Assassin's Creed Odyssey

PlayStation 4 & Xbox One : Les jeux vidéo de noël 2018

C’est la ritournelle annuelle en matière de jeux vidéo : la rentrée de septembre est annonciatrice du grand rush de fin d’année avec une avalanche de sorties à ne plus savoir où donner de la tête. Alors histoire de nous détendre à la rédac entre deux séances ciné et autres tests de Blu-ray 4K Ultra HD, nous viendrons garnir le présent dossier avec quelques-uns des titres qui paraitront avant noël et qui auront su titiller notre âme de joueur.

Sommaire

 

Sur PlayStation 4

Marvel’s Spider-Man - PlayStation 4Autant être franc d’entrée de jeu. À Digital Ciné, il n’y a plus guère que notre Sandy qui va découvrir les longs-métrages Marvel en salles, quelque peu contraint et forcé par son mini-moi. Pour tous les autres membres de la rédac et à une ou deux exceptions près (comme le très réussi Logan), les films du studio sont devenus synonymes de machins qui se ressemblent tous, le plus souvent rattrapés en vidéo et dans une certaine indifférence. C’est dire si le fameux MCU qui rapporte des milliards au box-office nous passe à whatmille kilomètres au-dessus de la tête. Et comme nous ne voulons faire aucun jaloux, nous n’en pensons pas moins des longs-métrages DC Comics (là aussi avec quelques exceptions notables, telle l’excellente trilogie Dark Knight de Christopher Nolan). Et c’est finalement dans les jeux vidéo estampillés « super-héros » que nous prenons le plus de plaisir. La dernière fois, c’était précisément en compagnie du justicier de Gotham avec le très réussi Batman : Arkham Knight sorti en 2015. Trois ans plus tard, c’est au tour de l’homme-araignée d’être mis à l’honneur avec un gameplay qui emprunte grandement à son prédécesseur. Que vous ayez déjà joué ou non à Arkham Knight importe peu tant la prise en mains de ce Marvel’s Spider-Man sera immédiate, depuis la haute-voltige entre les gratte-ciels de la Big Apple jusqu’aux affrontements à un contre cent au cours desquels votre spider-sense vous préviendra des adversaires sur le point de vous attaquer. À vous alors les joies des pirouettes, bourre-pifs et autres giclées de toile d’araignée en vue de défaire vos opposants et de poursuivre nonchalamment votre chemin. La décontraction du héros, aussi bien dans sa manière d’agir que de s’exprimer, colle plutôt bien avec l’image du personnage que Sam Raimi avait si brillamment su capturer dans sa trilogie (avec toutefois un gros bémol concernant le n°3) tandis que les deux Amazing Spider-Man ou encore le récent Spider-Man : Homecoming se sont contentés de reboots plaisants à défaut d’être transcendants. Un qualificatif qui sied plutôt bien à cette nouvelle déclinaison vidéoludique qui certes n’innove pas en termes de gameplay, mélange d’Arkham Knight donc et de Assassin’s Creed dans sa profusion de points clignotants à l’écran comme autant de propositions d’exercer ses talents de bon samaritain, mais n’en demeure pas moins très agréable à jouer. D’autant que le studio Insomniac Games, bien connu pour sa saga Ratchet & Clank, signe là une nouvelle performance technique de très haute volée (sans jeu de mots) avec des graphismes vraiment époustouflants aux couleurs rehaussées par l’apport du HDR. Seul petit regret : qu’il ne soit pas possible de choisir entre VO et VF au sein des menus.

 

Zone of the Enders : The 2nd Runner MARS - PlayStation 4Pour ce jeu-là, nous allons vous raconter une petite histoire. Celle de Z.O.E. En 1999 sort sur PlayStation 1 en Europe un certain Metal Gear Solid, véritable claque vidéoludique pour l’auteur de ces lignes qui bouclera le titre à deux reprises et ira même jusqu’à se procurer une version américaine afin de profiter des doublages VO. Autant dire que sa suite, Metal Gear Solid 2 : Sons of Liberty annoncée sur PlayStation 2 pour 2001, était attendue avec une telle impatience que la seule présence d’une démo jouable au sein d’un jeu répondant au nom de Zone of the Enders (Z.O.E. en abrévié) sera l’argument suffisant pour acheter le jeu en question. La démo étant bouclée, et histoire de patienter jusqu’à la sortie officielle de MGS 2, autant tuer le temps en profitant de ce Z.O.E. produit mais aussi très largement influencé par Hideo Kojima (le papa de Metal Gear faut-il le rappeler) dans son sous-texte sur les liens entre l’homme et la machine. Une histoire de Mecha comme en raffolent les japonais et suffisamment plaisante pour s’intéresser à sa suite, Zone of the Enders : The 2nd Runner, qui sortira en 2003, puis à la compil remasterisée Zone of The Enders HD Collection sortie en 2012. Les titres faisant l’objet de « remaster de remaster » ne manquant pas sur PlayStation 4 (on pense au hasard au somptueux Shadow of the Colossus sorti dans une version entièrement revue sur PS4 en début d’année), Z.O.E. 2 a donc à son tour les honneurs d’une nouvelle réédition sur la next gen de Sony. Au menu : des graphismes revus pour les phases de gameplay (mais sans HDR) tandis que les cinématiques n’ont pas bougé d’un iota et conservent leur look japanime old school 80s/90s. Si l’on pourra déplorer pas mal de petites fautes d’orthographes au niveau des sous-titres français, le jeu reste toujours aussi plaisant grâce à un lifting convaincant sur la forme à défaut de proposer du neuf sur le fond. Nous ne nous attarderons pas sur la seule véritable valeur ajoutée de cette « MARS édition », à savoir la possibilité d’y jouer avec le PlayStation VR qui ne nous a pas vraiment convaincu (doux euphémisme).

