Star Wars Battlefront

Star Wars Battlefront : Blast them !

Attendu tel le messie par tous les fans de la galaxie, Star Wars Battlefront a débarqué dans toutes les bonnes crèmeries un mois avant la sortie du septième opus sur grand écran, Le Réveil de la Force. L’occasion rêvée de se replonger dans la saga mythique imaginée par un certain George Lucas

Il y a bien longtemps, dans une galaxie connectée…

On ne vous fera pas l’affront de vous présenter Star Wars dont même ceux qui ne s’intéressent ni au cinéma, ni à la SF, ont forcément déjà entendu parler. « Que la Force soit avec toi » ou encore « Je suis ton père » sont deux des répliques cultes qui se sont extirpées depuis bien longtemps de leur écrin cinématographique pour rejoindre les expressions populaires. À l’heure d’internet, il suffit d’ailleurs de saisir l’une d’elles dans un moteur de recherche ou bien tout simplement « star wars » pour se retrouver face à des dizaines, voire même des centaines de millions de résultats. Comme le soulignait fort à propos Patrice Girod lors de notre rencontre, Star Wars est devenu « un truc global », passant d’une toute petite frange de fanatiques (que d’aucuns qualifient toujours aujourd’hui du terme de « geeks ») à une œuvre culturelle de (beaucoup) plus grande ampleur. Ce même Patrice Girod nous rappelait également que les produits dérivés de Star Wars virent le jour dès la « naissance » de la saga en 1977. Sans surprise, à l’aune de ce que d’aucuns considèrent comme le premier boum des consoles de salon grand public dans les années 1980 (notamment avec l’arrivée des mythiques NES de Nintendo et Master System de Sega en 1985), les jeux vidéo Star Wars n’ont pas tardé à voir le jour. Un petit tour sur la page wiki correspondante nous apprend ainsi que les toutes premières déclinaisons vidéoludiques virent le jour dès 1982, précisément entre les sorties en salles de L’Empire contre-attaque (1980) et du Retour du Jedi (1983).

Star Wars Battlefront

Trente-trois ans plus tard, Star Wars Battlefront version 2015 (à ne pas confondre avec les opus homonymes sortis il y a dix ans) s’inscrit lui aussi précisément dans le sillage de la trilogie originelle en proposant aux joueurs de revivre rien moins que les grandes batailles de celle-ci opposant les forces de l’Alliance rebelle aux stormtroopers de l’Empire. Mais avant d’en arriver là, il faudra bien sûr en passer par le désormais incontournable patch day one suivi d’une installation au premier lancement de Star Wars battlefront. Soit une petite vingtaine de minutes durant lesquelles, histoire de patienter, vous aurez tout loisir de côtoyer le côté Obscur de la Force en incarnant Dark Vador, entouré d’un certain nombre de sous-fifres, en vue de décimer les forces rebelles dans leur base sur la planète Hoth. Rien de bien compliqué au cours de ce mini-jeu qui vous permettra de vous familiariser avec les (immenses) pouvoirs du Dark Lord puisque ce dernier est tout simplement invulnérable, se riant des mécréants qui tentent vainement de l’occire avec leurs tirs de blasters n’ayant guère plus d’effets que des piqûres de moustiques. Une invulnérabilité qui ne sera toutefois plus de mise dans les différents modes de jeu que propose Star Wars Battlefront mais un amuse-bouche qui laisse déjà apparaître tout le brio artistique de l’entreprise.

