God of War - PlayStation 4

PS4, XBO, Switch : Les jeux vidéo pour bien débuter 2018

Répandez la bonne parole...

Après une fin d’année 2017 pour le moins épique en matière de parutions vidéoludiques, les joueurs auraient pu s’attendre à un début 2018 plus reposant. Que nenni ! Et si le niveau a, il est vrai, sensiblement fléchi en quantité, il n’en est rien de la qualité des jeux vidéo qui ont vu le jour au cours des premiers mois de l’an de grâce 2018, tous supports confondus. Pour s’en convaincre, nous avons décidé de vous en proposer une petite sélection. Et ne venez pas nous rétorquer qu’il manque tel ou tel titre car pour tout un tas de bonnes ou de mauvaises raisons, si votre jeu fétiche ne figure pas dans ce dossier, c’est tout simplement que nous ne l’avons pas reçu (ou bien pas demandé) auprès des éditeurs concernés. Vous voilà prévenus.

Sommaire

 

Sur PlayStation 4

God of War - Packshot PlayStation 4À tout seigneur tout honneur, débutons cette petite sélection de jeux vidéo par un mâle, un vrai (quoi #MeToo ? Ah oui, la parité homme-femme ! On y revient un peu plus loin dans ce dossier). Un avec des biceps à faire pâlir un Arnold Schwarzenegger dans la fleur de l’âge. L’alpha-mâle dans toute sa splendeur. Celui qui à lui seul terrassa tous les dieux de l’Olympe. Cinq ans après God of War : Ascension (2013), sympathique opus un cran en deçà du mythique God of War III (2010), Kratos est donc de retour flanqué d’un fils prénommé Atreus alors que sa compagne vient de s’éteindre. On voit venir d’ici le schéma narratif de l’ensemble : un long périple en forme d’apprentissage pour le fiston aux côtés de son pater. Et autant écarter d’entrée le point qui pourra faire tiquer les joueurs à la recherche d’une caractérisation approfondie des personnages. Non, celle-ci n’est pas aussi réussie qu’un The Last Of Us, au hasard ; la faute sans doute à un patriarche bien dur à l’égard de sa progéniture. Oui, la vie, c’est difficile, surtout dans la famille Kratos mais de là à réprimander son mini-soi en permanence, il y avait peut-être un juste équilibre à trouver. Mais force est tout de même de reconnaître qu’un effort substantiel a été consenti afin de prodiguer un minimum d’épaisseur à ce duo qui va nous accompagner tout du long. Car in fine, ce reproche sera bien vite oublié eu égard au périple qui nous attend.

Que dire sinon sortir un dictionnaire des superlatifs ou bien un très expressif mais oh combien approprié « Oh my god ! » dès que débute l’aventure. C’est bien simple, si vous êtes équipés du matos ad hoc (entendre par là PS4 Pro, téléviseur 4K compatible HDR et ampli home-cinéma), c’est à une gigantesque baffe dans la gueule de tous les instants que vous allez faire face, nonobstant un ventilo de la PS4 en mode « turbine d’avion à réaction » tant la console de Sony semble donner tout ce qu’elle a dans les tripes sur ce coup là. Et des coups, vous allez en filer. Et pas qu’un peu. Fidèle à sa réputation, Kratos envoie du très lourd, armé de sa nouvelle hache / boomerang qui lui revient sans cesse en main façon marteau de Thor. Pour autant, que les vieux de la vieille (comme moi) oublient illico leurs vieilles habitudes consistant à bourriner à tout va. Dans ce nouvel opus nordique, il conviendra de faire preuve d’un minimum de « stratégie » et d’utiliser à bon escient votre binôme pour venir à bout de vos différents adversaires ; ce nouveau God of War s’étant de toute évidence très fortement inspiré d’une certaine saga Dark Souls dans son approche des combats. Des affrontements homériques et toujours aussi sanglants, à l’image de ce premier combat titanesque contre un « étranger » qui, à lui-seul, met la misère à tous les films de super-héros mou du genoux sortis en salles au cours des dernières années. Cerise au sommet du gâteau : le titre repousse encore plus loin l’exploit technique en proposant une aventure de longue haleine (comptez de 25 à 30 heures selon que vous tracez en ligne droite ou que vous vaquez à quelques quêtes annexes), le tout d’un seul tenant ; ce God of War 2018 étant en effet constitué d’un seul et unique plan séquence, sans la moindre coupure d’image du début à la fin. Ce n’est peut-être pas un hasard si cette nouvelle aventure de Kratos est devenue la plus grosse vente pour une exclu PS4 quelques jours seulement après son lancement. Un triomphe plus que largement mérité.

