Far Cry Primal & The Division

Far Cry Primal & The Division : Le feu sur la glace

Alors qu’une large majorité de AAA débarquent en fin d’année au cours de la période septembre – décembre, Ubisoft avait décidé de changer son fusil d’épaule l’an passé en positionnant la sortie de deux gros titres au cours du premier trimestre 2016 : Far Cry Primal et The Division. Un choix qui se sera avéré payant tant pour les joueurs que pour l’éditeur.

Far Cry Primal & The Division : De la préhistoire au post-apocalyptique

D’un côté, on trouve donc le nouvel opus de la saga Far Cry. Un an et demi après le 4ème volet, la licence opère un retour en arrière pour le moins radical puisqu’en lieu et place du 21ème siècle, l’action de Far Cry Primal prend place 10.000 ans avant ce bon vieux J.C. Autant dire à l’âge de pierre et plus spécifiquement à l’ère que les historiens appellent mésolithique. La parenthèse culture étant refermée, place à l’action : le joueur y incarne un dénommé Takkar qui, au cours d’un prologue en forme de chasse au mammouth qui tourne mal, se retrouve isolé de sa tribu dite des Wenja. Livré à lui-même, notre héros en peau de bête va désormais devoir affronter une faune et une flore pour le moins hostile ainsi que les autres tribus au sein d’une contrée baptisée Oros. De l’autre, on trouve une toute nouvelle IP (Intellectual Property) visant à lancer une licence flambant neuve sous pavillon Tom Clancy, quelques mois après Rainbow Six Siege, et baptisée The Division. Le joueur y incarne un agent de cette unité tactique classée secret défense dans un New-York contemporain hivernal placé en quarantaine suite à une pandémie propagée via des billets de banque le jour du célèbre Black Friday comme nous l’apprend la brève cinématique d’intro. Désormais livré à la merci de différents gangs de « pillards / meurtriers / complétez avec les pires racailles de la société », votre mission consistera à remettre de l’ordre dans tout cela.

Far Cry PrimalFar Cry Primal

Un FPS préhistorique d’un côté, un TPS / RPG / MMO post-apocalyptique de l’autre. Ou quand La Guerre du feu (1981) de Jean-Jacques Annaud côtoie le New York 1997 (1981) de John Carpenter. Deux films mythiques sortis la même année pour deux jeux sortis quant à eux à quinze jours d’intervalles en février / mars dernier. La comparaison, tant des deux films que des deux jeux, pourra sembler quelque peu saugrenue de prime abord mais sur le fond, dans les deux cas, ils n’en partent pas moins du même postulat de départ : celui de la (re)conquête d’un territoire et de la fameuse maxime selon laquelle « l’homme est un loup pour l’homme », et ce depuis l’aube de l’humanité. En mars dernier, le maître de l’horreur, connu pour ses penchants gamers, tweetait d’ailleurs son enthousiasme, non pas à propos de The Division mais de Far Cry Primal. On ne pourra que plussoyer tant, dans les deux cas, le travail accompli en termes de design est plus que probant (doux euphémisme) ; preuve supplémentaire, si besoin était, de la maestria d’Ubisoft en matière de conception d’open world particulièrement chiadé.

The DivisionThe Division

Et si l’élaboration d’Oros pouvait laisser bien davantage libre cours à l’imagination des développeurs avec à la clé un dialecte imaginé de toutes pièces, la transposition de la Big Apple via le tout nouveau moteur graphique Snowdrop (perce-neige) conçu par le studio suédois Massive laissera pantois à maintes reprises et s’inscrit dans le sillage du boulot abattu pour restituer le Paris révolutionnaire de Assassin’s Creed Unity (2014) et le Londres victorien de Assassin’s Creed Syndicate (2015). Ajoutez-y des effets de lumières en tous genres (la « découverte » du feu dans Far Cry Primal, le cycle jour/nuit dans The Division) et un nombre incalculable de petits détails nichés au sein des décors et vous vous retrouvez alors à évoluer au sein d’une nature primitive d’un côté et d’une mégalopole conçue (puis ravagée) par la main de l’homme de l’autre d’une réalité plus que probante. Cerise au sommet du gâteau, l’animation de part et d’autre est d’une stabilité et d’une fluidité à toute épreuve.

