois parties comme ça pour passer le temps… Et encore chez 2K, c’est possible aussi. Les fameux signatures moves qui font le show sur les parquets de la part des joueurs les plus doués (aussi bien au sens virtuel que réel) relevaient d’une véritable dextérité de la manette pour peu que vous soyez novices en jeu vidéo sur consoles. Bref, NBA Live 15, ce n’était pas la panacée mais ça avait de la gueule comme dirait l’autre mais pas suffisamment pour inquiéter les développeurs de Visual Concepts. Quid donc de la mouture 2016 ?

NBA Live 16

Parti sur une bonne pente ascendante, les équipes d’EA continuent sur leur lancée, lentement mais sûrement. Les graphismes sont encore une fois à la hauteur de ce qui se fait sur les consoles next gen mais reste un cran en dessous d’un récent NBA 2K tout en s’en rapprochant. Ce qui est bon signe. Inspiré peut-être par l’équipe consœur œuvrant sur le dernier FIFA 16, les développeurs ont décidé cette année d’accompagner les joueurs les plus novices au genre avec des indications sur quel joueur défendre ou à qui faire la bonne passe pour percer la défense. Ironie de la chose, la défense se fait précisément briser en un rien de temps si vous savez pivoter avec votre joueur. C’est encore mieux si c’est un tank façon LeBron James, et Bam ! Vous dunkez comme un roi ou un porc (au choix) sur la tête de l’équipe adverse et ça marche quasiment à tous les coups. Vous l’aurez compris, NBA Live 16 contient encore cette approche résolument arcade où les dunks et les passes éclairs magiques sont légions et où la défense est aux abois. Ajoutez à cela une présentation ESPN du plus bel effet avec un « highlight » à la mi-temps stylé comme à la télé, ça en jette. D’ailleurs, si vous voulez revivre des événements vidéo de la saison passée, vous pouvez vous faire plaisir en guise de pause entre deux matches. Tout cela ne fait pas un jeu de basket pour autant et heureusement que le mode Carrière apporte un peu de satisfaction car il est simple d’accès et plaisant à suivre même si la validation des transferts se fait par notre joueur et non pas par une instance supérieure. Ceci étant dit, la création du joueur est assez poussée et les modélisations des shorts, maillots et baskets tiennent la dragée haute à son concurrent. Vous pouvez également donner à votre avatar votre propre visage une fois modélisé via une application à télécharger sur votre smartphone.

NBA Live 16

Si seulement cela suffisait pour en faire un jeu remarquable car il faut le dire NBA Live 16 n’est pas un mauvais jeu. C’est un jeu facile d’accès et axé arcade mais qui a des défauts trop essentiels pour qui aime le challenge et le réalisme des contacts durant un match, ce qui est l’essentiel dans un jeu de basket. Quelques effets secondaires bizarres infectent le jeu comme l’ambiance sonore qui varient d’un match à l’autre. Dit comme cela, ça parait plutôt un bon point mais ici, c’est l’inverse. Pendant un match, vous aurez ainsi droit à une musique d’ambiance et des bruitages typique d’une salle de NBA (avec la trompette militaire de la charge, etc.), puis, pendant un autre, vous aurez juste les ambiances des gradins, la balle sur le parquet est inaudible et les commentaires ont quasiment disparus. Pourquoi ? Mystère… En sus, des joueurs moins connus sont moins bien modélisés sans aucune raison. Malgré ses menus bien rythmés par une bande-son hip-hop, NBA Live 16 fait toujours pâle figure face à NBA 2K16 qui, lui, peaufine encore et toujours les détails d’une base solide comme un roc et ce n’est pas l’attitude hurlante de Russell Westbrook sur la jaquette qui y changera quelque chose. C’est bien plus que jouable et c’est déjà ça. Rendez-vous donc l’année prochaine pour qui sait, redevenir un sérieux outsider façon PES 2016.

NBA 2K16 - Davis

NBA 2K16 : They got game

Depuis son premier NBA 2K, Visual Concepts a fait du chemin et a su élever le niveau du jeu de basket à des hauteurs inégalées. Considéré dans le milieu quasiment comme ce qui se fait de mieux en matière de simulation sportive en jeu vidéo, un NBA 2K a la dure tâche de devoir se surpasser d’année en année. Même si la concurrence se relève petit à petit, Visual Concepts n’est finalement en compétition qu’avec lui-même. Encore plus de réalisme, plus de détails de jeu, de management, de carrière, de customisation, les défis sont nombreux à relever à chaque fois. Puisqu’on évoquait, quelques lignes plus haut la musique, cette année le studio californien a fait appel à trois DJ qui donnent un ton bien plus éclectique que son concurrent (qui se défend pourtant sur ce point) avec des ambiances parfois rock histoire de toucher un plus large public et non du 100 % hip-hop. Visual Concepts ne se repose pas sur ses lauriers et essaye de se renouveler pour le meilleur et presque pour le pire. Et avant d’aborder la partie carrière qui nous intéresse ici, sachez que, qu’il s’agisse de NBA Live 16 ou de NBA 2K16, les deux jeux vous somment à chaque fois que vous voulez y jouer de créer un joueur, ce qui est assez énervant lorsqu’on veut juste faire une petite partie rapide. NBA 2K16 ajoute en plus des temps de chargement intempestifs dus à toutes ses possibilités de modes et toutes les données à gérer en ligne. On pourrait bien qualifier le jeu de RPG du basket tant les options à ce niveau sont multiples et profondes. La requête d’entrée de jeu de créer son joueur de façon ultra poussée en est le reflet.