  • Testé sur PS4 Pro à partir d’une version téléchargée (version 1.01)
  • Taille occupée : 12,43Go
  • Sortie le 6 septembre 2018 sur PlayStation 4 & PC
  • Trailer de lancement

 

Astro Bot : Rescue Mission - PlayStation 4Pour être tout à fait honnête, depuis Farpoint et son bon gros fusil en plastoc sorti en mai 2017, notre casque PlayStation VR prenait la poussière sous la table basse du salon. Il aura fallu l’arrivée du petit Astro Bot qui part en mission pour sauver ses congénères disséminés aux quatre coins de différentes planètes pour que nous le ressortions de son emballage. Et de quelle manière ! Le titre de SIE Japan Studio est assurément l’un des plus aboutis auquel il nous ait été donné de jouer en termes d’immersion en réalité virtuelle. De plus, et contrairement à Farpoint, FPS qui avait la fâcheuse tendance à filer la nausée (à sa décharge, l’auteur de ses lignes est très sensible au phénomène dit du motion sickness), rien de tel avec Astro Bot : Rescue Mission qui limite les déplacements à des mouvements « sur rail » très ponctuels. Le principe du jeu est assez simple en soi : vous dirigez un petit robot dans des environnements de type plateformes au sein desquels vous devez retrouver vos semblables, leur filer un bon petit coup de pied au postérieur, tout en éliminant les viles créatures croisées en chemin. Manette en mains, casque vissé sur la tête et écouteurs dans les oreilles, jamais nous n’avions été immergés de la sorte au sein d’un jeu en VR tant Astro Bot nécessite de regarder tout autour de soi, de se baisser, d’aller fureter dans les moindres recoins, voire même de donner des coups de boules dans certains éléments du décor afin de débusquer les petits robots égarés. Visuellement très riche, proposant des niveaux très variés (volcan, gratte-ciel, jungle, etc.) agrémentés d’une foultitude de petites animations et d’éléments gigantesques (grues, avions, etc.) qui vous frôlent parfois à quelques centimètres du visage, le tout accompagné de musiques guillerettes et entraînantes, limites entêtantes, Astro Bot est le jeu fun par excellence qui n’opposera certes que peu difficulté mais présente toutefois un joli défi pour ceux qui souhaiteraient boucler chaque niveau à 100%. Outre son côté fun et décalé complètement assumé (le premier trophée obtenu s’intitule « Un petit pas pour le Bot… », en référence à la célèbre phrase d’un certain Neil Armstrong), votre petit robot prend souvent des postures si mimis qu’il sera bien difficile de ne pas craquer devant cet Astro Bot : Rescue Mission que pour le coup nous recommandons très chaudement.

  • Testé sur PS4 Pro à partir d’une version téléchargée (version 1.02)
  • Taille occupée : 8,42Go
  • Sortie le 3 octobre 2018 sur PlayStation 4 (PlayStation VR)
  • Trailer de lancement

 

Sur Xbox One

Forza Horizon 4 - Xbox OneChaque année, c’est la même ritournelle. En septembre / octobre, la Xbox voit débarquer un nouvel épisode de Forza, alternativement un épisode sur circuit, Forza Motorsport, et un épisode sur route, Forza Horizon. Après une petite virée en Australie en 2016, Forza Horizon 4 nous emmène cette fois dans la campagne anglaise. Et l’on a beau s’y préparer, d’autant plus après la sortie l’an passé de la Xbox One X et de Forza Motorsport 7, il n’en reste pas moins vrai que les premières minutes au volant des bolides d’un nouveau Forza sont systématiquement synonyme d’une gigantesque baffe dans la gueule tellement le jeu est vraiment beau à chialer avec ses graphismes hyper chiadés, son impression de vitesse, ses effets de lumière et son rendu des couleurs. Bon d’accord, pour cela, il faudra d’abord vous coltiner près de 30Go de patches à télécharger (même si vous possédez une version physique), mais le jeu en vaut vraiment la chandelle. D’autant plus que cette année, les changements de saisons font leur grande apparition. Et si l’incidence sur le pilotage n’est pas aussi importante qu’escomptée, le rendu à l’écran ne manquera pas de faire office de deuxième effet Kiss Cool. Pour ceux qui y joueront sur Xbox One X, sachez qu’il sera également possible de choisir entre qualité (rendu 4K à 30fps) ou performance (rendu 1080p à 60fps) de l’image. Notre préférence aura été à la première option, tout en ajustant le « point blanc d’éclairage dynamique » du rendu HDR à notre téléviseur OLED. Bref, le panard intégral tant sur le plan visuel que sonore. Si vous disposez d’un ampli home-cinéma, attendez-vous à entendre rugir les moteurs dans votre salon tandis que les différentes stations de radio disponibles achèveront de vous mettre dans l’ambiance. Côté gameplay, rien ne change avec une prise en mains toujours aussi immédiate et une courbe de progression relativement simple avec les réglages de base sachant qu’il sera à nouveau possible de désactiver toutes les aides au pilotage histoire de corser un peu le challenge. Mais dans l’absolu, la licence Horizon reste indubitablement orientée arcade et cherche avant tout à faire plaisir aux joueurs avec son avalanche d’épreuves qui fleurissent de toutes parts sur la carte. Le but reste quant à lui inchangé et pleinement dans l’ère numérique des réseaux sociaux du 21ème siècle, à savoir engranger le maximum de « like » par vos talents de pilotage afin de progresser et de monter de niveau. Outre les saisons, les autres petites nouveautés annuelles concernent la possibilité d’acquérir des résidences qui feront alors office de QG ou encore de vous embarquer dans des virées pour le Septième Art qui vous donneront alors le sentiment de vous prendre pour Ryan Gosling dans le film Drive (2011) de Nicolas Winding Refn ou bien de revivre ce rendez-vous de Claude Lelouch mais dans les ruelles britanniques cette fois. Dans tous les cas, le fun est toujours bel et bien présent, à tel point que les journées au volant de Forza Horizon 4 filent à toute allure sans jamais voir le temps passé. Dernière petite remarque : n’oubliez pas que, comme pour l’Australie de Forza Horizon 3, les voitures roulent à gauche en Angleterre. On dit ça histoire de vous éviter des face-à-face malencontreux.

