King's Quest - La Voix du Chevalier

King’s Quest – La Voix du Chevalier : Un joli ramage, des plumes en moins

Au beau milieu d’un été qui fleure bon la sinistrose, aussi bien en termes de sorties cinés, DVD/Blu-ray que jeux vidéo, si vous êtes à la recherche d’une petite douceur à même de vous occuper quelques heures, alors le premier chapitre de King’s Quest intitulé La Voix du Chevalier pourrait vous intéresser…

King's Quest - La Voix du Chevalier

Ou tout du moins nous intéresser, à DigitalCiné, lorsque Matt Korba, président, cofondateur et directeur créatif du studio californien The Odd Gentlemen, cite Princess Bride (1987) en référence à King’s Quest, il va sans dire qu’une telle analogie titille notre curiosité de cinéphile / cinévore. Alors, à l’image de Mandy Patinkin dans le long-métrage culte de Rob Reiner, enfilez vos plus belles guenilles, dégainez votre manette et en avant pour un petit tour de « Bonjour. Je m’appelle Inigo Montoya. Tu as tué mon père. Prépares-toi à mourir ». Dès les premières minutes de jeu, les similitudes sont manifestes. Tout d’abord de par le principe même de l’histoire de King’s Quest dans laquelle le (vieux) Roi Graham, confortablement installé dans son lit, raconte à sa petite-fille Gwendolyn ses périples de jeunesse. Tout au long du jeu, les deux personnages ne cesseront d’intervenir, ici pour aider (diriger ?) le joueur, ailleurs pour railler telle ou telle situation. Car au-delà de l’analogie scénaristique, c’est avant tout son premier degré totalement décomplexé qui caractérise au mieux ce King’s Quest. Un parti pris qui se retrouve aussi bien au niveau de la pâte graphique du jeu, cartoonesque mais néanmoins très fournie en termes de détails visuels et de couleurs, que des nombreuses tirades et autres bons mots. Le tout ne sera alors pas sans rappeler les classiques 80s / 90s de LucasArt, à commencer par un certain Secret of Monkey Island (1990) et ses mythiques duels d’insultes. Sur le fond, King’s Quest consiste, à l’image du classique de LucasArt ou encore du récent et très sympathique Soldats inconnus : Mémoires de la Grande Guerre, en une succession de scénettes comme autant de mini-défis à relever et d’énigmes à résoudre. Rien d’insurmontable cependant car tout le plaisir de King’s Quest réside avant tout dans la balade qui nous est contée. Ce qui constitue tout à la fois la force et la faiblesse de ce premier chapitre.

King's Quest - La Voix du Chevalier

Sa force car King’s Quest n’est finalement rien d’autre qu’un joli petit conte interactif sans aucune autre prétention, aussi amusant et divertissant que simple à jouer. Sa faiblesse ensuite car sur le strict plan du gameplay, la difficulté (non ajustable) ne présentera pas un défi majeur et les nombreuses répétitions du jeu pourront finir par ennuyer / énerver : les « die & retry » qui ponctuent la progression à plusieurs reprises, les allers-retours incessants d’un lieu à l’autre, les multiples QTE et plus généralement la sensation de n’être qu’une marionnette guidée par les voix de Graham et Gwendolyn sans autre forme de liberté. À ce sujet, si la VO fait appel à Christopher Lloyd pour camper le Roi Graham, on ne pourra que regretter sur la VF l’absence du doubleur usuel du comédien : l’excellent Pierre Hatet qui, au détour de la foultitude de personnages mythiques auxquels il a prêté sa voix depuis bientôt 40 ans, a interprété le Joker dans la trilogie vidéoludique Arkham (et notamment son excellente conclusion, Batman : Arkham Knight). Notez bien qu’il sera toujours possible d’opter pour la VO (sur notre exemplaire Xbox One, il fallait toutefois changer les paramètres de langue de la console elle-même puisqu’aucune option in-game n’offre une telle possibilité) mais dans ce cas, l’activation des sous-titres enclenchent des sous-titres… en anglais ! Impossible donc de jouer à King’s Quest en VOSTF (ou alors, on n’a pas trouvé comment faire, NDLR). Un aspect pour le moins dommageable quand on sait à quel point les dialogues constituent une bonne partie du plaisir du jeu.

King's Quest - La Voix du Chevalier

Sur la petite demi-douzaine d’heures de jeu que dure ce premier chapitre de King’s Quest, il en ressort un chevalier au joli ramage mais qui y laisse malgré tout quelques plumes. Soit un divertissement « bon enfant », aussi plaisant à regarder qu’à écouter, que partiellement frustrant à jouer, les possibilités interactives étant in fine assez limitées / répétitives. En espérant que les chapitres suivants, à paraître à des dates encore indéterminées, sauront apporter davantage de noblesse à cette quête royale…

King’s Quest : Chapitre 1 – La Voix du Chevalier est disponible depuis le 29 juillet 2015 en téléchargement sur PlayStation 4, PlayStation 3, Xbox One, Xbox 360 et PC.

Pour plus de renseignements sur King’s Quest, rendez-vous sur le site officiel.

Testé sur Xbox One à partir d’une version téléchargée.

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