Mad Max - Le jeu

Mad Max le jeu : une préquelle qui tient la route

Quoi de plus naturel que de vouloir profiter de l’aspiration de Mad Max Fury Road pour proposer une déclinaison vidéoludique du mythique guerrier de la route ? Mais Mad Max le jeu tient-il la comparaison avec son homologue cinématographique ?

Mad Max : un jeu dans le sillage de Fury Road

Petit rappel des faits et accessoirement retour en arrière. Pour tous ceux qui auraient loupé les précédents épisodes, nous ne saurions que trop vous conseiller notre dossier consacré à la trilogie Mad Max. Quant au quatrième opus, Mad Max Fury Road, direction là encore notre test du Blu-ray américain paru Outre-Atlantique début septembre en complément de notre critique en bonne et due forme au moment de la présentation du film en grande pompe au Festival de Cannes en mai dernier. C’est bon, vous avez tout lu ? Alors poursuivons. Si les premiers trailers de Fury Road faisaient saliver, trente ans après le bien mièvre Au-delà du dôme du tonnerre, personne ne s’attendait à ce que George Miller, du haut de ses soixante-dix piges, fasse ainsi la nique à tout un pan de « jeunes freluquets présomptueux prétendument réalisateurs de films d’action ». Comme nous le disséquions dans notre critique, tout est dans le titre, à savoir un long-métrage fou furieux qui a scotché tout son monde au fauteuil en proposant ce que d’aucuns considèrent désormais comme le nouveau mètre-étalon en matière de film post-apocalyptique (même si, sur ce point, il y a débat entre Mad Max 2 et Mad Max 4).

Mad Max - Le jeu

C’est dire si, après ça, Mad Max le jeu allait devoir s’accrocher solidement au parechoc pour (tenter de) suivre le rythme frénétique imposé par Miller ! L’introduction nous place en terrain connu : Max Rockatansky, au prise avec des Warboys, va devoir en découdre à grands coups de tronçonneuse avec leur chef, un dénommé Scrotus, progéniture psychopathe d’un certain Immortan Joe. Max se trouve alors sur le sable, au propre comme au figuré. Privé de caisse, il va devoir errer en quête d’une nouvelle tire et des deux denrées les plus précieuses dans ce monde de désolation que sont l’eau et l’essence. Bien vite, il croise sur son chemin un Quasimodo du Wasteland qui va se révéler aussi compliqué à comprendre, s’exprimant à demi-mots façon Gollum, que précieux dans sa propension à confectionner un nouveau bolide surpuissant à partir d’une 2CV. Voilà pour le cadre général. De là, Max et son nouveau sidekick vont sillonner le Wasteland en vue de pacifier les différentes régions sous la coupe de Scrotus et, par extension, acquérir les morceaux de ferrailles nécessaires pour transformer la citrouille métallique en carrosse aussi rutilant que rugissant. Mais pas que…

Mad Max - Le jeu

Mad Max : Arkham Road

Prenez le Chevalier Noir et remplacez sa cape et son masque par une barbe de trois jours et un perfecto poussiéreux, faite de même avec le char d’assaut faisant office de batmobile transformé en une Mustang V8, et pour finir transposez le lieu de l’action depuis Gotham City dans le Wasteland et abracadabra, vous venez de changer Batman en Mad Max. Ce petit tour de passe-passe ne concerne pas tant les longs-métrages que leurs déclinaisons vidéoludiques puisqu’en effet, sitôt franchies les premières heures de jeu, un constat commence aussi sûrement qu’inexorablement à poindre à l’horizon. Un constat qui, en dépit de la chaleur écrasante qui règne dans le Wasteland, n’a rien d’un mirage : le fait que Mad Max le jeu, développé par Avalanche Studios, à qui l’on doit notamment la trilogie Just Cause (dont le troisième opus paraîtra en décembre prochain), ressemble furieusement à la trilogie Batman : Arkham développée par Rocksteady Studios et dont l’excellent épilogue, Arkham knight, est paru en juin dernier. Le fait que l’éditeur derrière les deux titres (Arkham et Mad Max) soit le même, à savoir Warner Bros. Interactive Entertainment, n’a bien entendu rien à voir avec la choucroute.