Star Wars Battlefront

Confié aux bons soins de DICE, connu principalement depuis plus de dix ans déjà pour la saga Battlefield, le studio a, sans surprise, utilisé une nouvelle fois son moteur de jeu maison dénommé Frostbite. Dire que le résultat est assez bluffant serait un doux euphémisme tant la transposition vous donne instantanément la sensation d’être plongé au cœur de la trilogie originelle. Aussi bien sur le plan sonore (blasters, X-Wing et autres T-Fighter ou encore speeders bike, un pan du jeu sur lequel est intervenu le studio Criterion Games), musical (les partitions signées John Williams) que visuel, Star Wars Battlefront fait montre d’un indéniable brio artistique et donne vraiment l’impression d’atterrir sur les planètes Tatooine (vu dans La Guerre des étoiles et Le Retour du Jedi), Hoth (vu au début de L’Empire contre-attaque), Endor (vu à la fin du Retour du Jedi) ou encore Sullust (planète apparue dans la série animée The Clone Wars). Et inutile pour cela d’être l’heureux possesseur d’un PC de Guerre à 3 000 brouzouf puisque le jeu est d’une qualité remarquable sur console next gen (nous l’avons testé sur PlayStation 4) que vous évoluiez à pied, à bord d’un chasseur ou bien sur un speeder bike. Non content de réussir une telle immersion, Star Wars Battlefront vous propose également de revivre les batailles épiques des épisodes V et VI sur la planète de glace et la lune forestière. Mais avant d’en arriver là, il ne sera pas forcément inutile de faire un petit tour du côté du didacticiel pour apprendre les rudiments ; soit un apprentissage dans la peau d’un rebelle à la surface de Hoth consistant à détruire différents droïdes sonde de l’Empire. Votre (très brève) formation étant désormais achevée, vous pourrez alors, au choix vous lancer dans les missions (solos ou bien à plusieurs, en local ou en ligne) ou bien les différents modes multi-joueurs.

Star Wars Battlefront

Soit la véritable raison d’être de ce Star Wars Battlefront car si les missions vous permettront de vous exercer d’avantage, leur intérêt, outre la possibilité d’atteindre les différents objectifs disponibles (finir dans un temps donné, avec un certain pourcentage de vie restant, etc.), se révélera assez vite limité. Rien de bien surprenant à cela puisque la véritable valeur ajoutée de cette nouvelle mouture vidéoludique « star warsienne » réside dans son mode en ligne. Autant dire que, en l’absence d’une connexion internet en bonne et due forme, tout l’intérêt de Star Wars Battlefront s’en trouvera considérablement amoindrit. Les modes de jeux proposés seront bien connus des amateurs de FPS en ligne depuis le fameux team death match (Escarmouche) jusqu’à la capture de drapeau (Zone de largage) tandis que d’autres vous permettent d’incarner l’un des « héros » de la saga : Luke Skywalker, la Princesse Leia ou Han Solo côté rebelle, Dark Vador, l’Empereur Palpatine ou Boba Fett du côté de l’Empire. Si ces incarnations sont directement liées aux règles établies dans le cas du mode intitulé Traque du héros (ex : 7 impériaux vs un héros rebelle ou bien 7 rebelles vs un héros de l’Empire), celui qui parvient à tuer le héros le devenant à son tour, le chasseur devenant chassé et ainsi de suite jusqu’à la fin du temps écoulé, la règle semble déjà beaucoup plus aléatoire dans le cas du mode Bataille des héros où le principe consiste alors à vaincre les personnages adverses tout en protégeant ses propres héros, le tout en cinq manches gagnantes. Un aléa que l’on retrouve également au niveau des parties auxquelles le joueur est amené à prendre part puisque le jeu se chargera tout seul de trouver celles-ci. Et si l’algorithme dévolu à cette tache se révèle plutôt efficace (même avec une connexion internet pas bien puissante, il ne faudra généralement pas plus d’une dizaine de secondes) et a bien entendu le bon goût de réunir des joueurs de rangs peu ou proue identiques, aucune option n’est en revanche disponible pour choisir le serveur et/ou la partie à laquelle prendre part autre que la possibilité d’inviter ses amis à se joindre à la fête.