 

Wonder Woman

Shadow of the Tomb Raider - PlayStation 4Pour Shadow of the Tomb Raider, nous allons vous raconter une autre histoire. Celle d’une héroïne de pixels dénommée Lara Croft et entrée dans la vie de millions de joueurs en 1996 sur PlayStation 1. Depuis cette date, les différentes épopées vidéoludiques de la demoiselle figurent en bonne place dans la ludothèque de votre humble serviteur, même s’il faut bien admettre que l’intérêt de la saga sera pour le moins hiératique au fil des épisodes. Jusqu’au reboot sorti en 2013 et sobrement intitulé Tomb Raider qui aura su à nouveau faire vibrer le cœur des fans de la première heure avec ce que beaucoup considèrent comme l’opus de la renaissance. Fort de cette réussite, une suite verra sans surprise le jour en 2015, Rise of the Tomb Raider, sortie en exclusivité (temporaire) sur Xbox One, suivie un an plus tard par une édition dite 20ème anniversaire sur PS4 et XBO. Soit un épisode qui laissait sur un sentiment de redite par rapport au jeu de 2013. En 2018, le troisième et supposément dernier opus de cette trilogie reboot est annoncé comme plus sombre (d’où le shadow du titre) mais peut à nouveau se résumer au même constat que celui établi deux ans plus tôt. À savoir que si les lieux (l’Amérique latine après une île de l’archipel nippon dans le n°1 et la Sibérie dans le n°2) et les adversaires ont changé, le gameplay n’a quant à lui pas bougé d’un iota. Grimpette, tir à l’arc, feux de camp, énigmes pas bien compliquées à résoudre, etc. Comme le dit le célèbre dicton : on prend les mêmes et on recommence. Non pas que cela nous déplaise nécessairement, fan de la première heure que nous sommes de Lara Croft. Mais la sensation d’une licence qui se repose un peu trop sur ses lauriers se fait particulièrement prégnante une fois de plus. La seule véritable nouveauté réside dans les quatre niveaux de difficulté décomposés en trois sous-réglages possibles afin d’ajuster le degré de difficulté des combats, de l’exploration et des énigmes à résoudre en vue de corser un peu l’aventure (sachant qu’au niveau de difficulté le plus élevé baptisé « obsession mortelle », tous les potards sont verrouillés au max). Un peu maigre déploreront certains. On espérait davantage de la part de Eidos Montréal, auteurs des deux excellents Deus Ex et qui avait repris le flambeau de Crystal Dynamics, qu’une très jolie carte postale d’Amérique latine renforcée par une option HDR qui sublime des environnements visuellement très soignés et d’autres passages beaucoup plus claustros. On espérait peut-être trop de ce troisième et dernier chapitre d’une prélogie visant à nous raconter comment la jeune et frêle Miss Croft est devenue l’intrépide et redoutable Lara. On se consolera en se disant que cet opus vidéoludique est déjà plus engageant que la dernière tentative ni faite ni à faire de reboot cinématographique sortie en début d’année. À noter que sur notre version dématérialisée fournie par l’éditeur, il nous a fallu télécharger environ 1,5Go de données supplémentaires afin d’accéder aux dialogues en version originale.

 

This is Sparta

Assassin's Creed Odyssey - PlayStation 4En 2016, la saga Assassin’s Creed avait décidé de faire une pause dans son rythme effréné de sortie en remplaçant le traditionnel épisode annuel par une adaptation cinématographique. Peine perdue ! Comme toutes les précédentes tentatives d’adaptation d’une franchise vidéoludique au cinéma diront certains. À défaut d’avoir réussi à nous convaincre sur grand écran, cette pause se sera avérée salutaire puisque dès l’année suivante, la série revenait à son meilleur niveau avec un Assassin’s Creed Origins furetant du côté de l’Égypte antique. En 2018, c’est du côté de la Grèce que Assassin’s Creed Odyssey poursuit son périple. Et sans être la huitième merveille du monde, force est de constater après quelques (dizaines d’) heures que ce nouvel opus touche du doigt les plus hauts sommets de l’Olympe. Nous ne nous attarderons pas sur cette gigantesque bataille en guise de prologue qui lorgne ouvertement du côté du film 300 (2006) de Zack Snyder ni sur la pirouette scénaristique qui voit deux séquences d’ADN différentes atterrir sur une lance et permettre ainsi au joueur de choisir entre un avatar masculin (Alexios) ou féminin (Kassandra). Un premier choix, anodin en apparence, mais qui préfigure la nouvelle orientation prise par la saga dans le RPG. En effet, dès la première rencontre avec des petits scélérats locaux, le jeu nous précise bien que la décision de les tuer ou de les laisser en vie aura, comme tous les autres choix ultérieurs, des répercutions pour la suite. N’allez pas croire pour autant que Odyssey renie ses origines (le parkour, l’infiltration) ni les nouveautés apparues l’an passé (l’aigle-drone, des combats plus pêchues très inspirées de Dark Souls). Tout ceci est toujours bel et bien présent mais l’arbre des possibilités, à l’image de celui des compétences de votre avatar, s’ouvre désormais encore davantage, notamment en termes de narration. Tout ceci ayant pour but de permettre au joueur de forger un avatar selon son bon vouloir comme l’autorise tout bon RPG qui se respecte. Odyssey parvient également à concilier les vieux de la vieille (dont fait partie l’auteur de ces lignes, présent depuis le tout premier opus sorti en 2007. Bon sang, dix piges déjà !) et les nouveaux venus en proposant pléthores d’ajustements : quatre niveaux de difficultés, deux modes de jeu (guidé ou exploration, le second ayant notre préférence) ou encore la possibilité de supprimer purement et simplement toute trace de HUD dans les options afin de s’immerger totalement dans les milles et une merveilles graphiques que le titre a à nous offrir. En la matière, Odyssey fait honneur à la saga avec une esthétique visuelle très impressionnante tout en proposant le même degré d’ajustement du mode HDR apparu dans Origins selon deux critères, le niveau de luminance et celui de blanc, idéal pour aboutir à un rendu sans effets de solarisation et autres blancs cramés. Face à un tel niveau de raffinement et de sophistication, nous on dit chapeau ! Ajoutez à cela un open world aux dimensions tout sauf spartiates et vous obtenez ce qu’il conviendra de qualifier comme l’un des tous meilleurs (sinon le meilleur) épisode d’Assassin’s Creed. À noter pour finir que ceux qui souhaiteraient profiter du jeu avec des dialogues en français devront télécharger (gratuitement) le pack de langue correspondant (comptez environ 2,5Go) ; la version installée par défaut étant la version anglaise (avec sous-titres français).

