Just cause 3

Just cause 3 : Last action hero

Au milieu de l’avalanche des sorties de fin d’année à grand renfort d’exosquelettes et autres blasters, Just cause 3 fait parler la poudre avec des armes plus « conventionnelles » mais tout aussi efficaces.

Just cause : Mon nom est Rico

Pour tous ceux qui prendraient le train en marche, Just cause vit le jour en 2006 (sur PlayStation 2, Xbox et PC) sous la houlette du studio suédois Avalanche Studios fondé trois ans plus tôt. Le joueur y incarne un agent de la CIA dénommé Rico Rodriguez dont la mission consiste à faire tomber le baron d’un cartel sud américain, tout ceci sur fond de guerre civile. Rien que du très classique côté pitch. Le scénar est d’ailleurs le cadet des soucis des créateurs de Just Cause qui préfèrent s’engouffrer dans la brèche « bad ass » d’un GTA like et fournir au joueur une gigantesque aire de jeu à explorer (presque) librement en vue de tout faire péter à sa guise. En dépit d’un résultat en demi-teinte, la faute à un gameplay quelque peu répétitif et une technique (très) perfectible, Just cause parvient à se faire un nom dans le paysage vidéoludique, a fortiori celui des open world et en l’absence de concurrence directe. Bête comme chou à l’écran, la série est en effet loin de l’être en coulisses, intercalant ses sorties entre celles du blockbuster de Rockstar : GTA San Andreas, GTA IV et GTA V étant sortis respectivement en 2004, 2008 et 2013.

Just cause 3

En 2010, Just cause 2 consolidera ces bases déjà bien établies avec un opus qui nous entraîne cette fois dans un archipel asiatique sur PlayStation 3, Xbox 360 et PC. Le scénar ? Est-il besoin de préciser à nouveau qu’on s’en balance comme de sa première chemise et que le plaisir de jeu émane une fois encore de la possibilité aussi régressive que jouissive de faire péter la quasi totalité de ce qui nous entoure. Tout comme le premier opus, il y a certes des variantes dans les missions à accomplir et un semblant de fil rouge narratif où notre Rico de service croise la route de différents acolytes / antagonistes mais aucun obstacle insurmontable dont un bon petit coup de lance-roquettes, une petite escapade en parachute ou encore une petite saillie bien sentie ne saurait venir à bout. Car c’est bien là la sainte trinité qui fait tout le sel et la réussite de la série Just cause : s’envoyer en l’air, tout exploser et un certain sens de la répartie.

Just cause 3

Avec sa dégaine à la Desperado (on pense ici au film de Robert Rodriguez, second opus de la trilogie Mariachi), Rico Rodriguez (à croire que le nom a été choisi comme un clin d’œil au réalisateur d’origine mexicaine), perfecto et barbe fournie, en jette niveau look. Ajoutez-y un arsenal plutôt bien garni côté sulfateuses mais aussi en moyens de locomotion (sur terre, sur mer et dans les airs) et vous obtenez un cocktail pour le moins explosif. Mais la véritable valeur ajoutée de Just cause réside indubitablement dans son tandem grappin / parachute. Un duo imparable qui permet à Rico de se mouvoir en tout sens. Moyennant un tant soit peu de pratique avant d’être pleinement à même d’enchaîner traction au grappin / déploiement du parachute, ces deux-là deviendront rapidement les meilleurs alliés de notre action hero. Et qu’importe là encore l’irréalisme des lois les plus élémentaires de la physique à vous en faire se retourner Isaac Newton dans sa tombe, le parachute se déployant / refermant sans que l’on cherche vraiment à comprendre le pourquoi du comment et vous permet même d’atteindre les altitudes les plus folles (un courant d’air chaud magique « à la demande du client » ?), l’intérêt principal du gameplay et in extenso de Just cause est là et bien là : s’éclater comme un petit fou.