NBA 2K16 - Spike Lee

NBA 2K16 : Livin’ da bad dream

Il faut le dire, à Digital Ciné, la présence du réalisateur d’He got game attisait la curiosité, et pour les joueurs de la rédac, nous étions bien curieux de découvrir ce que les développeurs préparaient derrière tout ça. N’y allons pas par quatre chemins, c’est plutôt une déception tant sur l’aspect artistique que technique. Le début du mode Ma Carrière commence avec les acteurs en chair et en os et un Spike Lee aux commandes. Façon Avatar, les acteurs en combinaison de motion capture (MoCap) jouent une scène qu’on retrouve après en cinématique de jeu vidéo. Et là, c’est le drame. L’animation est assez laide et moins aboutie contrairement à ce que propose le jeu sur les matchs « normaux » où là, c’est un vrai festival. Les mouvements labiaux sont presque dignes des pires jeux PS3 et encore…. La mise en scène est basique bien qu’elle fasse un clin d’œil à He Got Game avec ses scènes de recruteurs d’université et des échanges musclés entre famille et entraîneurs. On se demande pourquoi être aller chercher Spike Lee pour un résultat de si peu d’intérêt. Spike Lee a donc ancré son histoire dans une famille afro-américaine de Harlem, ce que les développeurs n’ont visiblement pas pris en compte après coup puisque si vous créez votre joueur comme étant un blanc caucasien ou un asiatique, bonjour les cinématiques aberrantes. On dira que vous vous êtes fait adopté dans le quartier et que vous avez donc appris à parler comme un noir américain…Vous commencez donc votre parcours au lycée avec des ambiances adaptées à ces petites salles bien sympathiques. En huit matchs, vous accéderez enfin à la NBA mais avant cela vous subirez le jeu puisque vous ne contrôlez que votre joueur au cours de matches sur lesquels vous n’avez aucun contrôle. Les cinématiques s’enchaînent et se ressemblent sans vraiment apporter quoique ce soit au mode en question ou à la filmo de Spike Lee si ce n’est le fait que c’est une première pour lui en jeu vidéo. Une fois le lycée, l’université et la première année de draft en NBA terminés, le véritable mode Carrière commence pour de bon où vous pouvez rejoindre l’équipe qui veut bien de vous. Là, vous pourrez gérer vos contrats publicitaires, votre temps entre vos entraînements, vos sorties entre amis, vos coéquipiers et vos fans. Bien évidemment, la gestion de tout cela débouche sur des sanctions ou des bonus d’argent ou de compétences. Comme dans la vraie vie quoi.

NBA 2K16 - League Realignment

NBA 2K16 : Goodbye vie sociale

Gare à celles et ceux qui voudraient s’immiscer dans la peau d’un joueur virtuel car la progression du joueur se fait sur le long terme à raison de matches de 10 à 12 minutes minimum si vous voulez briller en NBA et briguer le titre de MVP. Mais NBA 2K16, ce n’est pas que la carrière d’un joueur à gérer, vous pouvez aussi prendre le contrôle d’une équipe complète dans le mode Mon MG (manager général). Des conférences de presse aux entraînements des joueurs en passant par la gestion de votre franchise NBA (prix des billets des matchs et du parking inclus). En fonction de votre parcours, vous serez gratifié de bonus ou de malus. Pour les habitués du foot, c’est comme si FIFA incluait Football Manager. Pour parachever l’ensemble, le mode Pro-Am est en ligne et vous permet d’organiser des matchs entre amis connectés ou avec des inconnus. Là, vous créez tout de A à Z, du logo aux maillots en passant par le parquet. C’est un puits sans fond à vocation d’éradiquer toute vie sociale à celui ou celle qui s’y plongerait corps et âme. Rare sont les jeux de sport de cette exigence et de cette qualité. Peut-être que Visual Concepts pousse la simulation un peu loin parfois avec des fautes de marcher (faut le faire en virtuel !) assez fréquentes et des lancers-francs où il faut être bien appliqué. Reste toujours les chargements à rallonge et des sauvegardes limites Alzheimer (faut le faire bis !) vous obligeant quasiment à recréer votre joueur à chaque partie sur le mode Carrière malgré la bonne sauvegarde de la progression de votre parcours.

NBA 2K16 - Schroeder

En dépit de ces griefs, NBA 2K16 est bien le haut du panier de la simulation sportive de par sa profondeur et ses détails en tout genre mais surtout pour sa qualité intrinsèque de jeu. Moins accessible qu’un NBA Live 16 qui lui revient en petite forme, le pari de Visual Concepts de bouleverser son mode Carrière avec l’aide de Spike Lee s’avère moins convaincant que prévu. Les amateurs du genre ne bouderont pas leur plaisir pour autant, vu le succès immédiat de cette mouture 2016 qui en l’espace de quatre jours s’est vendu à 4 millions d’exemplaires. Un Swish du plus bel effet à accorder une fois de plus à l’équipe de Visual Concepts.

Retrouvez notre interview du producteur du jeu Rob Jones lors de la présentation de NBA 2K16 à Paris ici.

NBA 2K16 est disponible depuis le 29 septembre 2015 sur PlayStation 4, PlayStation 3, Xbox One, Xbox 360 et PC.

NBA Live 16 est disponible depuis le 1er octobre 2015 sur PlayStation 4 et Xbox One.

NBA Live 16 testé sur Playstation 4 à partir d’une version commerciale
Testé en version : 1.03
Taille occupée sur le disque dur : 26,76Go

NBA 2K16 testé sur Playstation 4 à partir d’une version éditeur
Testé en version : 1.03
Taille occupée sur le disque dur : 51,94Go

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