 

Shadow of the colossus - Packshot PlayStation 4Un peu plus tôt en début d’année, une autre exclu PS4 produisit elle aussi son petit effet. Mais cette fois-ci, il ne s’agit pas tant d’un nouvel opus que du remaster d’un titre mythique sorti à l’époque sur PlayStation 2 (2005) avant d’être remasterisé une première fois sur PlayStation 3 quelques années plus tard (2011). Alors certes, comme bien souvent en pareilles circonstances, la question toute légitime se posera de savoir si l’investissement se justifie pour quiconque aura déjà arpenté la chose ? Et pour être précisément dans cette même situation, l’auteur de ces lignes vous répondra : oui. Mille fois oui tant le boulot accompli sur cette version PS4 de Shadow of the Colossus va bien au-delà d’un simple ravalement de façade et se rapproche davantage d’une cure de jouvence en profondeur. La vidéo réalisée pour l’occasion en vue de promouvoir la comparaison entre les trois générations de console parlait déjà d’elle-même. Les puristes tiqueront sans doute face à pareil lifting qui ne sera pas sans rappeler les nombreuses retouches artistiques accomplies par un certain George Lucas sur sa trilogie originelle Star Wars, il n’en reste pas moins vrai que dans le cas présent, cet upgrade next gen ne dénature aucunement l’œuvre originelle. Bien au contraire, cette nouvelle mouture aurait plutôt tendance à la sublimer encore davantage si besoin était, permettant in extenso de s’immerger plus que jamais au cœur de ce monde où la beauté poétique des images si chère à son créateur, Fumito Ueda (à qui l’on doit le beau à chialer The Last Guardian), le dispute à la férocité de ces affrontements façon David contre Goliath. Si de surcroît vous êtes équipés d’une PS4 Pro (vous permettant alors de choisir entre les modes résolution ou performance) et d’un téléviseur compatible HDR, le bonheur visuel n’en sera que plus grand. Dès lors, il nous tarde de découvrir le prochain titre sur lequel le bien nommé studio Bluepoint Games est d’ores et déjà à pied d’œuvre.

 

Sur Switch

Bayonetta 1 & 2 - Packshot Nintendo SwitchNous vous parlions quelques lignes plus tôt d’un certain Kratos, alpha-mâle dans toute sa splendeur. Place à présent à la gent féminine avec la dénommée Bayonetta. Mais ne vous y trompez pas à la vision de la silhouette nettement plus fluette de la belle en comparaison de la carrure digne d’une armoire normande du demi-dieu de l’Olympe (j’aime à glisser ça et là cette métaphore fort à propos de ma Normandie natale) car la demoiselle en question ne s’en laisse pas conter face aux hordes de démons et autres créatures qui déferlent tout droit sorties de l’enfer. Sous ses atours volontairement affriolants, tout de cuir noir vêtue, la miss en a sous ses talons-aiguilles, chaussés de toutes parts qu’elle est de guns qui balancent des pruneaux à tout va. C’est là tout l’art de ces Bayonetta : celui de s’adonner dans une déferlante de plomb à des combos tous plus virevoltants les uns les autres en vue d’occire toutes ces viles bestioles. Ça n’est pas toujours bien fin, y comprend dans l’humour outrancier et décalé si caractéristique des jeux vidéo nippons hérités du manga et de ses onomatopées, mais on n’est pas là pour ça. On vient là pour exploser du monstre, où l’on veut et quand on veut grâce à ce portable Switch qui affine juste ce qu’il faut techniquement un titre qui avait déjà fait forte impression en son temps sur Wii U. Ou plus exactement deux titres puisque c’est bien le diptyque Bayonetta 1 et 2 qui a bénéficié d’une mise à niveau, sachant que le n°1 est disponible uniquement en téléchargement. De quoi patienter bien sagement en attendant le troisième opus actuellement en préparation.

