Battleborn & Overwatch

Battleborn & Overwatch : MOBA cartoonesques

En mai dernier, à trois semaines d’intervalle, sortaient deux FPS multijoueur en ligne, Battleborn et Overwatch. Et si, sur le papier et à l’écran, les deux titres présentaient de prime abord plusieurs similitudes, après quelques heures de jeu de part et d’autre, certaines disparités pointent le bout de leur pistolet-laser.

En matière de FPS et à fortiori de FPS multijoueur et plus spécifiquement de FPS MOBA, pour Multiplayer Online Battle Arena, soit en français arène de bataille en ligne multijoueur, il y a globalement deux écoles : ceux qui ne prennent pas trop de risques et s’inscrivent dans un univers et/ou une licence déjà bien établi (ex : Star Wars Battlefront sorti fin 2015) et ceux qui tentent la nouveauté. Mais derrière leurs apparats graphiques, Battleborn et Overwatch ont-ils de nouvelles choses véritablement novatrices à nous offrir ?

Battleborn & Overwatch : MOBA pour tous

Commençons donc par le premier titre commercialisé, Battleborn, sorti début mai et qui est l’œuvre de Gearbox Software dont leur dernier haut fait d’armes est la saga Borderlands. L’entrée en matière dans Battleborn ne dépareille pas de la licence-phare du studio avec une cinématique plutôt bien torchée tant sur le plan visuel que dans l’esprit cool attitude non dénué de petites pointes humoristiques. S’ensuit alors une première mission solo (obligatoire faute de pouvoir accéder aux autres options du menu principal) qui servira à la fois de tutoriel pour appréhender les bases du maniement tout en posant le décorum d’ensemble : celui d’un grand méchant intergalactique qu’il va falloir vaincre (rien de bien original de ce point de vue là). Le ton est donc donné avec un design résolument coloré et pas mal de petites blagues qui fusent même si l’ensemble arbore aussi un esprit davantage « bon enfant » et résolument moins adulte que Borderlands. On apprend ainsi à récolter différents objets et autres points d’expérience au fil des adversaires défaits et des objets détruits au sein du décor, permettant in extenso d’upgrader ses armes et autres compétences (selon un arbre de progression à double-entrée). Une première mission solo pas déplaisante donc mais en mode « pilote automatique » (comme le reste de la campagne) à l’issue de laquelle il sera alors possible d’accéder à l’ensemble des options de jeu que Battleborn a à nous offrir et qui globalement se scinde en deux grandes catégories : poursuivre la compagne solo ou bien s’affronter à plusieurs en ligne.

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Sorti fin mai, trois semaines après Battleborn, l’entrée en matière dans Overwatch est radicalement différente. Et pour cause, de campagne solo il n’y a point. Mais pas de panique pour autant, après une rapide scène d’intro en compagnie de Winston, le gorille du lot avec ses petites lunettes de prof, un tutoriel en plusieurs étapes est mis à disposition du joueur afin là encore d’appréhender toutes les possibilités et toutes les touches de la manette. Pour parachever ce petit apprentissage, il sera alors possible de s’adonner aux joies du multijoueur en ligne contre l’IA. Ceux qui n’auraient que faire de ces formations pourront toujours opter directement pour le PvP tandis que pour ceux qui seraient frustrés de ne pas trouver davantage de cinématiques, Blizzard a prévu le coup et posté en ligne une série de courts-métrages animés. Les préliminaires terminés, c’est à partir de ce moment-là que l’on commence à prendre la pleine mesure de cet Overwatch, nouveau titre du studio Blizzard Entertainment, mondialement connu depuis plus de deux décennies maintenant pour sa mythique licence Warcraft.