 

This is War

Call of Duty : Black Ops 4 - PlayStation 4Comment faire lorsqu’on est le Goliath du FPS depuis une quinzaine d’années déjà mais qu’en face, en moins d’un an, des petits David ont remis en question une telle suprématie ? Le Goliath dont nous parlons ici est bien entendu Call of Duty tandis que les David s’appellent en réalité PUBG et Fortnite. Disponible depuis juillet 2017, le titre de Epic Games affole littéralement tous les compteurs et tous les acteurs du marché, capable d’engranger près de $300M de revenus mensuels, d’organiser des tournois dotés de $100M de gains, de dire fuck à Google, de faire plier Sony qui refusait jusque-là le crossplay et de lever des fonds à hauteur de 1,25 milliard de dollars. Pour faire face à pareil tsunami vidéoludique, Call of Duty doit s’adapter s’il veut rester le maître et justifier son tarif de 70€ quand en face Fortnite est disponible gratuitement sur tous les supports. Sans grande surprise donc, la cuvée 2018 de CoD (Call of pour les intimes) ploie mais ne rompt pas, se délestant de son excédent de bagages pour laisser place à du neuf à défaut de faire dans l’innovant. Dans les faits, le sacrifié sur l’autel annuel a pour nom la campagne solo, visiblement jugée inutile par l’éditeur car sans doute trop coûteuse à développer avec un retour sur investissement bien trop faible. Et tant pis pour ceux qui, tel l’auteur de ces lignes, se réjouissaient de ce gigantesque défouraillage annuel rétrograde rappelant les bons gros blockbusters hollywoodiens réalisés, au hasard, par Michael Bay. À l’emplacement laissé vacant, on trouve désormais, oh surprise, un tout nouveau mode dit Battle Royale. Soit ni plus ni moins que le concept qui vaut son immense popularité à un certain Fortnite et dont nous ne nous donnerons pas la peine de rappeler le principe ici-même pour l’avoir déjà expliqué l’an passé à l’occasion de la sortie de PUBG. Parmi les autres nouveautés, on retiendra également un mode Control qui ressemble à s’y méprendre à un certain Overwatch. Dans le même temps, les maps se sont rétrécis, la verticalité a été diminuée, les différents gadgets futuristes du n°3 ont été remisés au placard (les jetpacks et autres courses sur les murs), le niveau de santé ne remonte plus automatiquement mais nécessite de s’injecter une bonne grosse seringue. Le célèbre mode Zombie est quant à lui toujours de la partie dans trois environnements dont on ne cherche plus vraiment à comprendre la cohérence : la Rome Antique, la célèbre prison Alcatraz et à bord du Titanic ! Du côté des muscles en présence, le joueur pourra choisir entre plusieurs « corps de métier » disposant chacun de spécialités dont on pourra apprendre les rudiments au travers de tutoriels simili scénarisés. Vous l’aurez compris, le but recherché et clairement affiché est de proposer un gigantesque best of de tous les modes les plus populaires du moment tout en resserrant dynamisant l’action au sein d’environnements plus restreints mais peut-être un peu trop « génériques » sur le plan visuel et qu’une option HDR ne parvient pas totalement à sublimer. Call of Duty : Black Ops IIII aura visiblement trouvé preneur puisque Activision s’est enorgueilli d’un nouveau démarrage stratosphérique avec plus de $500M de recettes mondiales en trois jours, tout en rajoutant dans la foulée une petite rasade de microtransactions. À croire que le menu XXXL du jeu aura une nouvelle fois su trouver preneur. Mais jusqu’à quand ?

 

This is U.S.A.