Just cause 3

Just cause 3 : Rico comes home

En 2015 débarque donc Just cause 3 sur consoles next gen (PlayStation 4 et Xbox One) et PC. À l’instar d’une saga dont le titre ne s’embarrasse aucunement du moindre sous-titre, se contentant d’un suffixe chiffré incrémenté à chaque nouvel opus, Just cause troisième du nom reprend donc une formule éprouvée, agrémentée de certains ajouts, histoire de poursuivre plus avant dans le portnawak pyrotechnique. Au mythique duo grappin / parachute s’ajoute à présent un wingsuit histoire d’apporter davantage de peps aux multiples envolées de Rico tandis que le grappin permet désormais d’attacher différents éléments du décor entre eux. Corollaire de la doctrine de la saga « au diable les incohérences », cette nouvelle possibilité permet littéralement d’attacher tout et n’importe quoi en vue de les envoyer valdinguer avant de mieux retomber dans une gigantesque explosion qui, selon la taille des objets en question, soufflera tout sur son passage dans un rayon plus ou moins important (attention à ne pas vous trouver trop près au moment de déclencher le mécanisme). Une petite envie d’accrocher un hélico à une gigantesque statue ou bien un silo tout aussi imposant à un mirador situé à proximité, pas de problème, à votre bon cœur messieurs dames.

Just cause 3

Just cause 3 repousse donc encore un peu plus loin le curseur de l’action irréaliste mais néanmoins totalement décomplexée car pleinement assumée. Rico Rodriguez alter ego vidéoludique du Jack Slater incarné par Schwarzy dans Last action hero ? Difficile au regard du leitmotiv de la franchise Just cause de ne pas faire le rapprochement. Un bon point pour le titre d’Avalanche Studios qui, pour le coup, donne furieusement envie de revoir l’excellent long-métrage de John McTiernan, injustement mésestimé et cuisant échec commercial à sa sortie au cours de l’été 1993 (face au mastodonte Jurassic Park du sieur Spielberg, forcément…). À défaut de nous interpeller sur les (nombreuses) incohérences qui pullulent dans l’univers des jeux vidéo comme Last action hero su si bien le parodier en matière de cinéma d’action, Just cause aura à tout le moins su offrir une alternative vidéoludique aussi régressive que jouissive, améliorant sa proposition de gameplay à chaque nouvel opus à grand renfort de corrections et autres ajouts divers et variés.

Just cause 3

Quitte à ce que cette même action devienne un tantinet répétitive au fil des différentes missions proposées par une histoire qui aura à tout le moins le mérite de dépayser grâce à un level design aussi soigné que diversifié et en dépit de quelques chutes de framerate plus ou moins prononcées par endroits et qui, on le devine bien volontiers, seront corrigées bon an mal an au gré des différents patchs (3Go pour le patch day one, une paille quoi !). Et l’histoire précisément, qu’en est-il dans ce Just cause 3 ? Est-il encore nécessaire, à ce stade de l’article, de préciser qu’on s’en fout comme de l’an quarante ? Rico, rangé de la CIA mais pas des voitures, est de retour dans son bled natal et pas franchement jouasse de découvrir qu’un dictateur local à la mainmise sur toute la région. On en connaît qui vont faire la connaissance de Rico fissa. Aux quatre coins de Medici qu’on va les retrouver, éparpillés par petits bouts, façon puzzle.

Just cause 3

À l’image d’Audiard ou encore de Shane Black, scénariste / dialoguiste de Last action hero à qui l’on doit également les excellents Arme fatale 1 et 2, Le Dernier samaritain ou encore Au revoir à jamais, le sens de la répartie n’est pas la moindre des qualités chez Rico qui dégaine des petites phrases bien senties presque aussi vite que son lance-roquettes. « Agir en douceur » annonce-t-il ainsi ironiquement dans l’un des trailers annonçant la sortie du jeu (cf. en fin d’article). On s’en délecte par avance. Oui mais à condition d’opter pour la VO car, et c’est bien là le seul vrai gros reproche imputable à Just cause 3, la VF est loin d’être une réussite et ne rend pas pleinement justice au second degré parfaitement en phase avec l’esprit de la saga. Hélas, comme c’est bien (trop) souvent le cas, aucune option in-game ne permet de changer la langue à la volée et il faudra donc une fois encore en passer par les paramètres de la console elle-même pour se délecter des nombreuses saillies Yankee de Rico. À vous alors les joies du défouloir décomplexé, cerveau au vestiaire. Comme une large majorité de AAA sortis fin 2015 nous diront certains, à la différence près que Just cause 3, tout comme ses prédécesseurs, ne se prend jamais au sérieux. Rico, quand on le fait chier, il ne correctionne plus : il dynamite, il disperse, il ventile. On ne lui demande rien de plus depuis bientôt dix ans. Et il le fait (très) bien !

Just Cause 3 est disponible depuis le 1er décembre 2015 sur PlayStation 4, Xbox One et PC.

Testé sur PlayStation 4 à partir d’une version éditeur
Testé en version : 1.02
Taille occupée sur le disque dur : 41,21Go

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