Sherlock Holmes : The Devil's Daughter

Sherlock Holmes : The Devil’s Daughter – Élémentaire mon cher Watson !

Au cours de la Paris Games Week en octobre dernier, nous avions pu assister à une petite preview de Sherlock Holmes : The Devil’s Daughter pour découvrir les nouveautés que le titre avait à nous proposer par rapport à son prédécesseur paru l’année précédente. Le jeu final sorti début juin est-il à la hauteur de ce premier aperçu sept mois plus tôt ?

Sherlock Holmes : Du papier au pixel

Au milieu de la déferlante de plombs, de lasers et d’hémoglobine, qu’il est bon, de temps à autre, de se retrouver face à un jeu qui va vous demander non plus tant d’appuyer frénétiquement sur toutes les touches du joypad en vue de s’extirper d’une action explosive mais de mettre en branle vos cellules grises ; un jeu tel que Sherlock Holmes : The Devil’s Daughter. Est-il réellement nécessaire de présenter Sherlock Holmes ? Imaginé par le romancier Sir Arthur Conan Doyle, Sherlock Holmes fait son apparition à la fin du 19ème siècle et est devenu depuis l’un des personnages de fiction les plus populaires qui soient aux quatre coins du globe. Depuis, le personnage s’est émancipé pour traverser les âges et les supports : théâtre, radio, séries télé ou encore dessins animés avec notamment la version signée Hayao Miyazaki que les plus anciens ont sans doute découvert à l’époque sur Récré A2 (la vache, ça nous rajeunit pas tout ça !), sans oublier bien sûr le grand écran où les adaptations sont légions ; les dernières en date, loin d’être les meilleurs qui soient mais pas déplaisantes à suivre pour autant, étant à mettre au crédit de Guy Ritchie avec Robert – Iron Man – Downey Jr. dans le rôle-titre.

Sherlock Holmes : The Devil's Daughter

Les adaptations vidéoludiques ne datent pas d’hier non plus mais c’est plus précisément depuis 2002 et la reprise de la licence par Frogwares que Sherlock Holmes se distingue tout particulièrement avec un rythme de parution quasi-métronomique. Jugez plutôt : The Devil’s Daughter qui sort cette année est déjà la 8ème aventure du célèbre détective sous la houlette du studio ukrainien. Avec un rythme de sortie aussi soutenu (un nouveau jeu tous les deux ans en moyenne), Sherlock Holmes sous sa forme pixélisée a-t-il encore les moyens de nous surprendre ou de continuer à nous enthousiasmer ? Ou alors une certaine léthargie ne commencerait-elle pas à poindre au bout du joypad ? Le changement d’éditeur (Bigben Interactive en lieu et place de Focus Home Interactive qui distribuait les titres depuis 2006) a-t-il eu des répercussions ?

Sherlock Holmes : The Devil's Daughter

The Devil’s Daughter : (Trop) élémentaire ?

Les premières scènes de The Devil’s Daughter nous placent en terrain connu, à tout le moins pour tous ceux ayant déjà tâté à minima l’excellent opus précédent sorti en 2014, Crimes et châtiments (en référence au roman de Dostoïevski que lit Watson dans le jeu). Un gamin de la classe ouvrière débarque en pleurs dans la célèbre demeure londonienne du 221B Baker Street pour demander à Holmes de retrouver son papounet qui a mystérieusement disparu sans laisser de traces. Un premier coup d’œil attentif en direction du titi permettra déjà à notre détective au flair aussi affûté que son intellect d’en déduire un premier portrait : yeux rougis, veste raccommodée, etc. Une petite séance de questions / réponses plus tard et voilà notre Holmes lancé dans une nouvelle enquête dont les ramifications vont bien vite se révéler (comme toujours) autrement plus complexes que les impressions premières ne le laissaient présupposer.

Sherlock Holmes : The Devil's Daughter

Sans surprise, The Devil’s Daughter reprend donc les fondamentaux du gameplay de la série à base de mini-jeux d’observations (bien aidé par les talents de « vision » et « d’imagination » de Holmes qui sont à nouveau de la partie) et de sessions de questions / réponses, le tout étant automatiquement ajouté au sein de votre « carnet », vous permettant ainsi de retrouver à tout moment l’ensemble des indices collectés jusque-là. Tout aussi connu sont les phases de « fil de déduction » où, sitôt un nouvel élément-clé de l’enquête obtenu, Holmes peut alors tenter de les connecter entre eux en vue de résoudre le mystère. À ces fondations immuables viennent toutefois s’ajouter quelques nouveautés : jeux d’adresse, filatures et autres combats à base de bullet-time sont désormais de la partie mais pourront, pour la plupart, être « passés » pour ceux n’ayant que faire de ces amusettes destinées à se dégourdir les pouces et dynamiser un gameplay que les acharnés de la gâchette trouveraient par trop pantouflard. On retrouve ainsi dans The Devil’s Daughter quelques accointances avec les longs-métrages de Guy Ritchie précités qui entendaient eux-aussi, à leur manière, dépoussiérer un mythe pas forcément en phase avec le nouveau millénaire où tout doit nécessairement filer à 200 à l’heure.

Sherlock Holmes : The Devil's Daughter

Cette cure de jouvence s’observe jusque dans les traits du personnage-titre qui revêt un faciès et une morphologie rajeunis en comparaison de son prédécesseur tandis que ses penchants pour diverses substances pas forcément très licites sont clairement évoqués dès l’introduction. Plus jeune et punchy mais aussi plus torturé avec l’entrée en scène d’une fille adoptive « héritée » d’un passé pas forcément si lointain de Holmes, il apparaît assez évident que The Devil’s Daughter cherche à séduire un public de joueurs plus large. Une réorientation pas forcément déplaisante de prime abord si elle ne s’accompagnait d’une « prise par la main » dudit joueur à qui l’on mâche un peu trop le travail avec à moult reprises des indications du genre « Tu devrais te rendre à tel endroit pour interroger untel à présent » là où Crimes et châtiments laissaient précisément toute latitude de déduire par soi-même où poursuivre l’enquête. Autre élément dommageable : là où Crimes et châtiments imposait la VO (aucune VF n’était incluse), The Devil’s Daughter impose quant à lui une VF loin d’égaler la VO. Pour accéder à cette dernière, il n’existe aucune option in-game et il faudra par conséquent une nouvelle fois basculer les options générales de la console ; auquel cas, il sera impossible de jouer en VOSTF mais uniquement avec des sous-titres anglais (optionnels). Les puristes de l’accent british en seront donc pour leur frais.

Sherlock Holmes : The Devil's Daughter

Soit autant de petits changements, ajouts et autres ajustements qui aboutissent à un 8ème opus de Sherlock Holmes signé Frogwares un ton en deçà de son prédécesseur, Crimes et châtiments. Pour autant, le flegme britannique du célèbre détective demeure globalement intact et les vieux routards tout comme les nouveaux venus apprécieront sans l’ombre d’un doute les mystères à résoudre proposés par The Devil’s Daughter. En attendant le prochain opus en 2018.

Sherlock Holmes : The Devil’s Daughter est disponible sur PlayStation 4, Xbox One et PC depuis le 10 juin 2016.

Testé sur PlayStation 4 à partir d’une version éditeur
Testé en version : 1.00
Taille occupée sur le disque dur : 15,46Go

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