Life is Strange 2 - PlayStation 4Précisons avant d’entrer dans le vif du sujet que l’auteur de ces lignes n’a joué à aucune des précédentes aventures de Life is Strange, qu’il s’agisse du premier volet sorti en 2015, de la préquelle, Before the Storm, sortie en 2017 ou bien du prélude à ce deuxième opus, Les Aventures extraordinaires de Captain Spirit, sorti en juin dernier. Ce qui ne sera pas nécessairement un problème en soi puisqu’au lancement, ce n°2 pose la question « Avez-vous joué au n°1 ? » Si vous répondez « non », le jeu vous précise alors que le choix final sera généré aléatoirement. Avec une telle question, on imagine bien volontiers qu’il y aura des liens entre toutes ces aventures qui nous échapperont par la suite. Mais dans l’immédiat, cela ne nuira aucunement à la compréhension de ce premier chapitre de Life is Strange 2 intitulé Roads dont le résumé disponible sur le site officiel précise : « Sean Diaz, 16 ans, et son petit frère Daniel, 9 ans, doivent quitter Seattle à la suite d’un évènement tragique. Ils se mettent en route pour le Mexique pour échapper à la police, tout en tentant de cacher un mystérieux pouvoir surnaturel apparu soudainement. La vie sur la route est rude, et Sean, désormais responsable de son petit frère, comprend peu à peu que ses décisions auront des conséquences permanentes sur leur avenir ». Nous n’en dirons pas davantage afin de ne point déflorer les différents ressorts de l’intrigue mais une chose est sûre dès les premières minutes du jeu, c’est que le soin apporté par le studio français Dontnod Entertainment à la caractérisation des personnages, à commencer par celui que dirige le joueur, Sean, fait particulièrement chaud au cœur. Il aura suffi pour cela de quelques lignes de dialogues échangées avec son père et son frère mais également de farfouiller dans l’historique des échanges de SMS sur son smartphone pour prendre la pleine mesure de la chose. Dans la suite de l’aventure, tous les personnages que vous serez amenés à croiser et tous les choix, parfois cornéliens, que vous serez amenés à prendre (voler de la nourriture ou bien la payer sachant que vous n’avez presque plus un sou en poche, fuir ou bien se battre, etc.) auront tous des répercussions ultérieures et permettront à leur tour de façonner un peu plus la personnalité de Sean et de son petit frère. Sans jamais sombrer dans le pathos ou le lacrymal, la dramaturgie de ce road movie est somptueusement illustrée par des graphismes où un soin tout particulier a été apporté aux éclairages et aux couleurs, le tout secondé par une bande son elle aussi riche en effets et complétée par des musiques à la fois sobres et mélancoliques. Et si le pendant SF de ce premier épisode n’est abordé que par petites touches elliptiques, la toile de fond de l’intrigue ne laisse quant à elle que peu de doute, à savoir celle d’une Amérique à l’ère d’un certain Donald Trump où les étrangers sont regardés de travers et où les bévues policières font la une des quotidiens (inter)nationaux. Et rien que pour cela, il nous tarde déjà de découvrir la suite sachant que les dates de sortie des épisodes suivants de Life is Strange 2 n’ont pas encore été officiellement communiquées.

  • Testé sur PS4 Pro à partir d’une version téléchargée (version 1.01)
  • Taille occupée : 12,15Go
  • Sortie le 27 septembre 2018 sur PlayStation 4, Xbox One & PC
  • Trailer de lancement

 

Plate-forme / Réflexion

The Gardens Between - PlayStation 4Après les super-héros, les méchas et autres aventurières intrépides, le temps est venu de remballer la testostérone pour faire fonctionner un peu ses neurones et se replonger en enfance. Une enfance colorée faîte d’îles comme autant de puzzles à résoudre pour rallier le sommet. Des îles comme autant de fragments du passé de nos deux héros, Arina et Frendt, qui, juchés un soir dans leur cabane au fond du jardin, se retrouvent mystérieusement plongés dans ce voyage au cœur de leurs propres souvenirs. Point de mots, point de dialogues ou toutes autres formes d’explications dans The Gardens Between sinon la puissance évocatrice et métaphorique du temps qui passe, d’avant en arrière et vice-versa, comme unique moyen de gameplay. Le but de chacune de ces îles-souvenirs où le joueur est libre de manipuler / figer le temps à sa guise ? Rallier le sommet, main dans la main, avec la petite lanterne que porte Arina remplie d’une boule lumineuse qui sert à surmonter tous les obstacles qui se dressent sur leur chemin. Quelques pas en avant et la petite boule en question se fait chiper par une créature roublarde, quelques pas en arrière et, rembobinant le temps, elle réapparaît. Peut-être fallait-il alors la laisser à ce petit Zébulon de passage pour mieux la retrouver de l’autre côté de l’île ? Mais avant cela, Frendt aura été bien avisé de tirer la chevillette qui pend à ses côtés afin de refermer la boîte d’un autre diablotin situé un peu plus loin. The Gardens Between n’entend pas spécialement faire surchauffer vos cellules grises mais requiert un minimum d’attention afin d’appréhender tous les petits détails qui défilent à l’écran afin de trouver la bonne combinaison : quand avancer, quand reculer et quand figer le temps afin que tous les éléments s’emboîtent. Fruit de The Voxel Agent, studio australien basé à Melbourne, The Gardens Between est une magnifique petite sucrerie indé, aussi somptueuse sur le plan visuel que touchante par son histoire universelle d’amitié enfantine sans pour autant jamais verser dans la crétinerie ou le lacrymal. Le genre de petite régalade dont on aimerait juste qu’elle dure un peu plus longtemps que les trois ou quatre heures requises avant de voir s’afficher le mot fin.

  • Testé sur PS4 Pro à partir d’une version téléchargée (version 1.01)
  • Taille occupée : 3,24Go
  • Sortie le 20 septembre 2018 sur PlayStation 4, PC & Switch
  • Trailer de lancement

 

Planet Alpha - PlayStation 4Planet Alpha marque le centième jeu du mythique studio britannique Team17 que les plus anciens se rappellent sans doute pour avoir sévi avec bonheur sur Amiga 500 dans les années 90 et dont le titre le plus connu est sans doute la saga Worms. Point de lombrics dans Planet Alpha mais des créatures peuplant la planète sur laquelle vous avez atterri, exsangue au cours du prologue et rampant pour tenter de survivre. Une entrée en matière bien énigmatique, à l’image du reste de cette histoire dépourvue de dialogues et de toutes autres formes d’explications, où le but consistera à progresser encore et toujours, horizontalement et/ou verticalement, dans ce plate-former dont la parure visuelle pourrait se résumer à un croisement entre les films Avatar et La Guerre des Mondes. Une richesse formelle qui est d’ailleurs le plus gros point fort du jeu faisant quelque peu regretter l’absence d’option HDR tant le travail accompli sur les couleurs, et notamment le cycle jour / nuit, partie intégrante du gameplay, force l’admiration. Au milieu de cette faune et flore chatoyantes, votre cosmonaute dépourvu d’arme ou de tout autre ustensile sinon la force de ses petits bras et de ses petites jambes devra escalader, sauter ou encore s’accroupir pour éviter d’être repéré par ces fameux tripodes tout droit sortis de l’imaginaire de H. G. Wells ou encore par ces robots dont la silhouette ne sera pas sans rappeler le fameux Robby de Planète interdite, en beaucoup moins bienveillants toutefois. Le studio a visiblement révisé ses classiques de la S.F. pour nous offrir cette aventure spatiale bien énigmatique au milieu de décors fastueux, nantis d’une profondeur de champ à couper le souffle et agrémentées de nombreuses petites animations dans tous les recoins de l’écran. Pour ceux qui ne seront pas réfractaires à ce parti-pris graphique haut en couleurs et à quelques passages un peu trop « die & retry » (pas de panique, le jeu sauvegarde automatiquement et très fréquemment au cours de la progression), Planet Alpha vaut le voyage aux confins d’une galaxie toujours aussi (in)hospitalière.