 

RunGunJumpGun - Nintendo SwitchDans notre précédent dossier consacré aux jeux vidéo sortis sur la Switch, nous avions dédié une rubrique aux titres bien hardos que nous avions baptisé fort à propos « Pour les masochistes » (oui, il n’y a pas de ma à s’envoyer des fleurs). Si vos pouces, comme les nôtres, se sont remis bon an mal an de telles épreuves vidéoludiques, alors vous remettrez bien une petite cartouche dans le barillet pour vous essayer à RunGunJumpGun. Un titre a priori imprononçable qui résume parfaitement bien le concept du jeu : courir, tirer, sauter, tirer (on traduit pour ceux qui ne serait pas spécialement versé dans la langue de Shakespeare). En complément, ce jeu venu du Canada que l’on doit au studio ThirtyThree Games pourrait également arborer la légende « Live, Die, Retry » tant le nombre d’échecs successifs qui vous attend pour parvenir à rallier la sortie de chaque niveau va croître à vitesse exponentielle ; le jeu poussant même le cynisme jusqu’à vous rappeler le nombre de fois où vous êtes mort dès l’écran d’accueil. Pour ce faire, vous n’aurez à votre disposition qu’un seul et unique artefact : votre bonne vieille pétoire qui vous sert à dégommer les ennemis qui foncent sur vous (à l’aide de la touche R) tandis que vous devrez également veiller à vous propulser dans les airs afin d’éviter les nombreux obstacles, forcément mortels, qui jonchent le décor (à l’aide de la touche L). Les deux actions (tirer et se propulser dans les airs) ne pouvant bien évidemment être réalisées de concert, il vous faudra donc continuellement jongler de l’un à l’autre avec une dextérité quasi surhumaine. Et encore, il ne s’agit là que de rallier la sortie en un seul morceau. Car les plus téméraires pourront ensuite tenter le 100% à chaque niveau, un score consistant à ramasser tous les « Atomiks » qui trainent à l’écran. Autant dire un challenge pour mutant surdoué. Alors si vous n’êtes pas allergique aux bons gros pixels old school et que vous aimez souffrir, vous savez ce qu’il vous reste à faire.

  • Testé sur Nintendo Switch à partir d’une version téléchargée (version 1.0.1)
  • Taille occupée : 0,436Go
  • Sortie le 8 février 2018 sur Nintendo Switch
  • Trailer de lancement

 

Japan superpower

Dragonball Fighter Z - Packshot PlayStation 4Si comme l’auteur de ses lignes, vous avez grandi dans les années 80 avec un œil rivé sur le Club Dorothée et l’autre sur les bornes d’arcade et des jeux mythiques tels que Street Fighter, le titre Dragon Ball ne vous est certainement pas étranger tout comme les fameuses sept boules de cristal tandis que la simple évocation du mot « Kamé Hamé Ha » vous fait immédiatement sourire. Alors, c’est que vous êtes fin prêt pour vous lancer dans Dragon Ball FighterZ, jeu de baston indubitablement conçu pour vous replonger dans l’univers du manga culte des 80s. Le don de mimétisme a d’ailleurs été poussé à un tel degré qu’il devient virtuellement impossible de discerner où se situe le jeu et où commence l’animé dans cette vidéo comparant les deux médiums. Mais Dragon Ball FighterZ n’est pas seulement là pour caresser le quadra nostalgie de son adolescence « Club Do » dans le sens du poil, il prend également les atours d’un jeu de baston de tout premier choix, immédiatement accessible (un petit tour du côté de l’entrainement pour appréhender les bases du gameplay et le tour est joué) et jouissif (les combos s’enchaînent très facilement dès les premières parties) mais néanmoins pourvu d’une impressionnante courbe de progression pour qui souhaitera maîtriser chaque combattant sur les bouts des doigts. Un plaisir de jeu rehaussé par une réalisation technique de tout premier choix (60fps constant) où l’on pourra tout juste regretter l’absence d’un mode HDR qui aurait pu renforcer encore davantage les couleurs bien tranchées du bestiaire et des décors. L’autre vraie grosse réserve imputable à ce Dragon Ball Fighter Z sera à mettre au crédit des très nombreux contenus disponibles uniquement via le season pass et autres DLC (musiques originelles, personnages additionnels, etc.).