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Outre le fait de se retrouver ainsi plongé au cœur de la bataille avec de parfaits inconnus, un quelconque moyen de communication n’aurait pas été de refus non plus afin de coordonner un tant soit peu les actions de son équipe. En l’état, seul un petit radar dans le coin inférieur droit signale en rouge les ennemis à abattre. Un peu maigrichon. Un choix qui s’explique sans doute par l’inclinaison foncièrement « dynamique » du gameplay. Que ceux qui espèrent se trouver un petit coin bien pénard en vue de sniper tout ce qui apparaitra dans leur viseur passent leur chemin, le level design des différentes maps proposées ne laisse quasiment aucune possibilité « passive » de ce genre, obligeant le joueur à être perpétuellement en mouvement. Autant dire que si les termes « dextérité, réflexe et précision » ne font pas partie de votre vocabulaire, et que, manette en main face à un FPS, vous avez plutôt le sentiment de revivre le final de La Grande Vadrouille, vous pourrez également passer votre chemin. Star Wars Battlefront n’est pas fait pour vous. À moins de persévérer un tant soit peu, d’essayer les différents modes de jeux et les différentes maps disponibles en vue d’acquérir argent (virtuel) et expérience afin d’accroitre ainsi son équipement, son rang et ses chances de survie tout en apprenant à connaître les différentes subtilités de chaque niveau. Car de toute évidence, les concepteurs s’en sont donnés à cœur joie dans les chemins de traverse, passages souterrains et autres alternatives verticales (crapahuter sur les plateformes des Ewoks en haut des arbres) qu’il sera souvent de bon goût de chercher / emprunter plutôt que de foncer dans le tas comme un gros bœuf ! Même si de tels chemins vont conduiront parfois à vous retrouver nez à nez avec une escouade adverse façon Han Solo à bord de l’Étoile Noire.

Star Wars Battlefront

Star Wars Battlefront : À suivre…

De l’Étoile Noire parlons-en justement pour aborder le côté Obscur du jeu. Si l’on appréciera la possibilité de choisir à la volée entre VF et VOSTF (cette dernière ayant comme souvent notre préférence, n’en déplaise à Georges Claisse qui double à nouveau en français l’Empereur Palpatine comme dans la pré-logie cinématographique), les deux plus gros reproches imputables à Star Wars Battlefront concernent l’absence de campagne solo et un nombre finalement assez limité de maps. Soit deux critiques que le responsable marketing d’Electronic Arts, Jérôme Austin, tentait de défendre lors de notre entretien. Le premier (l’absence de campagne solo) par le fait que « la proposition du studio était au contraire un bac à sable pour laisser les joueurs s’approprier l’univers Star Wars, pour revivre à leur manière l’histoire et les grandes batailles de leurs rêves […] pour in fine offrir un Star Wars librement jouable ». Quant au second (le nombre limité de maps), la réponse de l’éditeur est d’ores et déjà toute trouvée avec le fameux season pass (et un passage en caisse chiffré 50€, presque autant que le jeu) ; même si EA / DICE ont déjà fait savoir que des DLC gratuits seront proposés à intervalles réguliers. À l’image de celui de la Bataille de Jakku qui sortira le 8 décembre prochain, quelques jours seulement avant l’arrivée sur grand écran du Réveil de la Force, et qui officiera en quelque sorte comme une préquelle au long-métrage réalisé par J.J. Abrams puisqu’il y sera question d’un conflit se déroulant 29 ans avant les évènements de l’Épisode VII (tout le monde suit ?).

Star Wars Battlefront

À n’en pas douter, le triumvirat Disney / Lucasfilms / Electronic Arts a de la suite dans les idées. En atteste ce contrat de dix ans signé entre la firme de George Lucas (désormais sous l’égide du studio aux grandes oreilles) et le géant du jeu vidéo en vue d’exploiter la licence Star Wars. Toute la question étant désormais de savoir si cette alliance donnera naissance à un nouveau Star Wars Battlefront suffixé par une valeur incrémentale annuelle ou bien à des propositions vidéoludiques autres que du FPS (avec cette fois-ci pourquoi pas un mode campagne). Pour l’heure, celle du studio DICE remplit parfaitement son office, à savoir raviver la flamme du fanboy (vieillissant) de Star Wars qui sommeillait en nous. À condition toutefois de ne pas se débrouiller comme un manche en matière de FPS, de disposer d’une (bonne) connexion internet et d’être prêt à dégainer sa CB si d’aventure vous souhaitez explorer les autres horizons qui seront prochainement disponibles via des DLC.

Star Wars Battlefront est disponible depuis le 19 novembre 2015 sur PlayStation 4, Xbox One et PC.

Testé sur PlayStation 4 à partir d’une version commerciale.
Testé en version : 1.03
Taille occupée sur le disque dur : 20,95Go

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