  • Testé sur PS4 Pro à partir d’une version téléchargée (version 1.01)
  • Taille occupée : 4,20Go
  • Sortie le 4 septembre 2018 sur PlayStation 4, Xbox One, PC & Switch
  • Trailer de lancement

 

Au pays du Soleil Levant

Dragon Quest XI : Les Combattants de la destinée - PlayStation 4Il y a fort longtemps, dans une autre vie et dans une autre ville, l’auteur de ces lignes découvrit pour la première fois Dragon Quest sur cette bonne vieille PlayStation première du nom (de là à me rappeler de quel épisode il s’agissait, c’est une autre histoire qui nécessiterait des fouilles quasi-archéologiques dans les tréfonds du grenier de la chaumière familiale normande). Soit l’un des tous premiers pas oh combien plaisant dans l’univers dit du JRPG et plus précisément dans l’une des sagas les plus mythiques du genre dont le tout premier épisode remonte à 1986. En 2018 et trois générations de consoles plus tard, sort Dragon Quest XI : Les Combattants de la destinée sur PlayStation 4. Et si vous n’aviez jamais mis les pieds auparavant dans cet univers vidéoludique nippon, n’ayez crainte car la prise en main est quasi-instantanée. D’autant plus que le niveau de difficulté est tout sauf rédhibitoire tout au long de l’aventure, Dragon Quest XI ayant en effet pour (fâcheuse) habitude de restaurer tous vos points de magie à chaque montée de niveau, rendant la progression d’autant plus aisée. Car bien entendu, qui dit (J)RPG dit magie, sortilège, arbre de compétences, inventaire à foison et tutti quanti ; le tout en prévision des dizaines d’heures d’aventure qui vous attendent dans un univers en simili open world en quête de cette fameuse destinée. Simili car Dragon Quest XI est en réalité beaucoup plus « cloisonné » que son pendant « monde ouvert » ne voudrait bien nous le laisser croire. Quant à la destinée du titre, ce n’est pas spécialement par la dramaturgie de sa narration que brille le titre, empreint d’une certaine naïveté bon enfant. La phase d’introduction en compagnie de la midinette qui s’exclame « oh mon héros » après chaque combat victorieux est à ce titre assez symptomatique des animés nippons sur expressifs. Qu’à cela ne tienne, cette approche fait assurément partie du charme de la saga qui trouve ici un bien bel écrin avec un style visuel très japanime, à mi-chemin entre le cel-shading et le crayonné feutré (cf. la bande-annonce ci-dessous). Tout juste pourra-t-on regretter que ces somptueux graphismes richement colorés ne soient pas proposés en HDR comme Ni No Kuni II sorti en début d’année. Il faudra également s’habituer à ces animations quelque peu rigides des personnages ou encore à ces musiques tout droit sortis d’un synthétiseur Bontempi. Mais peut-être est-ce là aussi un choix pleinement assumé afin de conserver un certain esprit « à l’ancienne » de la saga. Nous attendons désormais de pied ferme la version Switch de ce petit joyau du JRPG en cours de développement mais sans aucune date de sortie pour le moment.

  • Testé sur PS4 Pro à partir d’une version téléchargée (version 1.00)
  • Taille occupée : 30,83Go
  • Sortie le 4 septembre 2018 sur PlayStation 4, Xbox One & PC
  • Trailer de lancement

 

Valkyria Chronicles 4 - PlayStation 4Autant votre humble serviteur avait déjà mis un (doigt) de pieds dans l’univers de Dragon Quest, autant il ne s’était jamais attardé (jusque-là) à l’univers de Valkyria Chronicles dont le premier épisode remonte à 2008 sur PlayStation 3. Pourquoi s’y intéresser maintenant nous direz-vous ? Tout simplement parce qu’il s’agit de son nouveau genre de prédilection, à savoir les jeux de stratégie au tour par tour depuis qu’un certain XCOM 2 est sorti sur PlayStation 4 voilà deux ans de cela (hyper dur mais oh combien excellent et addictif). Dans les faits, Valkyria Chronicles 4 se pose comme une métaphore à peine voilée des affrontements au cours de l’hiver 41-42 entre les troupes de la Wehrmacht et celles de l’Union Soviétique puisqu’il y est question d’un continent baptisé Europa envahie par un certain Empire dont l’emblème ressemble à s’y méprendre au fameux aigle nazi. Vous y incarnez un jeune commandant du nom de Claude Wallace qui va devoir mener ses troupes, de préférence saines et sauves, au cœur de cette opération d’envergure baptisée « Croix du Nord ». Le prologue se chargera de vous expliquer les rudiments du gameplay, mariage très réussie d’action en temps réel et de stratégie au tour par tour. La première étape consiste à sélectionner une de vos unités sur la carte (fantassin, char, etc.), ce qui vous coûtera un point d’action. Vous prenez alors les commandes de cette unité que vous allez déplacer en temps réel sur le champ de bataille dans les limites autorisées par sa jauge de mouvement. Le moment est ensuite venu de viser puis de tirer sur l’ennemi. Une fois que tous vos points d’action ont été épuisés (ou bien que vous décidiez de terminer votre tour, auquel cas les points d’action restants seront reportés sur le tour suivant), c’est au tour de l’IA d’entrer en scène. Comme tout bon jeu de stratégie qui se respecte, il faudra choisir avec discernement les membres de votre équipe avant le début de chaque mission puisque chaque troufion dispose bien entendu de ses spécificités (soigneur, sniper, etc.). Un choix d’autant plus déterminant que Valkyria Chronicles 4 a cette assez fâcheuse tendance à imposer des remaniements complets et scriptés à l’avance en plein milieu d’un combat (telles ces éprouvantes tempêtes de neige). Une approche sans doute voulue pour surprendre le joueur et pimenter un peu les affrontements qui, dans leur ensemble et pour peu que vous preniez bien soin de mettre vos troupes suffisamment à couvert, ne devraient pas poser trop de difficulté aux fins connaisseurs du genre tactical. Nous ne nous attardons pas sur les différents protagonistes, clichés au possible, ni même sur certains passages gentiment « gnangnan » de l’intrigue (snif les petites fleurs détruites pleurniche ainsi notre commandant dès les premières minutes) pour retenir un jeu au gameplay particulièrement prenant et servi par un style visuel crayonné / aquarelle très réussi.

