Archives par mot-clé : Anaïs Demoustier

Fiche film : Alice et le maire

En 2015 sortait Le Grand jeu, thriller politique réaliste signé Nicolas Pariser. Quatre ans après, le metteur en scène revient avec Alice et le maire, son second long métrage qui traite aussi de politique mais via l’angle de la comédie dramatique.

Nicolas Pariser a choisi de tourner Alice et le maire en 35mm parce qu’il n’aime pas le numérique.

Lors du tournage durant l’été 2018, Nicolas Pariser avait loué les salons de l’Hôtel de Ville de Lyon dans le but d’y réaliser des scènes, mais s’y est ensuite fait refuser l’accès avec son équipe. Le réalisateur a même été la cible de plusieurs moyens de pression pour tourner Alice et le maire dans une autre ville. La raison ? Le maire de Lyon, Gérard Collomb, craignait d’être représenté de manière peu reluisante (et ce quelques mois avant les élections). Or, Nicolas Pariser et Fabrice Luchini n’ont jamais voulu s’inspirer de lui (le réalisateur a d’ailleurs choisi la ville de Lyon pour ne pas tourner à Paris, qui est une ville dans laquelle le maire n’a pas assez de pouvoir). Gérard Collomb, qui a depuis été réélu, a d’ailleurs trouvé le film assez drôle.

Alice et le maire a été présenté à La Quinzaine des réalisateurs lors du festival de Cannes 2019 où il a reçu le Label Europa Cinéma.

Continuer la lecture de Fiche film : Alice et le maire

Marguerite & Julien : Conte cruel de la jeunesse

Après La Tête haute, La Loi du marché, Dheepan et Mon Roi, Marguerite & Julien est l’ultime des cinq films français qui sort dans les salles à avoir été sélectionnés en compétition officielle lors du dernier festival de Cannes. Il était temps. Mais le dernier Donzelli s’est certainement fait attendre pour laisser derrière lui se dissiper l’accueil glacial qu’il reçut lors de sa projection cannoise. Il suffit de se souvenir du sort réservé l’année dernière à The Search pour comprendre la volonté du distributeur à lui donner un maximum de chances pour s’épanouir. Mais la comparaison doit s’arrêter là car autant le film de Michel Hazanavicius souffrait de maux inextinguibles que même un remontage en règle ne pouvait sauver, autant Marguerite & Julien est une réussite totale qu’il serait bien injuste de passer à côté.

Continuer la lecture de Marguerite & Julien : Conte cruel de la jeunesse

Une nouvelle amie : un Blu-ray séduisant

Pour vivre heureux, vivons libéré. C’est en substance la thématique phare qui ressort du dernier François Ozon à date. Mais pas que. Et la sortie Blu-ray d’Une nouvelle amie constitue l’occasion rêvée d’explorer plus avant les ramifications multiples d’une œuvre aussi séduisante que son écrin numérique. Continuer la lecture de Une nouvelle amie : un Blu-ray séduisant

Une nouvelle amie – Un Ozon en mode Sitcom

Pour ceux qui voyaient en François Ozon la caricature du réalisateur français embourgeoisé avec une propension à l’apostrophe sociale un peu facile devrait revoir leur jugement à la vision de cette Nouvelle amie. On y retrouve en effet l’artiste branque de Goutte d’eau sur pierres brûlantes, l’urgentiste démiurge de Sitcom et l’homme à fleur de peau de Sous le sable. Un triumvirat des sens qui emporte son nouveau film en des contrées peu explorées et on ne peut plus réjouissantes.

Continuer la lecture de Une nouvelle amie – Un Ozon en mode Sitcom

Quai d’Orsay – Capitaine Villepin

À l’origine, en 2009, Quai d’Orsay est une bande dessinée créée par Christophe Blain et Abel Lanzac (de son vrai nom Antonin Baudry, diplomate de son état) qui retrace l’expérience de ce dernier au ministère des Affaires étrangères quand Dominique de Villepin en était le sociétaire entre mai 2002 et mars 2004. Tant au cinéma qu’au sein du 9ème Art, les coulisses du pouvoir à la française sont très peu abordées de front et encore moins avec si peu de recul. Il n’y a que L’Exercice de l’État récemment pour s’en être brillamment approché. Alors certes, Quai d’Orsay change les noms et brouille quelque peu les cartes au sens littéral du terme puisque l’Irak est par exemple le Lousdem, que l’Oubanga est la Côte d’Ivoire et qu’Alexandre Taillard de Worms est donc Dominique de Villepin. Mais au lieu d’affadir le propos, cette mascarade formelle censée donner le change vis-à-vis de nos lois très strictes en matière du droit à l’image et des personnes, le renforce avec une acuité perverse vraiment jouissive. Et Bertrand Tavernier d’avoir très vite saisi la portée d’un tel matériau d’origine pour relancer une filmographie au point mort depuis 1998 et son extraordinaire Ça commence aujourd’hui.

Continuer la lecture de Quai d’Orsay – Capitaine Villepin