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Fiche film : Triple frontière

À l’origine Triple Frontière appartient à la Paramount Pictures qui développe le projet depuis 2010 et devait le sortir au cinéma. Mais la mort en 2017 de Brad Grey, son dirigeant historique, va changer la donne.

Les nouveaux dirigeants vont en effet faire le vide et revendre les droits de plusieurs films en développement chez eux dont Vice que vient de sortir au cinéma en France Mars Films, Triple Frontière et The Irishman, le prochain Scorsese, à Netflix.

Triple frontière (Triple Frontier – 2019)

Réalisateur(s) : J.C. Chandor
Acteurs : Ben Affleck, Oscar Isaac, Charlie Hunnam, Pedro Pascal, Garrett Hedlund, Adria Arjona
Durée : 2h05
Distributeur : Netflix
Disponible le : 13 mars 2019

Résumé : D’anciens soldats des forces spéciales peinant à joindre les deux bouts se réunissent pour préparer un coup risqué : piller un baron de la drogue sud-américain.

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  • Avis express : Si le nom de J.C. Chandor ne vous dit rien, pas de problème on va vous rafraîchir la mémoire. C’est qu’en seulement quatre films, ce réal de 45 ans originaire du New Jersey aux États-Unis sait de mieux en mieux faire entendre cette petite musique lancinante qui raconte en filigrane le destin d’un pays autrefois conquérant et sûr de lui qui aujourd’hui n’est absolument plus maître de son destin. C’est en tout cas ce que raconte les personnages de ses films. À commencer par les traders de Margin Call, son premier long, qui pensant devenir les maîtres du monde capitaliste en ont dessiné un chapitre (sinon le dernier) peu reluisant. Ou encore le solitaire Robert Redford dans All is Lost qui malgré des montagnes d’ingéniosité et de savoir-faire ne peut que constater le naufrage de son mode de vie. Et même en se réfugiant dans les années 70, décennie encore bénie des dieux Outre-Atlantique, les destins brossés dans A Most Violent Year annoncent déjà en creux la fin des illusions.
    Le cinéma de J.C. Chandor a donc ce côté crépusculaire même pas flamboyant qui rappelle au hasard le Impitoyable de Clint Eastwood. Le goût du fer dans la bouche en moins. Mais ça c’était avant Triple frontière qui raconte comment quatre anciens militaires des forces spéciales montent une opération en pleine jungle brésilienne pour braquer la villa d’un Escobar local. Et forcément, tout ne va pas se dérouler sans accrocs. Pitché ainsi, on se dit que voilà une histoire qui sent bon le réchauffé à l’arc narratif  rappelant là aussi au hasard Les Rois du désert ou De l’or pour les braves.
    La différence tient ici dans le traitement totalement désabusé du projet. Ce casse dans la jungle n’a en effet pas les atours d’une opération conquérante, subversive et encore moins héroïque. Sa seule motivation est de pouvoir rentrer les poches pleines et de ne plus vivre à la marge d’une société où les repères disparaissent progressivement mais inéluctablement. Et Chandor d’appliquer cela jusque dans sa mise en scène faisant de Triple frontière un film déprimant mais lucide qui va bien au-delà d’un constat déjà pas folichon avancé par un Peter Berg dans Du sang et des larmes. On ne tue même plus pour survivre ou parce que l’on ne sait faire que cela. On tue parce que c’est dans les gènes, dans le sang d’une Amérique qui revient ainsi aux racines de ses fondations. Mais cela ne suffit plus à donner une quelconque identité puisque beaucoup font la même chose aujourd’hui. L’humanité décrite par Chandor enfonce les frontières d’un pays qui n’a plus qu’à se soumettre à plus fort que lui. Pour le cinéaste, « les invasions barbares » stigmatisées par l’administration Trump ne sont que la résultante de l’image qu’a renvoyé son pays pendant des décennies. Les novices sont depuis passés maîtres.
    Trump l’a donc compris, à sa façon. Il est peut-être le premier Empereur d’une Rome asservie mais ne veut pas s’y résoudre avec le côté bas du plafond pour lequel il est passé maître. Quant à Chandor, il parle déjà de l’après. Et le panorama qu’il laisse entrevoir à la fin plonge Triple frontière dans le film post-apo sans aucun espoir de retour. SG 3,5/5
  • Audience : On se sort les doigts du falzar et on adresse une demande en ce sens à Reed Hastings. Y a pas marqué Netflix ici. Par contre si vous avez une réponse, n’hésitez pas à partager dans les commentaires au bas de cette page. Merci bien. 

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