  • Testé sur PS4 Pro à partir d’une version éditeur (version 1.00)
  • Taille occupée : 28,97Go
  • Sortie le 25 septembre 2018 sur PlayStation 4, Xbox One, PC & Switch
  • Trailer de lancement

 

Mega Man 11 - Xbox OneUne chose est sûre, 2018 aura été une année particulièrement faste pour les fans de Mega Man. En mai dernier sortaient sur Switch Mega Man Legacy Collection 1 et 2 (pas vu pas pris) suivi deux mois plus tard de Mega Man X Legacy Collection 1 et 2 sur PS4, XBO et Switch (que nous avions pu tester sur cette dernière). Soit quatre giga-compilations histoire de patienter jusqu’à la sortie du tout nouvel épisode début octobre, Mega Man 11, que nous avons pu tester sur Xbox One. Première petite déconvenue, bien qu’annoncé comme étant optimisé pour la One X, le titre est hélas dépourvu d’option HDR. Dommage pour les univers colorés au sein desquels évolue notre héros. Saga réputée difficile par essence, ce nouveau volet entend toutefois s’ouvrir à un public plus large grâce à ses quatre niveaux de difficulté tandis que côté dialogues, on retrouve toujours la possibilité d’opter entre le japonais et l’anglais. Mais la grosse nouveauté de ce Mega Man 11 est à chercher du côté du système baptisé Double Gear qui permet, au choix, de booster temporairement sa puissance de tir ou bien de ralentir le temps façon bullet time. Des deux systèmes, c’est assurément ce dernier qui se révèlera le plus utile / indispensable au fil des niveaux et des ennemis rencontrés. Pour le reste, Mega Man 11 ne change pas vraiment une formule qui gagne avec son principe d’upgrade de matos et son niveau de difficulté plutôt velu dès lors que l’on délaisse les modes les plus faciles. En contrepartie, ce onzième épisode ne semble pas avoir pris beaucoup de risques avec un level design finalement assez conventionnel et une durée de vie un peu trop ramassée à notre goût (comptez de quatre à cinq heures max pour en voir le bout).

 

Pour les sportifs

NBA 2K19 - PlayStation 4Les saisons se suivent et se ressemblent. Ou presque. Alors que la saison de la véritable NBA débute un peu plus tôt que d’habitude, le 16 octobre, celle de la franchise NBA 2K a déjà poli les parquets virtuels depuis le 7 septembre dernier. Si ce nouvel épisode intitulé 2K19 est toujours attendu en superstar des simulations sportives, cette année quelques huées d’une bonne poignée de joueurs fatigués de pratiques commerciales (pay to win et autres loot boxes) qui se généralisent dans le milieu du jeu vidéo et dont la franchise 2K profite bien se font entendre. À tel point d’ailleurs que la concurrence qui se relève lentement mais sûrement (NBA Live pour ne pas le citer) en joue, en offrant plus « d’articles » à moindre coût. Pour autant, cette braderie ne suffit pas à venir détrôner le roi du jeu de sport qui laisse loin derrière lui d’autres cadors du genre tels que FIFA et consorts. Ses présentations de matchs sont toujours aussi fantastiques et prenantes via une bande-son tonitruante. Les ambiances de matchs sont toujours aussi riches et ponctuées de commentaires (toujours en anglais) divers et variés. Passées ces fondations de qualité, NBA 2K19 démontre que le développeur Visual Concepts ne s’est pas reposé sur ses lauriers glanés depuis maintenant 20 ans, en prenant en compte certains griefs des joueurs notamment dans le gameplay. Fini le passage en force qui explose les défenses, il faut désormais bien ruser et être encore plus précis au moment du shoot. Quoi que sur ce dernier aspect, il reste une petite marge de manœuvre qui évitera d’en frustrer plus d’un. Un petit passage par le 2KU permettra de se familiariser un peu plus avec les commandes. Petite déception quand même puisque cette rectification a tendance à ralentir les basketteurs même les plus rapides. Il faudra alors jouer avec l’IA du jeu qui sait faire quelques appels bien sentis. Comme toujours, si on peut jouer dans les salles ou sur le bitume, le cœur du jeu se trouve dans les modes My League, My Career, et My Team. Le premier est le plus satisfaisant de tous en vous permettant de créer votre propre franchise de basket avec des réglages ultras précis dignes des RPG les plus fouillés. Le second est réjouissant puisqu’il s’agit du fameux mode histoire où on incarne un jeune lycéen qui veut devenir une future star de la NBA. Seulement cette année, Visual Concepts a bien revu sa copie en ayant une histoire (nommée The Way Back) bien plus maîtrisée avec son personnage A.I. qui pense pouvoir être drafté telle une simple formalité mais qui va déchanter et devoir se former en Chine. Contrairement à l’an dernier, les cinématiques peuvent être interrompues et le Prélude peut même être sauté. Une mini révolution pour un personnage plaisant à suivre quant à l’évolution de sa maturité aux côtés de personnages incarnés par Anthony Mackie ou encore Michael Rapaport. Moins aboutit, My team permet de créer son équipe (et de la compléter via ces satanées microtransactions) et de jouer en ligne. Sur la partie online, les commandes joueront avec vos nerfs en raison d’une petite latence entre votre pression sur le bouton et l’action à l’écran. Cela dit, ce mode reste jouable après une petite adaptation. Sans être un chef d’œuvre et en espérant (encore) des rectifications futures, NBA 2K19 reste à un très bon niveau et dunk sans problème ses concurrents sur le terrain vaste et sans merci de la simulation sportive. Flavien Bellevue

