Archives par mot-clé : Mathieu Amalric

La Cinémathèque Française, programmation 2015-2016

Alors que Serge Toubiana, actuel directeur de la cinémathèque française, vient d’annoncer son départ d’ici fin décembre, sa dernière année à la tête de la vénérable association va ressembler aux précédentes : les sentiers sont bien balisés et on évite de les quitter, Cocorico & Hollywood en priorité. En effet, sur la vingtaine de programmes annoncés pour l’année prochaine, 12,5 sont français ou américains (le 0,5 étant attribué au Chilien Raoul Ruiz qui a fait la moitié de sa carrière en France ou en très étroite collaboration avec celle-ci), les deux expositions sont consacrées à des cinéastes US ultra célébrés (Martin Scorsese et Gus Van Sant) et l’invité d’honneur du festival Toute la mémoire du monde, Paul Verhoeven, est d’abord connu pour ses films réalisés outre Atlantique. Continuer la lecture de La Cinémathèque Française, programmation 2015-2016

Trois souvenirs de ma jeunesse : Comment je me suis réinventé… le cinéma [Cannes 2015]

Depuis La Vie des morts Arnaud Desplechin n’a eu de cesse de parler de lui, de ses doutes, de ses certitudes, de ses rapports incestueux avec le cinéma et le théâtre, de la mort.. mais surtout de ses amours, de son amour de toujours qui se nomme Esther. Un personnage qu’il a déjà immortalisé sous les traits d’Emmanuelle Devos dans Comment je me suis disputé… (ma vie sexuelle). Un film dont Trois souvenirs de ma jeunesse en serait la préquelle, un peu comme si Desplechin voulait préciser deux ou trois choses sur le cours d’une vie qui décidément coule bien trop vite entre ses mains de cinéaste.

Continuer la lecture de Trois souvenirs de ma jeunesse : Comment je me suis réinventé… le cinéma [Cannes 2015]

Jimmy P. – Nouvelle Frontière

De prime abord Jimmy P. peut détonner dans la filmo de Desplechin. Le cinéaste des portraits de groupes de préférence familiaux, héritier direct d’un pan de la Nouvelle Vague façon Resnais ou Truffaut, s’attaque ici à l’adaptation d’un livre peu connu du grand public, Psychothérapie d’un indien des plaines, qui a donné naissance à l’ethnopsychiatrie (discipline à la croisée de l’anthropologie – l’étude de l’humain à la fois physique et culturel –  et de la psychanalyse). Livre fondateur de Georges Devereux, il est aussi le seul ouvrage de psychanalyse qui donne à voir l’intégralité d’une analyse, décrite minutieusement séance par séance. Un aspect repris à l’identique par Desplechin qui en fait d’ailleurs son fil rouge scénaristique et de mise en scène. Une trame, un angle qui pour le cinéaste lui permet de réaliser un film à la puissance cinématographique indéniable.

Continuer la lecture de Jimmy P. – Nouvelle Frontière