Archives par mot-clé : Emma Stone

Fiche film : La Favorite

La Favorite revient sur le destin de la reine Anne, dernière (et ignorée) héritière de la lignée des Stuart. La souveraine la moins connue d’Angleterre n’a laissé aucun héritier malgré ses dix-sept grossesses. Unique descendante protestante de la lignée des Stuart, elle accède au trône alors que l’Angleterre traverse une période de mutations. Elle supervise une guerre contre la France, la première guerre considérée comme « moderne », ainsi que l’union de l’Angleterre et de l’Écosse afin de constituer le Royaume-Uni. Sa constitution fragile et son caractère docile lui ont donné l’image d’une personne facilement manipulable, constamment entourée d’individus qui souhaitaient profiter de son pouvoir. Continuer la lecture de Fiche film : La Favorite

La La Land : Deux américains à L.A.

La La Land procède d’une véritable lame de fond. Pour les plus « aware », la première fois que l’on a entendu parler de la chose fut lors du festival de Cannes 2014 lorsque Damien Chazelle était venu présenter à la Quinzaine son extraordinaire Whiplash. Il nous avait alors confié à demi-mot être en train de travailler sur une comédie musicale depuis quelque temps déjà. Quelques semaines plus tard on apprenait même que le couple Emma Watson / Miles Teller était envisagé. Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts comme on dit et c’est Ryan Gosling et Emma Stone qui foulèrent le tapis rouge du festival de Venise le 31 août dernier où La La Land était présenté en ouverture et en première mondiale. C’est là, on peut dire, que les choses se sont emballées. Standing ovation de malade, Emma Stone repartant avec la Coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine, dézingage du réal de The Birth of a Nation quelques jours plus tard à Toronto (favori jusqu’ici pour les prochains Oscars) et enfin décision du distributeur français SND de reporter la sortie du 30 novembre au 25 janvier afin de profiter pleinement de la saison des prix aux États-Unis. Positionnement marketing opportuniste certes mais on ne peut plus judicieux puisque outre le sacre du film du côté des journalistes étrangers travaillant à Hollywood (7 prix aux Golden Globes), La La Land vient d’égaler le record établit par Ève de Mankiewicz (1959) et Titanic d’un certain James Cameron (1997) avec 14 nominations aux Oscars (pour au final six récompenses).

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Fiche film : La La Land

Damien Chazelle entretient une affinité particulière avec le genre musical. En effet, son film de fin d’études à Havard et premier long-métrage, Guy and Madeline on a park bench, était une histoire d’amour en noir et blanc racontée à travers des chansons et des danses. « J’ai découvert la comédie musicale tardivement, vers la fin de mes études secondaires, au moment où je m’intéressais au cinéma d’avant-garde, et j’ai commencé à regarder les films avec Fred Astaire et Ginger Rogers. Du coup, j’ai écrit des scénarios jusqu’à ce que je trouve une idée pour une comédie musicale de grande envergure qui obéisse aux mêmes codes – un film musical qui parle de la vraie vie mais qui soit fidèle aux œuvres spectaculaires du genre, tournées en Cinémascope et en Technicolor dans les années 50 ».

La La Land totalise 14 nominations aux Oscars parmi lesquelles : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleure actrice, meilleure chanson… Ce n’était arrivé que 2 fois auparavant dans l’Histoire du cinéma : Titanic (1997) et Eve de Joseph L. Mankiewicz (1951).

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L’Homme irrationnel : Woody le robot

On s’était un peu vite résigné avec Magic in the moonlight sur le cas Woody Allen. C’est que l’on pensait le réalisateur de retour sur des bons rails avec Blue Jasmine qui fut un uppercut salvateur au sein d’une filmographie d’où n’émergeait plus grand chose de notable depuis Match Point (2005) et dans une moindre mesure Whatever Works (2009). Quand on sait que le réalisateur enquille un film par an depuis des lustres, cela fait beaucoup de croix à biffer dans la case « à oublier » quand cela n’est pas « indigne de la part du cinéaste qui nous a donné Manhattan ». Pour autant, Magic in the moonlight n’était à ranger dans aucune de ces deux colonnes sans que toutefois l’on ne puisse en penser autre chose qu’une friandise sans autre ambition que de profiter du doux climat de l’arrière pays niçois. Une pré-retraite bien méritée en quelque sorte…

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