Archives par mot-clé : Hirokazu Kore-eda

Fiche film : Une affaire de famille

Kore-eda s’est lancé dans ce projet parce qu’il avait entendu parler de familles touchant illégalement la pension de retraite de leurs parents qui étaient morts depuis longtemps. Il précise ainsi que « Depuis le tremblement de terre de 2011, je m’interroge sur ceux qui répètent sans cesse que les liens familiaux sont importants. Et j’ai donc eu envie d’explorer la nature de ces rapports en m’intéressant à une famille liée par des délits. »

Après avoir remporté le Prix du Jury sur la Croisette en 2013 pour Tel père, tel fils, Kore-eda est reparti avec la Palme d’Or, pour Une affaire de famille, 5 ans plus tard.

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Cannes 2018 – Jour 11 et final : Si Godard avait su…

Cannes 2018 se termine et un dernier passage par la compétition viendra clore cette série d’articles. Avant cela, on ne peut que dire tout le bien que l’on pense des quatre courts-métrages d’animation que l’on a pu découvrir en sélection officielle, à La Quinzaine des réalisateurs et enfin à La Semaine de la critique. Côté prise de vues directes, impossible de savoir si on se souviendra encore des heureux élus dans un mois mais les films animés rafleront probablement la plupart les prix des plus prestigieux festivals à venir.

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Fiche film : Après la tempête

Kore-eda a eu l’idée de Après la tempête en 2001, après la mort de son père. Sa mère a dû alors vivre toute seule dans une cité HLM : « Lorsque je suis allé la voir pendant les vacances du Nouvel an, j’ai pensé que j’aimerais filmer un jour une histoire sur cet ensemble de résidences. La première chose qui me vint à l’esprit était une scène de déambulation à travers l’ensemble des bâtiments avec à leur pied l’herbe devenue très belle au lendemain du typhon. J’avais des souvenirs de mon enfance, sur le chemin de l’école, lorsque je ramassais des branches d’arbre tombées sur le sol. Je me souviens de la beauté de la résidence après l’orage. À partir de là, en me concentrant sur les évènements qui se sont déroulés pendant la nuit du typhon, l’histoire d’une famille commença à prendre forme ».

Le tournage a eu lieu à l’Asahigaoka Housing Complex de Kiyose de Tokyo où le réalisateur Kore-eda a vécu de l’âge de 9 à 28 ans. Les résidents qui l’avaient connu venaient sur le plateau pour voir ce qui se passait et le féliciter pour ce qu’ils considéraient comme un retour triomphant.

Le titre du film au Japon est Umi yori mo Mada Fukaku ce qui veut dire Plus profond que la mer. Ce titre vient des paroles de la chanson Wakare no Yokan (1987) de Teresa Teng, qui était connue en tant que « diva de l’Asie » et jouissait d’une grande popularité au Japon.

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Cannes 2016, jour 8 : Un Certain regard

Après un passage hier par la compétition officielle, et en attendant les derniers titres à venir – Neon Demon de Nicolas Winding Refn et Le Client d’Asghar Farhadi en particulier – et les rattrapages ce dimanche, revenons sur les deux derniers jours de la compétition à Un Certain regard où ont été projetés quatre films qui oscillent entre le plutôt réussi et l’excellent : La Tortue rouge de Michael Dudok de Wit, The Happiest Day in the Life of Olli Mäki de Juho Kuosmanen, Après la tempête de Hirokazu Kore-Eda et Périclès Noir de Stefano Mordini.

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Notre petite sœur : Printemps précoce

Hirokazu Kore-eda fait partie de cette nouvelle génération de réalisateurs japonais qui à l’instar de Naomi Kawase, Sono Sion ou encore Kiyoshi Kurosawa semblent enfin prendre la relève de leurs illustres prédécesseurs qui ont fait l’âge d’or du cinéma d’auteur japonais. On a ainsi coutume de comparer Kore-eda à Ozu ou à Naruse pour la dimension sociale et familiale de ses films. Mais si Notre petite sœur s’inscrit bien entendu dans cette filiation, ce serait à la fois lui infliger une pression énorme mais aussi le réduire à ce qu’il n’est finalement que partiellement.

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