 

Ni no kuni II : L'Avènement d'un nouveau royaume - Packshot PlayStation 4Accordons-nous une petite parenthèse « enfantine » dans ce dossier jeux vidéo fait de grosses brutes et autres affrontements violents avec Ni No Kuni II. En 2011, les fans d’animés et d’un certain studio Ghibli avaient déjà pu s’essayer au travail accompli par ce dernier aux côtés des développeurs de Level-5 avec le premier opus dans un univers « à hauteur d’enfants » rempli de féérie et autres pouvoirs magiques, le tout porté par une réalisation n’ayant rien à envier aux longs-métrages du studio sus-cité et accompagné par les musiques du célèbre Joe Hisaishi. Sept ans plus tard, Level-5 est désormais seul à la barre mais n’en reste pas moins fidèle aux aspirations graphiques originelles toujours secondées par les compositions de Hisaishi. L’immersion sera donc immédiate pour ceux qui avaient déjà joué au premier opus tandis que les nouveaux venus ne mettront guère plus de temps pour s’approprier cet univers enchanteur volontiers axé « tout public ». Entendre par là que la difficulté des combats ne nécessitera pas une dextérité surhumaine mais n’en restent pas moins dynamiques à souhait tandis que la dimension JRPG se laissera facilement dompter elle-aussi. Et si l’ensemble pourra parfois sentir un peu le réchauffé (ennemis et quêtes annexes en mode « photocopie »), Ni No Kuni II n’en propose pas moins un gigantesque royaume à reconquérir suite à un coup d’état et une aventure au long cours des plus plaisantes, le titre laissant par ailleurs le choix entre un mode 4K ou normal (ce dernier privilégiant le framerate), le tout rehaussé sur le plan colorimétrique par une option HDR plutôt bien sentie. Notons pour finir que les dialogues sont uniquement disponibles au choix en anglais ou en japonais (ce dernier ayant notre préférence), le tout étant bien entendu sous-titrés en français.

 

Metal Gear Survive - Packshot PlayStation 4Au moment où Metal Gear Solid V : The Phantom Pain sortait dans les bacs en 2015, Hideo Kojima quittait le studio Konami dans des conditions plus ou moins houleuses après quasiment trente ans de bons et loyaux services. Mais même sans le « papa » de Metal Gear, Konami n’allait pas en rester là et entendait bien poursuivre cette mythique saga au long cours (le premier opus remonte à 1987). Et tant qu’à faire, autant embrayer directement après l’ultime épisode signé Kojima. C’est précisément là que débute Metal Gear Survive, alors que la fameuse Mother Base est réduite à néant et que les différents soldats tombés au combat sont propulsés dans un monde parallèle peuplé de zombies (ou tout du moins y ressemblant très fortement). Le but du jeu est alors très simple : trouver un moyen de remettre de l’ordre dans tout ce merdier tout en repoussant / butant les hordes de zomblards qui assiègent ce qui reste de votre base dans cet univers alternatif. Soit, pour simplifier mais à peine, une relecture de l’univers MGS façon tower defense revue à la sauce Twilight Zone / Walking Dead. Dès l’annonce du projet, Metal Gear Survive avait tout de la chose opportuniste pour ne pas dire casse-gueule, en raison notamment de l’absence de son créateur historique. Et à l’arrivée on peut dire que le titre souffle le chaud et le froid.

