Bloodborne - PlayStation 4

Bloodborne : Plus c’est dur, plus c’est bon

Derrière ce titre d’article que les esprits les plus déviants n’auront pas manqué d’interpréter de travers se cache sans doute l’un des jeux originaux (comprendre par là auquel le suffixe « Remastered » n’est pas apposé) le plus existant à date sur les consoles next gen. Bloodborne ou l’un des titres phares de 2015 et accessoirement porte-étendard de la PlayStation 4 ?

Bloodborne - PlayStation 4

Soyons clair d’entrée de jeu : les premières heures aux commandes de Bloodborne sont un véritable enfer, à tout le moins pour les néophytes (tel votre humble serviteur) de l’univers des Demon’s souls / Dark souls initié en 2009 par le studio From Software. Point de tutoriel, point de niveau de difficulté « Pour les nuls ». Sitôt franchi la petite introduction de rigueur où un vieillard à la mine décrépie vous amène à pactiser par le sang, le joueur se réveille dans cette bonne vieille ville de Yharnam frappée par une mystérieuse épidémie, citée du 19ème siècle aux allures cauchemardesques s’il en est et que tout le gotha de la presse (spécialisée ou non) s’est empressé de comparer (à raison) aux univers de Lovecraft et Edgar Allan Poe. Armé de sa seule b*** mais dépourvu de couteau, notre héros, désemparé au même titre que le joueur, progresse fébrilement tout en inspectant les lieux sans trop savoir ni quoi faire ni où aller… Jusqu’à tomber sur son premier adversaire, cerbère tout droit sorti des enfers et qui ne fera qu’une bouchée du malheureux (totalement désarmé rappelons-le). Direction le rêve du chasseur, sorte de repos du guerrier que le joueur côtoiera à moult reprises, de gré ou de force, au cours de la partie. Puis, retour en enfer pour tenter une nouvelle fois d’occire la vile créature susnommée.

Bloodborne - PlayStation 4

Vivre, mourir, recommencer. Bienvenu dans Edge of tomorrow Bloodborne. Et encore, tout ceci n’est qu’un amuse-gueule de ce qui attend le joueur par la suite. Car à l’image de l’excellent long-métrage de Doug Liman, que d’aucuns ont qualifié un peu vite de « Jour sans fin guerrier », omettant au passage sa dimension vidéodulique, la tagline du film va se répéter un nombre incalculable de fois au cours des pérégrinations du joueur dans les méandres de Bloodborne. Et sans doute bien davantage que les 26 tentatives de Tom Cruise dénombrées à l’écran pour mener sa mission à bien. Oui Bloodborne est hard. Très hard même. Un jeu pour les gamers, les vrais, les purs, ceux qui ont des grosses corones. Mais pour survivre il faudra avant tout faire preuve d’un grand sens de l’observation afin de déterminer l’approche à même de pourfendre les innombrables adversaires de cet univers. Saignant certes mais certainement pas aussi bourrin qu’il pourrait le laisser suggérer de prime abord.

Bloodborne - PlayStation 4

Pour autant, c’est avant tout l’indéfectible détermination du joueur, au même titre que ses nerfs et sa dextérité, qui sera soumise à rude épreuve dans Bloodborne. Une opiniâtreté de tous les instants qui se verra récompensée au fil des dizaines d’heures qui attendent le joueur (entre 30 et 40 selon le nombre de « Vivre, mourir, recommencer ») mais sans que le niveau d’exigence ne fléchisse pour autant au cours de l’aventure. Un tel niveau d’abnégation et d’investissement de la part du public ne sera pas sans rappeler certaines productions télévisées, à commencer par une majorité de shows frappée du sceau « HBO » où il faut bien souvent attendre de très nombreux épisodes avant de voir la patience du téléspectateur récompensé par des histoires et des personnages aux ramifications innombrables. Dans les deux cas de figure, ce n’est qu’une fois les œuvres achevées que le joueur / téléspectateur sera à même de prendre la pleine mesure du chemin accompli et in fine de l’ampleur du titre qu’il vient de parcourir. Le meilleur exemple, que d’aucuns considèrent comme la meilleure série de tous les temps (y compris devant Les Soprano), est The Wire (Sur écoute en français) où chaque saison s’articule autour d’un « corps de métier » spécifique (policiers, dockers, politiciens, journalistes, etc.), tout ceci au cœur d’une seule ville, Baltimore, pour in fine constituer l’une des plus prodigieuse radiographie sociale de l’histoire. Gageons que dans son registre et en digne successeur de Demon’s souls et Dark souls, Bloodborne marquera lui aussi durablement de son empreinte l’univers des jeux vidéo.

Bloodborne - PlayStation 4

Allez, un tout petit grief à l’encontre du jeu pour finir histoire de trouver quelque chose à redire : chaque passage de vie à trépas (très nombreux donc, rappelons-le à nouveau) se solde par de longs temps de rechargement, désagrément que le studio a déjà à cœur de corriger le plus rapidement possible via un patch ad hoc. Une moindre complainte toutefois eu égard à la grandeur de Bloodborne, tant sur le fond (un véritable challenge pour gamers) que sur la forme (un emballage visuel de toute beauté).

Bloodborne est disponible depuis le 25 mars 2015 sur PlayStation 4.

Testé sur PlayStation 4 à partir d’une version éditeur
Testé en version : 01.01
Taille occupée sur le disque dur : 29,89Go

 

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