Mad Max - Le jeu

Les similitudes sont-elles pour autant préjudiciables à Mad Max ? Que nenni ! On n’aurait même plutôt tendance à apprécier la transposition d’univers puisqu’au niveau du gameplay, on se retrouve ainsi en terrain connu ; le principe restant, in fine, peu ou prou le même : accomplir des quêtes (principales ou secondaires) afin de collecter des « Jetons de Griffa » et des bouts de ferrailles en vue d’accroitre les capacités de son personnage et de son bolide. Soit un cercle vertueux s’il en est, le tout en exploitant cette fois-ci non plus l’univers imaginé par Bob Kane mais celui inventé par George Miller. Une foultitude de fiches signalétiques se dévoile ainsi au fil de la progression dans les différentes interfaces aux côtés de vos capacités et de la vaste carte de ce monde ouvert que vous devrez donc sillonner, à pied ou en caisse. Le pendant pédestre n’est pas vraiment le plus réussi du titre, tant l’éventail de pétage de dents / rotules est sans commune mesure avec l’arsenal du Chevalier noir. L’aspect stratégique des affrontements aux commandes de ce dernier se retrouve grandement simplifié ici : buter le sniper en premier avant de pénétrer dans l’avant-poste pour péter la gueule à tout le monde, sans autre forme de finesse. Puis arpenter les lieux en quête de tout ce qui pourra vous être utile, à commencer par la précieuse ferraille. Ou encore de points d’eau et autres jerricans. Cependant, pour peu que vous optiez au plus tôt dans l’aventure pour les capacités ad hoc, ces deux denrées présumées rares ne vous poseront bientôt plus aucun problème, Max tout comme son bolide devenant alors de véritables dromadaires en termes de consommation, bien aidé par le fait que les points de ravitaillement sont légions. Trop sans doute. Ce qui ne sera pas, là encore, un mal en soit, vous évitant ainsi la panne sèche pour mieux profiter de la véritable valeur ajoutée de Mad Max : ses courses-poursuites / affrontements motorisés.

Mad Max - Le jeu

Car autant la marche à pied n’est pas le point fort de Max, autant derrière un volant et accompagné de son mécano aux doigts de fée, Max n’a pas son pareil pour venir à bout de ses adversaires. Et la montée en puissance de la Magnum Opus au fil des différents améliorations (armes, blindage, motorisation, etc.) de donner rapidement lieu à des affrontements de fous furieux. Le principe ne se résume pas alors à du simple « pied au plancher et je fonce sur tout ce qui me barre la route » mais à l’observation et l’exploitation des faiblesses des différents véhicules qui feront leur apparition. C’est là que l’augmentation des performances du bolide prend tout son sens : blindage (pare-chocs, carrosserie, etc.), armes (harpon, lance-flammes, etc.) sans oublier le moteur en lui-même, libre à chacun de faire évoluer la Magnum Opus comme bon lui semble pour survivre sur les « routes » ensablées selon que Max est le chasseur (missions d’interception de convoi) ou bien le chassé. La sensation d’endosser le cuir de Max Rockatansky est alors d’autant plus grisante que techniquement parlant, le jeu tient plutôt bien la route avec des étendues à perte de vue couplées à des modélisations, des effets (froissements de taule, explosions) et une impression de vitesse des plus convaincants. Pour un peu, on croirait presque que le sable jaillit jusque dans notre salon. D’autant que les épisodes de tempêtes survenant à différentes reprises et qui, pour le coup, ne seront pas sans rappeler celle apocalyptique de Fury Road, sont particulièrement impressionnants. Une fois sortie la tête du sable, Mad Max le jeu n’a pas usurpé son titre de Road Warrior. Reste que pour l’aspect Fury, on lui préférera malgré tout son pendant cinématographique.

Mad Max est disponible depuis le 3 septembre 2015 sur PlayStation 4, Xbox One et PC.

Testé sur PlayStation 4 à partir d’une version éditeur
Testé en version : 01.02
Taille occupée sur le disque dur : 33,59Go

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