Pour le chaud, on va dire que c’est plutôt réussi sur le plan visuel à défaut d’être inventif puisque reprenant tous les designs de ses prédécesseurs. L’apport du HDR n’est par ailleurs pas forcément flagrant de prime abord en raison d’un monde aux couleurs finalement très grisâtres et pierreuses. L’autre aspect positif est à chercher précisément du côté de cette nouvelle dimension tower defense qui devient assez vite prenante. Mais avant d’en arriver là, il faudra en passer par une première phase aussi longue que douloureuse où vous allez littéralement en chier, au propre comme au figuré. En effet, sitôt franchi le (très) long prologue (comptez une bonne heure avant de pénétrer enfin dans le cœur du jeu à proprement parler), votre avatar troufion de service (dont vous pouvez personnaliser la trogne) se retrouve mort de soif, de faim et de fatigue. De facto, vous allez passer les (très) nombreuses heures suivantes à tenter de survivre en ingurgitant des choses à faire vomir un bouc comme dirait un certain Colonel Trautman. D’où diarrhée et autres vomissements à répétition qui n’aident pas vraiment à repousser lesdits morts-vivants. De plus, constamment en quête de ressources (et là on rentre de plain pied dans le froid), il faut faudra sans cesse grinder pour bâtir / transformer tout et n’importe quoi vous passant à portée de main tout en surveillant en permanence les 10 000 jauges aux quatre coins de l’écran. Soit une dimension répétitive et in fine pour le moins fastidieuse qui pourraient bien en rebuter plus d’un dès les premières heures de jeu. Ajoutez-y une omniprésence des micro-transactions (il faut même payer pour avoir accès à un deuxième emplacement de sauvegarde ! Mais où va-t-on ?) et vous comprendrez un peu mieux le pourquoi du titre : ce ne sera pas tant votre avatar que le joueur lui-même qui devra survivre à une telle expérience vidéoludique.

 

Monster Hunter : World - Packshot PlayStation 4« Pour vous faire mieux connaître d’où vient l’erreur de ceux qui blâment la volupté, et qui louent en quelque sorte la douleur, je vais entrer dans une explication plus étendue, et vous faire voir tout ce qui a été dit là-dessus par l’inventeur de la vérité, et, pour ainsi dire, par l’architecte de la vie heureuse. Personne [dit Épicure] ne craint ni ne fuit la volupté en tant que volupté, mais en tant qu’elle attire de grandes douleurs à ceux qui ne savent pas en faire un usage modéré et raisonnable ; et personne n’aime ni ne recherche la douleur comme douleur, mais parce qu’il arrive quelquefois que, par le travail et par la peine, on parvienne à jouir d’une grande volupté. En effet, pour descendre jusqu’aux petites choses, qui de vous ne fait point quelque exercice pénible pour en retirer quelque sorte d’utilité ? Et qui pourrait justement blâmer, ou celui qui rechercherait une volupté qui ne pourrait être suivie de rien de fâcheux, ou celui qui éviterait une douleur dont il ne pourrait espérer aucun plaisir. Au contraire, nous blâmons avec raison et nous croyons dignes de mépris et de haine ceux qui, se laissant corrompre par les attraits d’une volupté présente, ne prévoient pas à combien de maux et de chagrins une passion aveugle les peut exposer. J’en dis autant de ceux qui, par mollesse d’esprit, c’est-à-dire par la crainte de la peine et de la douleur, manquent aux devoirs de la vie. Et il est très facile de rendre raison de ce que j’avance. Car, lorsque nous sommes tout à fait libres, et que rien ne nous empêche de faire ce qui peut nous donner le plus de plaisir, nous pouvons nous livrer entièrement à la volupté et chasser toute sorte de douleur ; mais, dans les temps destinés aux devoirs de la société ou à la nécessité des affaires, souvent il faut faire divorce avec la volupté, et ne se point refuser à la peine. La règle que suit en cela un homme sage, c’est de renoncer à de légères voluptés pour en avoir de plus grandes, et de savoir supporter des douleurs légères pour en éviter de plus fâcheuses. »

