Archives par mot-clé : Arnaud Desplechin

Fiche film : Roubaix, une lumière

Tous les films de Arnaud Desplechin, ou presque, sont romanesques. Avec Roubaix, une lumière, le réalisateur a voulu faire un long métrage ancré dans le réel, reprenant un matériel brut : un fait divers qui s’est produit à Roubaix en 2002, dans lequel un couple de jeunes filles toxicomanes ont tué une personne âgée. Dans le documentaire Roubaix, commissariat central, datant de 2008, ces deux femmes avaient avoué ce crime…

Roubaix, une lumière a été présenté en compétition au Festival de Cannes 2019.

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Roubaix, une lumière – Les femmes d’à côté

On le sait, Arnaud Desplechin est natif de Roubaix et tout son cinéma ou presque l’a immanquablement ramené à cette ville. Le fait d’y consacrer un film était sans aucun doute une suite logique. Fallait juste trouver le bon sujet et le bon angle. Ils sont venus quand Desplechin a découvert le remarquable documentaire Roubaix, commissariat central de Mosco Levi Boucault diffusé en 2008 sur France 3 (mais tourné en 2001) dont il aurait été malin au passage d’en proposer un DVD ou la possibilité de le (re)voir en streaming ou en VOD. Un peu à la manière d’un Depardon, Boucault s’était en effet immergé pendant près de six mois dans le quotidien du commissariat de Roubaix filmant au plus près une humanité interlope mais qu’il ne prenait jamais de haut. Une décennie plus tard, Desplechin accouche donc d’un film qui se focalise sur une des affaires suivies à l’époque par la caméra de Boucault tout en donnant de l’épaisseur fictionnelle à quelques personnages esquissés dans le doc dont Daoud, le chef de la  police de la ville interprété ici par un Roschdy Zem une nouvelle fois impérial.

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Les Fantômes d’Ismaël (Version longue) – La vie des morts… Mais pas trop !

Avec Les Fantômes d’Ismaël, Arnaud Desplechin semble vouloir s’amuser avec sa garde rapprochée de fans tout en laissant sur le carreau les autres. Tout est normal me direz-vous sauf qu’ici la « violence » de la charge propulse le cinéaste en des cieux cinéphiliques dont peu vont s’en remettre. La faute à une introspection doublée d’une psychanalyse pas du tout de bon aloi que Desplechin s’amuse à exploser en un puzzle qu’il ne daigne même pas reconstituer, laissant son monteur et nous-mêmes donc s’en charger (ou non). Pourtant, tout le bestiaire du cinéaste le plus accomplit et adoubé de sa génération est bien là. Entre hommage au film d’espionnage et écriture façon Nouvelle Vague dont il est l’un des derniers dépositaires.

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Cannes 2017 : Jour double zéro, la tête à Toto

La 70ème édition du festival de Cannes débute officiellement ce mercredi 17 mai avec une semaine de décalage sur les années précédentes, la faute aux élections présidentielles. Officiellement car pour certains, des projections ont déjà eu lieu. Notamment pour les exploitants de salles qui ont eu l’occasion de voir quelques films grâce à l’AFCAE ou pour la presse parisienne dont certains élus se sont vus octroyer le droit d’assister à diverses projections.

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Trois souvenirs de ma jeunesse : Comment je me suis réinventé… le cinéma [Cannes 2015]

Depuis La Vie des morts Arnaud Desplechin n’a eu de cesse de parler de lui, de ses doutes, de ses certitudes, de ses rapports incestueux avec le cinéma et le théâtre, de la mort.. mais surtout de ses amours, de son amour de toujours qui se nomme Esther. Un personnage qu’il a déjà immortalisé sous les traits d’Emmanuelle Devos dans Comment je me suis disputé… (ma vie sexuelle). Un film dont Trois souvenirs de ma jeunesse en serait la préquelle, un peu comme si Desplechin voulait préciser deux ou trois choses sur le cours d’une vie qui décidément coule bien trop vite entre ses mains de cinéaste.

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