Evolve - PlayStation 4

Evolve : 4 chasseurs sachant chasser

Qu’ils soient tapis dans l’ombre au fond du placard la nuit (les fameux boogeyman dont l’un des derniers représentants en date, Mister Babadook, est une petite perle), ou bien plus « frontaux », voire imposants, mais tout aussi cauchemardesques, les monstres et autres créatures de toutes origines n’ont cessé d’être une source d’inspiration intarissable. Pour ce qui constitue sans aucun doute la première grosse sortie AAA de l’année, Evolve nous propose de partir à la chasse de pas moins de trois de ces grosses bestioles pour le prix d’un seul jeu.

Evolve - PlayStation 4

La petite cinématique qui tourne en boucle sur le menu d’accueil nous met d’ailleurs dans l’ambiance. Quatre individus lourdement armés débarquent sur une planète non identifiée et se lancent sur les traces de l’une de ces créatures bienveillantes avant que ne s’engage un combat à l’issue incertaine digne de David contre Goliath. L’issue, ce sera au joueur de la déterminer. Pour cela, il pourra tout d’abord se faire la main sur les deux tutoriels que propose Evolve : un dans la peau du monstre en vue TPS, l’autre dans celle d’un des chasseurs en vue FPS. Le premier fait montre d’une agilité digne d’un King Kong dans sa propension à escalader n’importe quelle paroi et d’un appétit digne du T-Rex de Jurassic Park dès lors qu’il s’agit de dévorer ses malheureuses victimes afin… d’évoluer (d’où le titre du jeu) vers une créature encore plus puissante. Pour en arriver là, elle aura toutefois fort à faire car les chasseurs n’entendent pas vraiment servir de déjeuner et, armés de mines, boucliers, dômes-pièges et autres gadgets offensifs / curatifs en tous genres, vont tout mettre en œuvre pour lui faire la peau.

Evolve - PlayStation 4

Le cadre est donc posé : 4 chasseurs (à choisir parmi 12 au total repartis selon 4 classes : trappeur, soutien, assaut et soigneur) contre 1 créature (à choisir parmi 3 au total : Goliath, Kraken et Spectre, les deux dernières étant à débloquer au cours du jeu) qui vont se foutre sur la tronche au sein de 12 cartes. Sur le fond, vous l’aurez compris, le but bassement primitif de Evolve consiste à étriper le méchant Godzilla (version Roland Emmerich, celle de Gareth Edwards boxant dans une toute autre catégorie plus en phase avec la première mouture de Ishirô Honda 60 ans plus tôt). Dans la catégorie « exploration d’une lointaine planète », Evolve se range donc derrière le colonel Quaritch d’Avatar, joyaux de James Cameron dont les suites sont attendues avec impatience, et non dans l’exploration de la faune et la flore locale en vue de faire ami ami.

Evolve - PlayStation 4

Quitte à casser du monstre, autant y aller gaiement. Oui mais voilà, le premier hic du jeu survient assez vite. Dès lors que la partie de cache-cache introductive cède la place à la poudre, situation qui survient plus ou moins vite selon les aptitudes de la bête à se planquer au sein d’une végétation suffisamment touffue et accidentée, la différence de taille entre chasseurs et chassés (entre 6 et 8 mètres de haut le bestiau tout de même !) pose alors problème. Et le joueur de se retrouver bien souvent à cogner / tirer sans véritablement savoir s’il a touché sa cible. Si un tel défi a été surmonté depuis longtemps au cinéma grâce à la technique bien connue de « la perspective forcée », toujours en vogue de nos jours (cf. les trilogies du Seigneur des anneaux et du Hobbit adaptées sur grand écran par Peter Jackson), dans le cas d’un jeu comme Evolve qui requiert une interaction en temps réel beaucoup plus prégnante entre les personnages, cela entraîne des conséquences déjà plus problématiques. Le deuxième reproche quant à lui est d’ordre purement pécunier. En effet, impossible d’accéder aux différents skins et autres items sans passer à la caisse alors que la grande majorité des jeux permettent de les obtenir en cours de partie par des moyens divers et variés (missions annexes, etc.) sans bourse déliée. Sachant que dans le cas de Evolve, la boutique comporte une petite cinquantaine de ces items facturés de 2€ à 6€ pièce (sans compter le désormais traditionnel season pass à 24,99€, on vous laisse faire le calcul.

Evolve - PlayStation 4

Quant à ceux qui s’interrogeraient sur le pendant multi-joueurs, raison d’être de Evolve, et ne disposeraient pas forcément de suffisamment d’amis gamers dans leur entourage, pas de panique, deux possibilités s’offrent à eux. La première, la moins fun : jouer en solo, l’IA se chargeant alors des autres personnages. La deuxième : laisser le jeu vous trouver des compagnons de chasse en ligne tout en essayant autant que faire se peut de tenir compte de vos choix : monstre ou chasseurs et priorité de classes dans le second cas. Et si en définitive tout ceci a plutôt une belle gueule (moyennant des temps de chargement un chouïa long), le concept tournera assez vite en rond une fois que le joueur se sera essayé à toutes les possibilités de classes, monstres et aires de jeu. In fine, Evolve revêt avant tout les atours d’un défouloir plaisant où l’on (re)viendra se faire quelques parties de chasse entre potes de temps en temps plutôt qu’un titre dans lequel on se plongera des heures d’affilées.

Evolve est disponible depuis le 10 février 2015 sur PlayStation 4, Xbox One et PC.

De plus amples informations sur Evolve sont disponibles sur le site officiel http://evolvegame.com/

Testé sur PlayStation 4 à partir d’une version éditeur
Testé en version : 01.01
Taille occupée sur le disque dur : 26,18Go

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