Alors moi je dis géniale. Voici un premier paragraphe qui m’a bluffé. Totalement berné que j’ai été pensant que mon ami Stef était parti dans les méandres de la secte Waco dont une mini série vient d’ailleurs de lui rendre « hommage » (mais ceci est une autre histoire). Peut-être le meilleur paragraphe de toute l’histoire du site. Et puis en fait non puisqu’il ne s’agit ni plus ni moins qu’un lorem ipsum comme seuls les développeurs et autres créateurs informatiques geekos sur le retour en ont le secret. On vous explique. Vous lisez là quelques mots du correcteur et accessoirement celui à qui incombe de parler de ce Monster Hunter World du fait d’un rejeton en mal de nouvelles sensations fortes autres que Fortnite et Overwatch qui a tanné la rédaction pour pouvoir y jouer. On était parti pour faire une vidéo d’une heure et tutti quanti. Ce que l’on a fait en mode prise en main avec d’un côté le gamer (le pré-ado) et de l’autre le néophyte (l’auteur de ces lignes). Mais bon, après plus de 120 minutes et à peine deux ou trois combats à se mettre sous la manette, perso j’ai jeté l’éponge. Le mini-moi lui a semble-t’il adoré les bastons subséquentes, le graphisme léché, la possibilité des combinaisons de « skins » quasi infinies, le fait de pouvoir récupérer des objets sur les ennemis, d’explorer une foultitude de territoires… Après, et histoire de prendre un peu de hauteur, on n’a que peu goûté à l’allégorie à peine dissimulée de l’homme blanc qui vient « civiliser » une contrée sauvage. Peut-être que le jeu vidéo n’en est qu’à sa prime jeunesse, comme le fut Hollywood et le western à l’issue de la seconde guerre mondiale où un bon indien était encore un indien mort. Ou alors c’est que l’on n’a pas fini d’en bouffer des relectures d’AvatarSG

 

Make America Great Again

Far Cry 5 - Packshot PlayStation 4Avec Assassin’s Creed Origins sorti fin 2017, Ubisoft offrait une seconde jeunesse et accessoirement l’un des tous meilleurs opus de cette saga au long cours. Début 2018, après une virée dans l’Himalaya avec Far Cry 4 (2014) puis un petit détour par la préhistoire avec Far Cry Primal (2016), c’est une autre licence de longue date (le premier opus remonte à 2004) à laquelle l’éditeur français consacre un épisode supplémentaire. Très sobrement intitulé Far Cry 5 (on peut y voir aussi un manque criant d’imagination / NDSG), le millésime 2018 nous entraîne cette fois dans l’Amérique profonde, et plus précisément dans la région fictive de Hope County dans l’état du Montana. Le joueur y incarne un rookie dans la brigade du shérif local parti pour ferrer un dénommé Joseph Seed, leader d’une secte de frappadingues (pléonasme ?) avant que ladite intervention ne parte « légèrement » en cacahuètes. Explosion, course-poursuite et quelques échanges de mondanités balistiques plus tard, nous voilà plongé pour de bon au cœur de cette région de l’espoir. Soit comme tous les autres jeux vidéo AAA signés Ubisoft depuis plusieurs années maintenant un open world d’une richesse et d’une virtuosité technique à nul autre pareil s’il était encore besoin de le préciser. À tel point que Far Cry 5 sert même de porte-étendard à l’office de tourisme du Montana, c’est tout dire ! Si le plumage est très flatteur (surtout si vous êtes équipés d’un téléviseur HDR), qu’en est-il du ramage ? Sur ce point, en dépit d’une incroyable profusion des possibilités offertes par ce monde aux milles et unes merveilles, quelques fausses notes subsistent. À commencer par cette Amérique profonde justement dont on espérait un niveau de lecture socio-politique plus approfondi, tout particulièrement à l’heure d’un POTUS aux idéaux pour le moins discutables. Qu’à cela ne tienne, le joueur pourra se rattraper sur le contenu pantagruélique de ce Hope County. Hélas, l’obligation récurrente de boucler chaque zone de l’immense aire de jeu avant de pouvoir passer à la suivante, plaisante au cours des premières heures, finit par devenir un poil répétitive et frustrante. On a connu Ubisoft plus inspiré en matière de liberté d’action. Au hasard, le bien nommé Assassin’s Creed Origins sus-cité. Mais ne boudons pas notre plaisir pour autant et profitons du spectacle en attendons de voir dans quelle autre contrée nous emmènera le prochain Far Cry qui sortira, si tout va bien, en 2020.