Far Cry PrimalFar Cry Primal

Far Cry Primal & The Division : Même combat

Les pérégrinations au sein desdits décors se feront dans tous les cas à pied, faute de moyens de locomotion dans le cas de Far Cry Primal et en raison de voies de communication quasi-impraticables dans le cas de The Division car jonchées de véhicules abandonnés et autres barricades comme autant de moyens de s’abriter des tirs ennemis. Mais pas de panique, une option de déplacement « rapide » a été prévue pour se rendre directement sur un lieu précis en un temps de chargement (plus ou moins longuet). Une fois sur place, il vous faudra très certainement jouer du gourdin ou de la sulfateuse et/ou faire valoir les compétences spéciales de votre guerrier. Dans un cas comme dans l’autre, la collecte de différents items (bois, pierre, etc. pour Far Cry Primal / sacs des pillards abattus pour The Division) permettra d’accroitre lentement mais sûrement son arsenal et, augmentation de l’expérience aidant, d’envisager des améliorations de vos propres aptitudes via un arbre de compétence dans le cas de Far Cry Primal et selon l’un des trois secteurs de votre QG (médical, technique, sécurité) dans le cas de The Division. Ces trois branches et les améliorations correspondantes seront d’ailleurs directement liées aux choix des missions de la campagne solo et conduiront à explorer une grande diversité de lieux (centre commercial, station de métro, etc.) dont la verticalité débouchera souvent sur des affrontements sur les toits ou dans les souterrains, brisant ainsi quelque peu la monotonie rectiligne des grandes artères new-yorkaises. Que vous soyez plutôt adapte du gros poilu en peau de bête armé d’une massue ou du bellâtre (personnalisable à minima au lancement) et son bonnet d’hiver armé d’un AK-47, Far Cry Primal et The Division vous assureront des dizaines d’heures de jeu en perspective.

The DivisionThe Division

Et si le cri du mammouth de Far Cry Primal n’aura pas connu un retentissement écrasant, il n’en aura pas été de même du New-York dévasté et recouvert de son blanc manteau de The Division comme en atteste ce « record de la meilleure première semaine de vente pour une nouvelle marque de jeu vidéo » clamé haut et fort par Ubisoft. Une façon également pour l’éditeur français de démontrer, si besoin était, son savoir-faire en matière de créations vidéoludiques à l’heure de clôturer son année fiscale mais pas seulement. En effet, cinq mois à peine après la sortie de cette nouvelle licence, Ubisoft annonçait en grande pompe la mise en chantier d’une adaptation cinématographique via sa branche Ubisoft Motion Pictures avec Jessica Chastain et Jake Gyllenhaal en têtes d’affiche. Une transposition qui vient s’ajouter aux nombreux autres projets de longs-métrages dérivés de licences Ubisoft déjà en cours et à des stades d’avancement divers et variés : Splinter Cell, Ghost Recon, Watch Dogs ou encore Les Lapins crétins.

Sans oublier en fin d’année la sortie du film Assassin’s Creed avec Michael Fassbender et Marion Cotillard réalisé par le metteur en scène australien Justin Kurzel à qui l’on doit Les Crimes de Snowtown (2011) et Macbeth (2015). Une sortie qui viendra combler l’absence d’un nouvel opus vidéoludique puisque, suite aux scores en demi-teintes d’Assassin’s Creed Syndicate, Ubisoft a décidé de rompre avec sa tradition annuelle qui remontait à la naissance de la saga en 2007 et d’opérer une pause dans sa licence-phare en 2016 pour mieux la faire repartir de plus belle l’an prochain. Côté jeu, le deuxième opus de Watch Dogs, autre IP lancée en 2014 par le studio, viendra prendre la place laissée vacante par Assassin’s Creed dans les bacs dès le 15 novembre tandis qu’au début de l’année prochaine, Ubisoft réitérera la même ligne éditoriale qu’en 2016 avec la sortie d’un nouveau titre sous bannière Tom Clancy, Ghost Recon Wildlands, attendu pour le 7 mars 2017 et de nouveaux exploits « en costumes » avec For Honor, attendu trois semaines plus tôt, le 14 février 2017. Renouveaux de licences décennales, lancements de nouvelles IP et adaptations cinématographiques en tous genres sont autant de preuves, si besoin était, qu’Ubisoft gère parfaitement bien sa barque tout seul et n’a nullement besoin d’une synergie des médias comme le souhaiterait certains. Une façon également pour l’éditeur français de tenter d’éteindre l’incendie qui se rapproche de plus en plus dangereusement à sa porte.

Far Cry Primal - Packshot PS4Far Cry Primal est disponible sur PlayStation 4, Xbox One et PC depuis le 23 février 2016.

Testé sur PlayStation 4 à partir d’une version commerciale
Testé en version : 1.03
Taille occupée sur le disque dur : 13,09Go

 

The Division - Packshot PS4Tom Clancy’s The Division est disponible sur PlayStation 4, Xbox One et PC depuis le 8 mars 2016.

Testé sur PlayStation 4 à partir d’une version commerciale
Testé en version : 1.07
Taille occupée sur le disque dur : 43,21Go

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