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Une saga qui a donné lieu cette année à un long-métrage, Warcraft : Le commencement, réalisé par un certain Duncan Jones à qui l’on devait précédemment les excellents Moon (2009) et Source Code (2011). Cette énième tentative d’adaptation d’un grand nom du jeu vidéo au cinéma s’en sera toutefois beaucoup mieux tiré que ses prédécesseurs, à tout le moins au box-office international avec quelques $433M de recettes tandis que le film a fait un bon gros flop aux États-Unis avec seulement $47M de recettes pour un budget confortable de $160M. L’exploitation hexagonale s’en est elle aussi plutôt bien sortie avec 1,7 millions d’entrées. À la rédac de Digital Ciné, personne n’a daigné bouger ses fesses pour aller découvrir la chose en salles compte-tenu de retours ni fait ni à faire. En revanche, la perspective de découvrir la nouvelle licence vidéoludique de Blizzard qui débarquait, hasard ou coïncidence du calendrier, pile-poil la même semaine dans les bacs que la sortie de ce Warcraft : Le commencement dans les salles obscures hexagonales, piquait déjà bien davantage notre curiosité. Et si l’approche graphique dans un style très cartoonesque et coloré pouvait, de prime abord, laisser croire que Battleborn et Overwatch boxent dans la même catégorie, après plusieurs parties, force est de constater que cette assertion initiale vole en éclat.

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Battleborn & Overwatch : Du neuf avec du vieux

En se baladant au sein des menus, tout semble pour le moins au rendez-vous avec une kyrielle de personnages de part et d’autres (qu’il conviendra toutefois de débloquer au fil des missions du côté de Battleborn), customisables (moyennant finance du côté d’Overwatch) et bardés de tout un tas de statistiques, sans oublier bien entendu l’immanquable sort ultime de chacun. Rien que de très connus également en ce qui concerne les différents modes de jeu proposés sinon des variations de la capture d’objectifs et autres zones à défendre. Mais dans les faits, une fois le fusil-laser en main, ce n’est plus tout à fait le même son de cloche. Outre la supériorité technique du titre de Blizzard (Battleborn est victime de chutes de framerate plus ou moins perceptibles), après plusieurs heures de part et d’autre, on a finalement assez vite fait le tour du champ de bataille du jeu de Gearbox avec le sentiment de se retrouver, aussi bien en mode solo qu’en multi, dans un long couloir globalement divertissant mais sans réel plus-value. À l’opposé, et même si les débuts pourront paraître quelque peu déroutants, à tout le moins pour ceux qui ne sont pas biberonnés au MOBA depuis leur plus jeune âge, c’est précisément une fois franchi ces premières heures qu’Overwatch commence à faire valoir ses arguments véritables.

OverwatchOverwatch

En caricaturant à l’extrême, on pourrait alors dire que Battleborn verse davantage dans le MOBA casual gaming là où Overwatch prend de plus en plus d’ampleur au fil des parties, à mesure que le joueur prend la pleine mesure des forces et faiblesses de chacun des personnages et, surtout, de leurs complémentarités sur le terrain. Il y avait pourtant bien quelques indices en ce sens dès la phase de sélection dans le menu qui nous indique si notre team est trop versée dans l’offensif, le défensif, etc. mais c’est véritablement dans le feu de l’action que ces différences se font pleinement ressentir. Et bien que possibilité soit offerte pour les différents participants de choisir le même personnage, face à une équipe un tant soit peu expérimentée, il n’est pas certain qu’un tel choix s’avère judicieux et encore moins gagnant.

Deux jeux pour deux publics différents serait-on alors tentés de dire avec d’un côté les joueurs qui viennent là pour un plaisir instantané mais éphémère (Battleborn) et de l’autre ceux qui, sitôt englouti les amuse-gueules des premiers matchs, chercheront à creuser plus avant les véritables possibilités des affrontements en équipe (Overwatch). Dans un cas comme dans l’autre, le même reproche souvent inhérent au genre et déjà imputable à un certain Star Wars Battlefront au moment de son lancement fin 2015, sera celui du nombre limité de maps dont les plus acharnés auront tôt fait de connaître les moindres recoins. Une limitation à laquelle les studios respectifs remédieront bien volontiers au fil du temps avec l’adjonction d’une foultitude de DLC qui, à n’en pas douter, permettront d’assurer de (très) longues heures d’affrontements au cours des nombreuses années à venir…

Battleborn - Packshot PS4Battleborn est disponible sur PlayStation 4, Xbox One et PC depuis le 3 mai 2016.

Testé sur PlayStation 4 à partir d’une version éditeur
Testé en version : 1.04
Taille occupée sur le disque dur : 21,29Go

 

Overwatch - Packshot PS4Overwatch est disponible sur PlayStation 4, Xbox One et PC depuis le 24 mai 2016.

Testé sur PlayStation 4 à partir d’une version éditeur
Testé en version : 1.06
Taille occupée sur le disque dur : 15,44Go

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