 

Si j’avais un marteau

Iconoclasts - PlayStation 4Après la carte postale photo-réaliste AAA du Montana de l’Amérique de Trump, direction les pixels rétro du petit jeu indé signé d’un suédois dénommé Joakim Sandberg. Iconoclasts aura mis pas loin de dix piges à voir le jour avant d’aboutir aux tous petits 200Mo de ce pur concentré de plaisir vidéoludique. Le joueur y incarne une certaine Robin qui n’aime rien tant que filer un coup de mains autour d’elle à l’aide de ses deux ustensiles de prédilection : une gigantesque clé à molette et un tout petit pistolet à la portée et la puissance relativement faible. Mais tout l’intérêt du titre réside ailleurs, et plus spécifiquement dans son côté action / plate-forme / exploration visant à trouver en permanence un moyen pour déverrouiller les accès et autres portes closes tout en évitant les vilaines bestioles qui peuplent cet univers 2D, le tout ponctué à intervalles réguliers de bons gros boss bien costauds à dégommer. La force d’Iconoclasts est précisément de parvenir à un magnifique dosage entre action et puzzle requérant de la part du joueur qu’il fasse preuve alternativement de bons réflexes et d’un zeste de jus de cerveau dans un décorum d’une richesse pixellisée qui fait chaud à voir, accompagné de musiques qui risquent bien de vous rester dans le crâne si vous y jouez trop longtemps. Car non content d’être un véritable ravissement à jouer avec sa prise en mains immédiate, Iconoclasts se révèle également bien vite être hautement addictif. À tel point qu’on n’aurait plus du tout envie d’éteindre la console. Ou bien de pouvoir emporter celle-ci avec nous, et le jeu avec. Le seul (et unique) reproche que l’on pourra alors faire à cette petite merveille vidéoludique est de ne pas être (encore) disponible sur Switch. Qui sait si d’ici quelques mois, un portage ne verra pas le jour. Espérons-le.

  • Testé sur PS4 Pro à partir d’une version téléchargée (version 1.07)
  • Taille occupée : 0,212Go
  • Sortie le 23 janvier 2018 sur PS4 et PC
  • Trailer de lancement

 

Quand y’en a plus, y’en a encore

Devil May Cry HD Collection - Packshot PlayStation 4Refermons ce petit diaporama consacré aux jeux vidéo sortis en ce début d’année 2018 avec un certain nombre de portages next gen et autres extensions / DLC que les différents éditeurs ont bien voulu nous faire parvenir. Et puisque nous vous parlions un peu plus haut de Bayonetta, quoi de plus logique que d’aborder à présent l’autre titre qui fit connaître un certain Hideki Kamiya : Devil May Cry. Pour faire simple, Bayonetta est le pendant féminin du personnage de Dante dans DMC, chasseur de vampires à ses heures perdues maniant avec une dextérité certaine aussi bien ses deux guns que sa gigantesque épée. Et si la série s’illustra au travers de quatre épisodes de 2001 à 2008, il faut bien admettre qu’elle végète quelque peu depuis bientôt dix ans, se contentant ici ou là de reboot (DmC : Devil May Cry en 2013) et autres compilations à l’instar de cette Devil May Cry HD Collection déjà parue sur PS3 et Xbox 360 en 2012. Et pour l’occasion, nous avons d’ailleurs ressorti notre édition PS3 pour constater que bien peu de choses ont évolué en six ans et le portage sur PS4 et XBO. À l’exception du 1080/60p fièrement annoncé, force est en effet de constater que le gap technique entre les deux générations de consoles ne saute pas vraiment aux yeux, d’autant plus qu’aucune option HDR ni même de 4K n’a été embarqué. On ne boxe clairement pas ici dans la même catégorie qu’avec le remaster époustouflant de Shadow of the Colossus (cf. en début de ce dossier du côté des exclus PS4). Mais si vous n’avez jamais joué aux jeux originels ou bien à leurs versions HD sur PS3 ou 360, vous auriez grand tort de vous priver. Surtout à ce tarif-là (comptez une trentaine d’euros).