  • Testé sur PS4 à partir d’une version téléchargée (version 1.03)
  • Taille occupée : 62,23Go
  • Sortie le 7 septembre 2018 sur PlayStation 4, Xbox One, PC & Switch
  • Trailer de lancement

 

FIFA 19 - PlayStation 4Si le basket n’est pas votre fort, il reste d’autres sports comme le football par exemple. Une discipline bien connue de certains membres de la rédaction. Anciens pratiquants amateurs sur le terrain désormais maîtres ès critique sur canapé, rien n’échappe à ces aficionados sur l’actualité du ballon rond. Cependant, quand vient le moment de tâter des jeux vidéo, il y a tout de suite beaucoup moins de monde. C’est presque dans l’indifférence que FIFA 19 a débarqué à la rédac. Pour sa vingt-sixième saison (ça ne nous rajeunit pas), le nouveau FIFA célèbre l’arrivée tant attendue de la Ligue Digital Ciné des Champions (LDC) après avoir passé dix ans chez la concurrence japonaise. Pour l’occasion, l’équipe d’EA Sports a sorti le grand jeu avec la musique officielle de la mythique compétition. Passé cette introduction imposée de la LDC, sans possibilité de couper les présentations télés, on se retrouve devant un nouveau menu FIFA clair, coloré et assez dynamique. Pour ceux qui aiment se faire des parties rapides avec le « coup d’envoi » (comme l’auteur de ses lignes), c’est le jour et la nuit comparée à FIFA 18. Là où vous débarquiez en plein « match classique » (appellation FIFA 19), vous aurez désormais le choix entre un match « classique », à « règles spéciales », un match de LDC (poule, demi-finale ou finale), une finale d’une coupe (hormis la coupe du monde, le choix est très exhaustif, pas de jaloux donc), deux matchs domicile / extérieur ou deux séries de 3 ou 5 matchs pour désigner le vainqueur. Voilà de quoi égayer des soirées en solo ou à plusieurs notamment dans les Règles spéciales où la façon de marquer est souvent explicite (Longue distance, Tête et volée), plus corsée (Survie où vous perdez un joueur de votre équipe à chaque but marqué) voire débridée (Sans règles où tacles à la gorge et autres hors-jeux sont tolérés). Une refonte de fond en comble de ce mode qui en avait finalement bien besoin et dont la variété rappelle un peu les fameux temps forts de la semaine de FIFA 14. Mais sur le terrain (virtuel), qu’en est-il ? EA Sports a encore amélioré les animations des joueurs. Les collisions se ressentent et la garde du ballon pour celui ou celle qui le détient, est visuellement perceptible face à un défenseur bien pressant. Les tactiques au sein des matches sont bien plus étoffées que l’an passé et ont un réel impact sur le match tandis que les phases de jeu offensives ou défensives semblent moins probantes. In fine, malgré une vitesse réduite, il faudra être vigilant et savoir choisir le bon joueur au bon moment pour défendre face à des attaques encore un peu rapides. Il y a donc du mieux tout en restant perfectible. En parlant d’amélioration, les commentaires français déclamés par Pierre Ménès et Hervé Mathoux, réchauffés de FIFA 18, se renouvellent un peu avec la mise à jour 1.02 mais sont souvent buggés dans le feu de l’action. Les commentaires anglais seront à privilégier pour davantage de diversité. Pas de changements ou presque à signaler pour les modes Carrière et FUT si ce n’est une Division Rivals qui permet d’affronter des équipes en ligne du même niveau et de glaner quelques récompenses renouvelées chaque semaine. Reste l’autre gros morceau solo du jeu : The Journey Champions. L’aventure d’Alex Hunter, de sa sœur Kim et de son ami Danny Williams s’achève après trois chapitres et une douzaine d’heures d’un scénario un peu pataud où la possibilité vous est offerte de changer de protagoniste en cours de route. Si le 2ème chapitre se traîne et manque de variété quant aux activités de stages du groupe (aucune des Règles spéciales ne se retrouvent ici), vos efforts seront récompensés lors du chapitre final autrement plus réussi. Sans être une révolution, FIFA 19 tire son épingle du jeu en revoyant ses présentations, ses animations et ses modes de jeux « simples ». Il lui manque toutefois encore un peu de jambes avant d’atteindre les filets de la consécration du jeu de foot ultime. Sans parler de l’absence de la Croatie pourtant finaliste de la dernière coupe du monde et du Brésil qui hormis Neymar est une équipe composée de noms totalement inventés.

  • Testé sur PS4 à partir d’une version téléchargée (version 1.02)
  • Taille occupée : 48,18Go
  • Sortie le 28 septembre 2018 sur PlayStation 4, Xbox One, PC & Switch
  • Trailer de lancement

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