  • Testé sur PS4 Pro à partir d’une version téléchargée (version 1.01)
  • Taille occupée : 14,72Go
  • Sortie le 13 mars 2018 sur PS4, XBO et PC
  • Trailer de lancement

 

Burnout Paradise Remastered - PlayStation 4Hasard ou coïncidence du calendrier, à quelques jours d’intervalles de Devil May Cry HD Collection sortait une version remasterisée de Burnout Paradise que d’aucuns considèrent comme le tout meilleur opus d’une saga qui vit elle aussi le jour au tournant du millénaire et connu une belle renommée durant quasiment une décennie avant de s’essouffler. Sans nouvelle depuis bientôt dix piges, la voici donc qui fait son grand retour sur PS4 et XBO en 2018. Les bagnoles sont toujours aussi rutilantes, graphiquement boostées juste ce qu’il faut pour faire illusion sur consoles next gen mais sans proposer pour autant de mode 4K spécifique ou bien même de compatibilité HDR. La B.O. est quant à elle toujours aussi riches et percutantes (bonjour les basses fréquences qui descendent bien profonds dans les chaussettes lors du générique d’ouverture !). Et la combinaison des deux est au service d’un jeu de caisses toujours aussi fun et décomplexé. À vous alors l’ivresse de la vitesse dans les rues de la citée fictive de Paradise City et qu’importe le réalisme de la chose. Allez donc faire un petit tour sur le highway, pied au plancher, et amusez-vous à compter le nombre de montées de rapports ; nous nous sommes arrêtés à quinze. Depuis quand une bagnole possède une boîte à 15 vitesses ? À défaut de renouveau, ce Burnout Paradise Remastered pourra combler les amateurs de gomme brûlée qui auraient déjà bouclés le quatuor de jeux de caisses parus fin 2017.

 

Wolfenstein II : The New Colossus - The Freedom Chronicles - PlayStation 4Et puisque l’on parle des jeux vidéo sortis fin 2017, refermons ce petit survol de ceux parus depuis le début d’année avec le season pass d’un titre débarqué précisément à l’automne dernier : Wolfenstein II : The New Colossus. Soit trois histoires spin-off de l’intrigue originelle qui vous mettent successivement dans la peau de trois combattants (dont une ex-agent de l’OSS histoire d’assurer un minimum de parité homme-femme). Mais contrairement au titre de base qui nous avait particulièrement enthousiasmé, ces trois mini-aventures contées sous la forme de BD tendance pulp fiction sont loin de nous rassasier totalement. La faute à un manque patent d’imagination à plusieurs niveaux : les pouvoirs des trois soldats sont calqués stricto sensu sur ceux du héros de The New Colossus, le level design se révèle nettement plus monotone et l’ensemble se traverse finalement comme dans du beurre sans que l’on en conserve un souvenir aussi mémorable qu’aux commandes de Blazkowitz. On se consolera avec cet humour très second degré et la possibilité de continuer à dézinguer des nazis par peloton entier dans la joie et l’allégresse. De quoi patienter jusqu’à l’arrivée du portage Switch attendu pour le 29 juin.

  • Testé sur PS4 Pro à partir d’une version éditeur (version 1.07)
  • Taille occupée : 58,83Go
  • Sortie le 13 mars 2018 sur PS4, XBO et PC
  • Trailer de lancement

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